Archives de Tag: Neutralité de l’État

Solidaires de QS ?

Selon les derniers sondages, Québec Solidaire obtient 11 % des intentions de votes au Québec dont 9% des voix chez les francophones. C’est une progression de 1% dans les intentions de vote par rapport au sondage Léger Marketing de juin 2010.

Sondages

 Cette lente progression est préoccupante puisqu’à toute fin pratique, elle démontre une stagnation marquée de l’électorat envers cette formation politique.   Québec Solidaire a pourtant tenté d’innover en se positionnant clairement sur l’échiquier gouvernemental québécois.   C’est ainsi qu’au cœur du débat entourant la charte de laïcité, QS a adopté un modèle inclusif qui favorise le libre choix du port de signes religieux par les agents de l’État. Cette position a entraîné  l’anthropologue Michèle Sirois, spécialiste en sociologie des religions et Membre fondatrice de Québec solidaire à claquer la porte.  Pour Madame Sirois «  La majorité des Québécois déplore que nos gouvernements ne protègent pas assez fermement deux valeurs fondatrices de la société québécoise, la neutralité de l’État et la prédominance de l’égalité entre les hommes et les femmes sur les particularismes religieux ou culturels (…)  Cette position est d’autant plus paradoxale que QS se présente comme un parti de gauche et féministe ; or, la gauche a toujours été le fer de lance de la laïcisation du Québec, et l’histoire du féminisme est jalonnée de dénonciations des institutions religieuses comme sources d’oppression des femmes. Devant cette prise de position, qui constitue un recul par rapport aux luttes féministes et nationalistes, j’ai décidé de quitter QS.»  Trois raisons fondamentales ont motivé Madame Sirois : – « La première raison plaide en faveur de la mise en place de politiques cohérentes de laïcisation de l’État. Il est actuellement interdit aux agents de l’État d’afficher leurs opinions politiques dans le cadre de leurs fonctions, et je crois que cette interdiction devrait aussi s’appliquer aux croyances religieuses. Tous les agents de l’État – pas seulement les juges, les policiers ou les gardiens de prisons – devraient être tenus à un devoir de réserve. Les enseignants et les éducatrices en garderie, par exemple, exercent une autorité – qui, si elle est d’ordre moral et non juridique, est tout aussi importante – puisqu’ils jouent un rôle crucial dans la reproduction des modèles sociaux. Si des élèves demandent à une enseignante pourquoi elle porte le hidjab, comment celle-ci pourra-t-elle répondre sans, par le fait même, favoriser la croyance en un Dieu qui lui commande sa conduite ?

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La deuxième raison rejoint le large consensus qui existe dans la société québécoise en faveur de la séparation de l’Église et de l’État, d’une part, et de l’égalité entre les hommes et les femmes, d’autre part. La majorité des Québécois rejette les accommodements « déraisonnables », surtout d’ordre religieux, et craint que cela n’ouvre la porte à des dérives comme on en a vu dans le cas de la SAAQ – où des juifs hassidiques ont refusé qu’une femme leur fasse passer leur examen de conduite, et, à l’inverse, des femmes musulmanes ont exigé d’avoir une femme comme examinatrice. C’est la combinaison de ces deux tendances – la neutralité de l’État et l’égalité hommes-femmes – qui fait que, parmi tous les signes religieux, le port du voile islamique est le cas le plus explosif. Le voile, lié à la position d’infériorité des femmes dans l’islam (selon le Coran et les hadiths qui rapportent les actes et les paroles de Mahomet), devient le symbole au sujet duquel se déchirent les « pro-voile » et les « anti-voile ». Il ne s’agit donc pas d’un simple « bout de tissu », comme l’affirment tant de personnes qui banalisent ce symbole religieux. Dans le contexte mondial de l’instrumentalisation de la religion par l’islam politique, on note une réelle hausse du port du voile dans le monde ; et des femmes qui refusent de le porter se font emprisonner, violenter ou assassiner, même au Québec ou au Canada. Un « bout de tissu », s’il n’était pas chargé d’un sens qui dépasse ce qu’en disent les femmes qui le portent, ne pourrait provoquer de telles atrocités. Les sciences humaines nous apprennent qu’il faut dépasser la diversité des motifs véhiculés dans les discours des individus pour comprendre les véritables raisons de leurs comportements. À défaut de cette rigueur d’analyse, nous devons nous contenter des discours idéologiques (religieux ou autres) que les différentes cultures ont formulés pour légitimer leurs particularités ; et c’est malheureusement ce genre de discours non scientifique que j’ai le plus souvent entendu au dernier congrès de QS. Par exemple, si certaines femmes musulmanes disent porter le voile pour des raisons d’identité ou pour des motifs religieux, ce n’est pas une raison pour ne pas s’interroger sur le fait que ce sont des femmes et non des hommes qui ont la responsabilité de marquer l’identité de leur groupe ; de plus, pourquoi commencent-elles à porter le voile à la puberté, plutôt que plus tard ou plus tôt dans la vie ? Un regard anthropologique met rapidement en évidence le besoin de contrôler la fertilité des femmes qui s’amorce à la puberté, en leur prescrivant la « modestie », voire la réclusion derrière un voile intégral ou le maintien à la maison. En effet, comme les femmes sont les seules à pouvoir « produire » physiquement les enfants, les hommes et la société semblent éprouver le besoin d’encadrer cette capacité d’enfanter unique des femmes par un contrôle tant aux plans sexuel, physique que social.

