Archives de Tag: signes religieux

La police de Montréal et les signes religieux

    Léna Anishnabeg

Alors que s’amorcent les prochaines élections québécoises, l’éternel débat sur la laïcité de l’état refait surface pour une énième fois.  Pressé de définir la position de son gouvernement, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard a déclaré « On va de l’avant avec les véritables enjeux, les véritables enjeux des véritables citoyens du Québec ».

Ce à quoi le chef de l’opposition, Jean-François Lisée, a répondu : « le travail [sur le port des signes religieux] n’a pas été fait par les libéraux, il faut que Québec se branche ».  Du côté de la CAQ  le député François Bonnardel a déclaré « Je suis écœuré de voir le premier ministre regarder de haut la population en leur disant : parce que vous ne pensez pas comme moi, vous n’êtes pas des vrais Québécois ».

La position de Québec Solidaire sur le sujet est plus ambiguë et plus difficile à saisir. En effet, comme l’a rapporté Radio Canada «Vincent Marissal avait déclaré qu’il ne voyait pas de problème à voir un policier porter un signe religieux, alors qu’Eva Torres refuse de dire qu’elle est contre le port de signes religieux chez les personnes en situation d’autorité.»  Cette position devra être éclaircie car elle est en contradiction flagrante avec la position adoptée par QS dans la charte de la laïcité de l’État québécois déposée en 2013 à l’Assemblée nationale par Françoise David. En attendant, les internautes et les caricaturistes s’en donnent à cœur joie mais la question n’est toujours pas réglée…

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Québec solidaire et la Charte de la laïcité de l’État québécois

repFrançoise David, porte-parole de Québec solidaire, a déposé le projet de loi no 398 – Charte de la laïcité de l’État québécois. Elle propose de respecter la

Neutralité des institutions démocratiques

La Charte de la laïcité prévoit qu’aucun texte religieux ne peut être récité aux conseils municipaux ou à l’Assemblée nationale. Les personnes à la présidence et aux vice-présidences de l’Assemblée nationale devront s’abstenir de porter des signes religieux. Aucun ornement religieux ne sera permis à la salle de l’Assemblée nationale.

« Il faudra donc déplacer le crucifix qui est actuellement au-dessus de la tête du président à un autre endroit dans l’Assemblée. Nous proposons d’ailleurs de le remplacer par un symbole qui unit notre nation : la fleur de lys », a expliqué Françoise David.

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Neutralité des employés de l’État

La Charte exige la neutralité religieuse et l’absence de prosélytisme des employés de l’État dans la dispensation des services.

Le port de signes religieux est interdit uniquement pour les personne qui exercent un pouvoir de coercition au nom de l’État (juges, policiers, procureurs, gardiens de prison).

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Encadrement des accommodements

La Charte prévoit que des accommodements sont possibles pour corriger un préjudice ou une discrimination, mais qu’ils doivent respecter les critères suivants :

  • Égalité entre les femmes et les hommes
  • Pas de contrainte excessive notamment au niveau des coûts
  • Contribution à l’intégration citoyenne
  • Ne pas discriminer un groupe, en fonction de l’orientation sexuelle par exemple
  • Ne pas compromettre la neutralité religieuse de l’État et de ses institutions

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À visage découvert

Finalement, la Charte énonce que  les services de l’État sont dispensés à visage découvert et que l’on doit avoir le visage découvert pour obtenir un service public, sauf en cas d’urgence, y compris dans les écoles et les établissements de santé.

René Lévesque

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Solidaires de QS ?

Selon les derniers sondages, Québec Solidaire obtient 11 % des intentions de votes au Québec dont 9% des voix chez les francophones. C’est une progression de 1% dans les intentions de vote par rapport au sondage Léger Marketing de juin 2010.

