Archives de Tag: Northern Gateway

Le regard critique d’Antoine Robitaille

Mehdi A. Lienation

Mehdi A. Lienation

Contrairement à ses collègues de La Presse et du Journal de Montréal, Antoine Robitaille, éditorialiste pour Le Devoir, tente de convaincre la population sur la nécessité de tenir une évaluation faite par le Bureau d’audience publique sur l’environnement (BAPE) afin d’étudier les conséquences de l’oléoduc Énergie Est. Le projet de pipeline sur le territoire québécois amène beaucoup de questionnement. C’est pourquoi Robitaille voit l’arrêt des travaux d’exploration et la tenue d’une évaluation du BAPE comme primordiale. Plutôt que d’attaquer les arguments ou les manifestations des opposants au projet, il s’attaque au comportement du gouvernement libéral.  Dans son éditorial intitulé « Précaution ! » le 17 octobre 2014, Robitaille décrit l’incohérence du gouvernement Couillard en ce qui a trait à ce sujet :

 « Pendant des semaines, tout ce que les citoyens ont pu entendre du gouvernement dans le dossier du projet de port pétrolier de TransCanada avait quelque chose de risible. Il y eut les circonvolutions du nouveau ministre de l’Environnement, David Heurtel, qui semèrent la confusion à quelques reprises. Philippe Couillard, lui, fit preuve de clarté, le 25 septembre : nous devrions accepter de transformer le territoire québécois en lieu de transit du pétrole albertain, ne serait-ce que par gratitude pour les milliards de la péréquation. »[1]

couOn voit ensuite à travers l’éditorial que la position du gouvernement tente de nuancer ces propos et d’être plus dure envers la compagnie pétrolière : « Jean D’Amour, ministre de la Stratégie maritime (responsable du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie), soutenait que TransCanada avait « un défi de communication à relever, d’abord avec la communauté chez nous. Il faut qu’à tout point de vue, TransCanada se conforme aux exigences ». »[2] Par contre, Robitaille trouve ce « défi de communication » insuffisant et même « réducteur ». Il réaffirme donc que la nécessité d’une évaluation du BABE et que seul le gouvernement peut prendre cette décision.

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Dans un second éditorial intitulé « Saine “ingratitude” » le 21 novembre 2014, Antoine Robitaille salue la décision du gouvernement d’assujettir le projet de TransCanada à une évaluation du BAPE. Par contre, il garde un regard critique quant aux comportements adoptés par les ministres dans ce sujet. Robitaille mentionne entre autres le fait que les 7 conditions imposées à TransCanada sont un copier-coller de ce qui a déjà été fait en Colombie-Britannique pour stopper le projet Northern Gateway et ceux que le gouvernement d’Ontario venait de faire parvenir à la compagnie. Il explique donc son point de vue sur l’incapacité du gouvernement Couillard à déceler les préoccupations des citoyens du Québec :

 « Les meilleurs représentants doivent cultiver leurs capacités à lire les situations, à y percevoir des risques pour les contrer ainsi que les occasions à saisir pour faire progresser l’état du groupe qu’il représente. Dans le cas présent, ces capacités semblent avoir clairement fait défaut au premier ministre et au gouvernement qu’il mène »[3].

C’est donc avec différentes stratégies que nous avons vu les éditorialistes et les chroniqueurs québécois tenter de convaincre la population qu’un projet comme Énergie Est avait ou non sa raison d’être (ou du moins, la questionner). Il sera donc intéressant de voir évoluer la situation du traitement médiatique après la fuite de la stratégie de TransCanada pour faire accepter à l’opinion publique son projet d’oléoduc. Les résultats de l’évaluation du BAPE seront aussi d’une importance capitale dans la vision que les médias auront de ce projet.

[1]  http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/421322/transcanada-a-cacouna-precaution

[2] Idem.

[3] http://www.ledevoir.com/politique/quebec/424555/conditions-pour-transcanada-saine-ingratitude

la-conscience

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Le pipeline Énergie Est de TransCanada est condamné à ne pas voir le jour

Félix Dubé-Nguyen Jr.

Félix Dubé-Nguyen Jr.

 Alors que l’ONU condamne le Canada et le Québec pour leur politique énergétique, le projet d’oléoduc Keystone XL (TransCanada) tarde à être autorisé aux États-Unis et celui de Northern Gateway (Enbridge) est bloqué en Colombie-Britannique.  Les deux projets d’oléoducs québécois restent donc  les seules options permettant d’envisager l’exportation nécessaire à la croissance de l’industrie des sables bitumineux.

