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1984, 3 de ?

Manipulation des massesOitarp le poète indigné du Printemps érable vous offre cette nouvelle chronique sur 1984, adaptée du roman de Georges Orwell. Oitarp poursuit son analyse sur ce nouveau mode de pensée qui fait appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion. Dans cette troisième chronique il poursuit son analyse sur les pertes de liberté chroniques qui caractérisent ce début de siècle, tout en identifiant certaines stratégies employées par le pouvoir, pour endormir les masses. Bienvenue dans l’univers de 1984…

BOB

Cinq stratégies pour manipuler les masses

Dans ma dernière chronique je vous parlais des certains philosophes comme Noam Choamski qui s’interroge sur certaines stratégies utilisées par le pouvoir pour manipuler les masses. Parmi les cinq points dont nous avons parlé il faut noter :

  • La stratégie de la distraction

  • La stratégie de création de problèmes, pour offrir des solutions

  • La stratégie de la dégradation

  • La stratégie du différé

  • La stratégie qui consiste à parler au public comme à des enfants en bas-âge

georgie

 Du pain et des jeux

Dans l’Antiquité les empereurs romains avaient bien compris qu’il était facile de flatter le peuple et de s’attirer sa bienveillance en lui distribuant du pain et en lui organisant des jeux ! On préservait ainsi la paix sociale : Du pain et des jeux ! ou si vous préférez Panem et circenses comme dirait Bernard Landry. 

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Chez nous les jeux sont encore bien présents 

Aujourd’hui les jeux sont encore bien présents puisque dans les infos québécoises le sport occupe en 32 % de plus d’espace que dans l’ensemble des médias internationaux. Vous avez bien lu TRENTE DEUX % ! Dans ce désert culturel savamment cultivé par les médias complices, on traite entre 1,7 et 1,9 million de nouvelles provenant des médias traditionnels, et les faits divers, le sport, la politique et les nouvelles locales représentent plus de 58 % de l’actualité !

joueur

Cultiver la bétise

La septième technique consiste à maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise afin de :

  • faire en sorte que le masses soient incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et leur esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles. 

cerveau

Cultiver la médiocrité

La huitième technique vise à encourager le public à se complaire dans la médiocrité et à

  • encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte

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Cultiver la culpabilité

  • La neuvième technique consiste à remplacer la révolte par la culpabilité tout en faisant croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

Darth Vader

Resserrer la répression individuelle 

Enfin la dernière technique vise à connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

  •  C’est ainsi qu’ au cours des cinquante dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

TV

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1984, 2 de ?

Oitarp le poète indigné du Printemps érable vous offre cette nouvelle chronique sur 1984, adaptée du roman de Georges Orwell. Oitarp poursuit son analyse sur les pertes de liberté chroniques qui caractérisent ce début de siècle, tout en identifiant certaines stratégies employées par le pouvoir, pour endormir les masses. Cinglant parallèle avec 1984.

oitarp

Du rêve à la réalité

Dans ma première chronique sur 1984 je vous ai laissé en 1976, à une époque où déjà, le rêve du Peace and Love et du Flower Power commençait sérieusement à s’étioler. En 76 pourtant, les masses populaires semblaient devenir plus politisées et au Québec on rêvait d’un pays qui serait enfin à nous. On rêvait …

Aujourd’hui on continue à rêver, mais le pays n’est toujours pas venu et les idéologies présentes dans le roman de George Orwell se sont installées dans une société qui se vautre majoritairement dans le confort et l’indifférence !

confo

Comment en sommes nous arrivés là ? 

Vaste question à laquelle il est difficile de répondre. Certains philosophes comme Noam Choamski ont tenté une réponse en identifiant certaines stratégies utilisées par le pouvoir pour manipuler les masses. Dans cet article nous analyserons les cinq premières stratégies telles qu’identifiées par Choamski. La première, celle de la distraction « consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. »

Regis Labeaume...

La seconde stratégie consiste à « créer des problèmes, puis offrir des solutions Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.»

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La troisième stratégie, est celle de la dégradation. « Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement. »

stevieLa quatrième stratégie est celle du différé. « C’est ainsi que la meilleure façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat (…) cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.» 

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La cinquième stratégie consiste à s’adresser au public comme à des enfants en bas-âge. En effet « la plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisant, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». 

non au grand prix

C’est ainsi que peu à peu l’étau se resserre sur les zombies et que s’installe peu à peu le royaume terrifiant de 1984.

Oitarp, Poète indigné, ce 3 juillet de l’An II du printemps érable

sylvain

nous sommes un

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