Sondages

 Cette lente progression est préoccupante puisqu’à toute fin pratique, elle démontre une stagnation marquée de l’électorat envers cette formation politique.   Québec Solidaire a pourtant tenté d’innover en se positionnant clairement sur l’échiquier gouvernemental québécois.   C’est ainsi qu’au cœur du débat entourant la charte de laïcité, QS a adopté un modèle inclusif qui favorise le libre choix du port de signes religieux par les agents de l’État. Cette position a entraîné  l’anthropologue Michèle Sirois, spécialiste en sociologie des religions et Membre fondatrice de Québec solidaire à claquer la porte.  Pour Madame Sirois «  La majorité des Québécois déplore que nos gouvernements ne protègent pas assez fermement deux valeurs fondatrices de la société québécoise, la neutralité de l’État et la prédominance de l’égalité entre les hommes et les femmes sur les particularismes religieux ou culturels (…)  Cette position est d’autant plus paradoxale que QS se présente comme un parti de gauche et féministe ; or, la gauche a toujours été le fer de lance de la laïcisation du Québec, et l’histoire du féminisme est jalonnée de dénonciations des institutions religieuses comme sources d’oppression des femmes. Devant cette prise de position, qui constitue un recul par rapport aux luttes féministes et nationalistes, j’ai décidé de quitter QS.»  Trois raisons fondamentales ont motivé Madame Sirois : – « La première raison plaide en faveur de la mise en place de politiques cohérentes de laïcisation de l’État. Il est actuellement interdit aux agents de l’État d’afficher leurs opinions politiques dans le cadre de leurs fonctions, et je crois que cette interdiction devrait aussi s’appliquer aux croyances religieuses. Tous les agents de l’État – pas seulement les juges, les policiers ou les gardiens de prisons – devraient être tenus à un devoir de réserve. Les enseignants et les éducatrices en garderie, par exemple, exercent une autorité – qui, si elle est d’ordre moral et non juridique, est tout aussi importante – puisqu’ils jouent un rôle crucial dans la reproduction des modèles sociaux. Si des élèves demandent à une enseignante pourquoi elle porte le hidjab, comment celle-ci pourra-t-elle répondre sans, par le fait même, favoriser la croyance en un Dieu qui lui commande sa conduite ?

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La deuxième raison rejoint le large consensus qui existe dans la société québécoise en faveur de la séparation de l’Église et de l’État, d’une part, et de l’égalité entre les hommes et les femmes, d’autre part. La majorité des Québécois rejette les accommodements « déraisonnables », surtout d’ordre religieux, et craint que cela n’ouvre la porte à des dérives comme on en a vu dans le cas de la SAAQ – où des juifs hassidiques ont refusé qu’une femme leur fasse passer leur examen de conduite, et, à l’inverse, des femmes musulmanes ont exigé d’avoir une femme comme examinatrice. C’est la combinaison de ces deux tendances – la neutralité de l’État et l’égalité hommes-femmes – qui fait que, parmi tous les signes religieux, le port du voile islamique est le cas le plus explosif. Le voile, lié à la position d’infériorité des femmes dans l’islam (selon le Coran et les hadiths qui rapportent les actes et les paroles de Mahomet), devient le symbole au sujet duquel se déchirent les « pro-voile » et les « anti-voile ». Il ne s’agit donc pas d’un simple « bout de tissu », comme l’affirment tant de personnes qui banalisent ce symbole religieux. Dans le contexte mondial de l’instrumentalisation de la religion par l’islam politique, on note une réelle hausse du port du voile dans le monde ; et des femmes qui refusent de le porter se font emprisonner, violenter ou assassiner, même au Québec ou au Canada. Un « bout de tissu », s’il n’était pas chargé d’un sens qui dépasse ce qu’en disent les femmes qui le portent, ne pourrait provoquer de telles atrocités. Les sciences humaines nous apprennent qu’il faut dépasser la diversité des motifs véhiculés dans les discours des individus pour comprendre les véritables raisons de leurs comportements. À défaut de cette rigueur d’analyse, nous devons nous contenter des discours idéologiques (religieux ou autres) que les différentes cultures ont formulés pour légitimer leurs particularités ; et c’est malheureusement ce genre de discours non scientifique que j’ai le plus souvent entendu au dernier congrès de QS. Par exemple, si certaines femmes musulmanes disent porter le voile pour des raisons d’identité ou pour des motifs religieux, ce n’est pas une raison pour ne pas s’interroger sur le fait que ce sont des femmes et non des hommes qui ont la responsabilité de marquer l’identité de leur groupe ; de plus, pourquoi commencent-elles à porter le voile à la puberté, plutôt que plus tard ou plus tôt dans la vie ? Un regard anthropologique met rapidement en évidence le besoin de contrôler la fertilité des femmes qui s’amorce à la puberté, en leur prescrivant la « modestie », voire la réclusion derrière un voile intégral ou le maintien à la maison. En effet, comme les femmes sont les seules à pouvoir « produire » physiquement les enfants, les hommes et la société semblent éprouver le besoin d’encadrer cette capacité d’enfanter unique des femmes par un contrôle tant aux plans sexuel, physique que social.