Face à ce non sens environnemental, le projet de pipeline québécois comme celui d’Énergie Est à Cacouna interpelle Christiana Figueres responsable du dossier climatique à l’ONU.  Selon  Madame  Figueres  «Il y a assez d’analyses qui démontrent les risques de poursuivre les investissements dans les énergies fossiles, a-t-elle rappelé. Vous devez donc décider si vous voulez vous situer du bon côté de l’Histoire et du bon côté de la logique économie.» «Qu’il s’agisse du Canada ou de toute autre juridiction, la situation est la même. La tendance lourde à l’échelle de la planète consiste à se diriger vers une économie à faible emprunte carbone. Cette transition est irréversible»

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Cacouna: l’endroit choisit comme terminal pétrolier

Alors que le gouvernement Couillard a approuvé des forages au cœur d’une pouponnière de bélugas dans l’estuaire du Saint-Laurent «pour des raisons inexpliquées» et sans avis scientifique forme, la Résistance s’organise. Le port de Gros-Cacouna est en effet reconnu comme la pouponnière des bélugas du Saint-Laurent les scientifiques s’inquiètent de l’impact du projet sur ces poupulations vulnérables. Pour plusieurs observateurs comme Sidney Ribaux le projet Cofondateur et coordonnateur général d’Équiterre, le projet est condamné d’avance. Sidney Ribaux qui préside la Maison du développement durable a contribué aux efforts de coalitions citoyennes pour le financement du transport en commun et de la ratification du protocole de Kyoto par le Canada, en plus d’avoir contribué à développer un programme national d’efficacité énergétique destiné aux personnes à faible revenu.

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Vous n’avez peut-être pas regardé les nouvelles ce weekend de l’Action de grâce; il faisait tellement beau, je vous comprends! Il s’est pourtant passé quelque chose de vraiment inspirant, un événement qui marquera l’histoire environnementale québécoise. Samedi passé, 2500 personnes se sont rassemblées à Cacouna pour manifester contre le projet de pipeline Énergie Est de TransCanada et plus particulièrement contre le port pétrolier qu’on prévoit installer dans cette petite municipalité du bas du fleuve.  Le port serait d’une longueur de 700 mètres et serait situé dans la pouponnière des bélugas du Saint-Laurent dont la faible population inquiète les scientifiques.

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Photo: Nicolas Falcimaigne

La marche a attiré mon attention pour trois raisons.

Premièrement, la population de Cacouna est de 1800 âmes. Le village se trouve à 450 km de Montréal, donc à 450 km du Plateau Mont-Royal. On ne pourra pas dire que ce sont encore les gauchistes et artistes du Plateau qui manifestaient! Par ailleurs, une manifestation de 2500 personnes dans un village, je n’ai jamais vu ca, du moins au Québec. Deuxièmement, la marche était une initiative citoyenne. Les groupes comme Greenpeace et Équiterre ont soutenu l’initiative, mais sans plus.  Amener du monde dans la rue (ou, dans le cas qui nous concerne, littéralement dans les champs) est un exploit sans l’infrastructure de communication d’un grand syndicat ou d’un Greenpeace. Le faire, en plus, à Cacouna, est un signe de toute l’importance qu’accordent les citoyens à cet enjeu.

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Projection du futur terminal pétrolier de Cacouna

Troisièmement, des représentants d’au moins quatre partis politiques étaient présents: le NPD, le Bloc, le Parti québécois et Québec Solidaire. Outre ce dernier, il s’agit d’un virage important pour ces formations. Pour la première fois, des partis politiques majeurs s’opposent au projet de TransCanada. À l’égard des prochaines élections fédérales, cela aura un impact certain.  La pression sera forte sur les autres partis fédéraux dont les Libéraux et les Conservateurs qui devront se positionner.

À mon humble avis, le mouvement d’opposition au projet d’Énergie Est vient de franchir un point de bascule. Ce dossier vient de devenir l’un des principaux enjeux environnementaux du moment et des deux prochaines années.

Au-delà des enjeux prioritaires, certains dossiers définissent l’appartenance des groupes et partis politiques à un camp ou à l’autre. Le protocole de Kyoto était ainsi devenu un symbole: on ne pouvait pas être pour la protection de l’environnement sans être pour Kyoto. La question du développement des gaz de schiste s’est aussi hissée à ce rang: être favorable à leur développement est devenu incompatible avec une vision d’un Québec responsable écologiquement. La manifestation de Cacouna contre le projet Énergie Est me laisse croire que ce pipeline deviendra lui aussi un enjeu du même ordre. Nous sommes de plus en plus nombreux à penser que ce pipeline ne passera pas. Je lève mon chapeau aux citoyens qui ont organisé cette marche ainsi qu’aux groupes qui ont soulevé les premiers l’enjeu des bélugas et du port pétrolier: WWF, la Fondation David Suzuki, le Centre québécois du droit de l’environnement, Nature Québec et la Société pour la nature et les parcs.

Le pipeline Énergie Est de TransCanada c’est:

  • une infrastructure indispensable au développement des sables bitumineux qui émet trois fois plus de gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel;
  • une augmentation de 32 millions de tonnes de gaz à effet de serre par année (à titre comparatif, les émissions totales du Québec sont de l’ordre de 78 millions de tonnes);
  • des risques accrus pour les écosystèmes et les communautés qu’il traverserait sur 4500 km;
  • une menace extrême pour les bélugas du St-Laurent et autres mammifères marins au Québec, au Nouveau-Brunswick et ailleurs.
  • Source : Journal Métro

Pour signez la pétition contre le projet Énergie Est cliques ici 

Références :

http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/419594/la-responsable-du-dossier-climat-a-l-onu-met-en-garde-le-quebec-et-le-canada

http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/421055/non-a-cacouna

http://ici.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2014/06/18/008-cacouna-transcanada-energie-est.shtml

http://baleinesendirect.org/blogue/actualites-dici-et-dailleurs/projet-de-port-petrolier-a-cacouna-un-danger-pour-les-belugas/

0 22 avril 2012  fin de la manif la main

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