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La troisième raison repose sur les effets pervers que pourrait entraîner le libre choix du port de signes religieux par les agents de l’État. En tant que nation dominée et marginalisée sur un continent anglophone, les Québécois sont devenus plus frileux face à l’afflux d’immigrants (qui « risquent » de ne pas s’intégrer à leur culture), ce qu’ils perçoivent comme une menace à leur identité. En font foi les nombreux courriels qui circulent sur la toile et qui présentent les immigrants comme des « menaces », comme des « privilégiés » qui obtiennent des « faveurs » du gouvernement. Quand cette peur identitaire s’accompagne d’une très importante crise économique, d’un chômage croissant et d’une lente érosion de la classe moyenne, comme nous le vivons actuellement, tous les ingrédients d’un cocktail social explosif sont réunis. L’insécurité économique et sociale des Québécois peut en effet malheureusement se traduire par une montée de l’intolérance et de la xénophobie. Permettre aux agents de l’État de porter des signes religieux ostentatoires ne peut que transformer davantage les immigrants en boucs émissaires faciles à identifier. » En effet, on doit toujours éviter de s’en prendre aux boucs émissaires et aux moutons noir et il est regrettable de constater que Québec Solidaire  ressemble de plus en plus  à Québec Solitaire ! C’est la raison pour laquelle je vous invite a signer la pétition en faveur de la laïcité en cliquant sur ce lien.

Félix

Félix Dubé-Nguyen Jr.

Indigné québécois

république

La grande noirceur

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La gauche québécoise prône t-elle et le retour au Moyen-âge ?

Le projet de charte des valeurs québécoises suscite la polémique dans la société et certains essayistes comme le philosophe Michel Seymour se sont penchés sur cet épineux problème en se rangeant résolument en faveur des signes religieux dans l’appareil étatique québécois. Selon ce philosophe : « La meilleure façon de détacher le politique d’une alliance avec le religieux est de voir la présence de personnes ayant des affiliations religieuses diversifiées. La présence de signes religieux visibles est, non seulement compatible avec la laïcité des institutions, elle la confirme. Ce modèle n’est pas «multiconfessionnel», comme le prétendait Djemila Benhabib à RDI le 8 novembre dernier. C’est un modèle dans lequel les institutions sont laïques et les individus ont plusieurs confessions. »

 Radio canada

Ce modèle étatique a déjà été expérimenté au Québec, comme en fait foi la photo ci-dessus prise en 1945 et où on peut voir un groupe d’officiels de la station radiophonique C.B.C. (Radio-Canada) assis autour de monseigneur Charles-Édouard Bourgeois. Souhaite t-on revivre ce retour en arrière prôné par le philosophe ? 

Selon M. Seymour : « Il est normal d’exiger un devoir de réserve sur le plan politique lorsque l’employeur est une organisation politique. En outre, les partis politiques sont des associations. Le lien à un parti politique n’est pas identitaire. Les logos des partis politiques n’ont pas une portée identitaire. L’adhésion à une idéologie politique peut être identitaire, mais doit être interdite lorsque l’employeur est une organisation politique. En outre, les catholiques, les sikhs, les juifs et les musulmans sont des groupes ethno-religieux. Ces religions ont, dès le départ, contribué à la cohésion sociale et culturelle au Proche-Orient, au Punjab, dans la diaspora juive et dans les pays arabes, même si chacune d’elles se répandirent ensuite dans d’autres cultures. À telle enseigne que dans certains cas, les symboles religieux conservent une portée identitaire culturelle, même lorsque leur signification est détachée du système de croyances religieuses. »

anti naziEn 1939 au Forum de Montréal le révérend J. Ostermann prenait la parole lors d’un ralliement organisé par une ligue germano-canadienne anti-nazie. Sur la banderole on lit «The German-Canadian League Fights for Democracy To-day to Avoid Nazy Tyranny To-morrow»

Les logos des partis politiques n’ont pas une portée identitaire ? Pourtant la svastika à conduit des millions d’humains a une barbarie sans borne que l’on appelle le nazisme. Quant à la cohésion sociale des religieux, il est évident que dans les pays pluriconfessionnels cette cohésion sociale ne tient pas puisqu’elle conduit le plus souvent à des conflits religieux comme en Bosnie, au Liban en Irlande ou même au Punjab qui fut intégré à l’Empire moghol musulman jusqu’au milieu du XVIIIe siècle.   Selon M. Seymour, […] ceux qui sont agnostiques ou athées sont injustement traités par l’autorisation de signes religieux. On peut toutefois imaginer que les personnes athées, agnostiques ou anticléricales pourraient se confectionner des signes qui expriment ces croyances. Ce serait moins exigeant de procéder ainsi que de demander aux personnes de renoncer à leurs signes identitaires religieux pour s’en inventer de tout nouveaux, comme le propose le pictogramme des signes interdits et autorisés du gouvernement. En tant qu’agnostique je ne vois pas pourquoi je devrai subir à la fois les religieux et afficher ma non croyance. Mais s’il me fallait chosir un signe religieux, se serait celui-ci :

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 En guise de conclusion, le philosophe ajoute : « Les religions ont toujours été sexistes. Elles ont toujours consacré des rapports de domination de l’homme sur la femme. C’est particulièrement le cas dans les pays d’origine de plusieurs citoyens issus de l’immigration où des ignominies sans nom ont été, et sont encore perpétrées, parfois en détournant politiquement le texte religieux originel ou alors en s’appuyant sur la lettre, sans en saisir l’esprit et sans relativiser au contexte, car l’inégalité des hommes et des femmes remontent à très loin dans le temps. Il faut toutefois distinguer le texte sacré, les institutions religieuses qui en véhiculent une certaine interprétation, les mouvements politiques qui en détournent la signification et les individus qui expriment leur foi religieuse. Ces choses doivent être discutées dans la société civile et ne pas reposer sur les épaules de l’État. Ce dernier doit, pour être neutre à l’égard de la religion, ne pas intervenir et se contenter de créer des conditions qui favorisent la liberté des individus. Il faut distinguer la laïcisation de l’État et la sécularisation de la société. L’État s’occupe de laïciser l’État et laisse aux citoyens le soin de décider si l’éthos social doit être séculier ou non. Le Québec a une histoire très différente de l’Afghanistan ou de l’Iran et les modèles applicables dans d’autres sociétés pour contrer les intégrismes (en Algérie ou en Turquie) ne le sont peut-être pas ici. Même s’il reste encore beaucoup à faire, la société québécoise est plus proche d’une égalité démocratique réelle de l’homme et de la femme que bien d’autres sociétés. Nos révolutions sont tranquilles et nos combats se poursuivent au niveau des mentalités. L’État fait déjà beaucoup pour favoriser l’égalité des hommes et des femmes. Il le fait en adoptant des mesures institutionnelles. Il doit continuer en ce sens pour dissiper les nombreuses inégalités résiduelles. Il n’a pas à intervenir contre les Yvettes ou pour les Janettes. Il n’a pas non plus à légiférer dans sa fonction publique sur la tenue vestimentaire des employées sous prétexte que ce sont des symboles sexistes. Laissons les femmes juger par elles-mêmes quels vêtements elles veulent porter, sans leur reprocher d’être trop vêtues ou de ne pas l’être assez. Cessons une fois pour toutes de nous servir du corps des femmes pour mener des batailles politiques. »

La grande noirceur
Vous avez raison M. Seymour, il faut distinguer le texte sacré, les institutions religieuses qui en véhiculent une certaine interprétation, les mouvements politiques qui en détournent la signification et les individus qui expriment leur foi religieuse. C’est la raison pour laquelle les représentants de l’État doivent se garder d’afficher leurs croyances religieuses, tout comme les athées et les agnostiques doivent conserver un devoir de réserve et non pas s’afficher par des signes qui les caractériseraient. L’État n’a pas non plus à intervenir contre les Yvettes ou pour les Janettes car se sont des mouvements qui ne minent en rien l’État de notre démocratie contrairement à certains mouvements extrémistes religieux soutenus par la politique inconsciente de la Gaugauche caviar bien pensante. Personnellement je refuse de retourner au  Moyen Âge  et  c’est pourquoi je vous invite a rejoindre les milliers de Québécois-es qui ont signé la pétition en faveur d’un Québec laïque et pluraliste.

Rose Flamant

Rose

Pour lire l’intégralité de l’article de M Seymour cliquez ici

Alice

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