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La troisième raison repose sur les effets pervers que pourrait entraîner le libre choix du port de signes religieux par les agents de l’État. En tant que nation dominée et marginalisée sur un continent anglophone, les Québécois sont devenus plus frileux face à l’afflux d’immigrants (qui « risquent » de ne pas s’intégrer à leur culture), ce qu’ils perçoivent comme une menace à leur identité. En font foi les nombreux courriels qui circulent sur la toile et qui présentent les immigrants comme des « menaces », comme des « privilégiés » qui obtiennent des « faveurs » du gouvernement. Quand cette peur identitaire s’accompagne d’une très importante crise économique, d’un chômage croissant et d’une lente érosion de la classe moyenne, comme nous le vivons actuellement, tous les ingrédients d’un cocktail social explosif sont réunis. L’insécurité économique et sociale des Québécois peut en effet malheureusement se traduire par une montée de l’intolérance et de la xénophobie. Permettre aux agents de l’État de porter des signes religieux ostentatoires ne peut que transformer davantage les immigrants en boucs émissaires faciles à identifier. » En effet, on doit toujours éviter de s’en prendre aux boucs émissaires et aux moutons noir et il est regrettable de constater que Québec Solidaire  ressemble de plus en plus  à Québec Solitaire ! C’est la raison pour laquelle je vous invite a signer la pétition en faveur de la laïcité en cliquant sur ce lien.

Félix

Félix Dubé-Nguyen Jr.

Indigné québécois

république

La grande noirceur

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Le paradoxe québécois

Le gouvernement québécois souhaite accentuer la séparation entre la religion et l’État.  En effet selon le Ministre Bernard Drainville, responsable du dossier : « L’état doit être neutre »

Bernard Drainville

Selon ce projet charte des valeurs québécoises,  le gouvernement provincial entend assurer :

  1. La séparation des religions et de l’État
  2. La neutralité sur le plan religieux
  3. L’égalité entre les citoyennes et citoyens, quelles que soient leurs croyances religieuses ou leurs convictions morales, philosophiques ou autres

Toutefois selon Ministre «Le crucifix est là pour rester, c’est le choix de notre gouvernement. On ne tournera pas le dos sur notre patrimoine, sur notre passé[1]».  On parle ici du crucifix de l’Assemblée Nationale Québécoise un signe religieux jugé patrimonial par le gouvernement québécois, mais qui n’a fait son apparition à l’Assemblée Nationale en 1936, pour souligner l’alliance étroite entre l’Église et l’État[2].

Je me souviens

La devise du Québec est « Je me souviens »  et pour ça, pour se souvenir on se souvient !

Je me souviens entre autre de   James Wolfe dont la statue se trouve sur la façade de notre assemblée Nationale

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Je me souviens de la rue Amherst à Montréal ,de  la rue Durham à Sherbrooke en l’honneur du fameux John George Lambton comte de Durham, qui disait que les québécois était un   peuple sans histoire et sans littérature[3].  Effectivement au Québec on se souvient.  Inutile d’allonger la liste !  On se souvient de notre reine dont on voit l’illustre figure tous les jours lorsque l’on sort un billet de banque.
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Tout ça fait partie du paradoxe québécois.  On continue à parler des deux côtés de la bouche.  Pourtant, ailleurs sur la planète, nos frères humains qui ont subi des génocides culturels au fil des siècles n’ont aucun besoin d’élever des statues à leurs bourreaux ou de conserver les signes ostentatoires qui les ont asservis.  Ici on a décidé de faire autrement et de garder le crucifix, symbole de la grande noirceur, et ce faisant on créé deux catégories de citoyens; les Québécois de souche et les autres !
Oitarp, poète indigné du printemps érable en ce
18eme jour de septembre 2013

grenouilles indignées

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L’égalité homme femme et la charte des valeurs québécoises

En dévoilant son projet de charte des valeurs québécoises le gouvernement Québécois vient réitérer le principe d’égalité entre les hommes et les femmes. Selon la première ministre Marois : « Le principe le plus fondamental, c’est l’égalité homme-femme. La liberté de religion, elle sera toujours possible, mais ce qu’on dit, c’est que l’État sera neutre par rapport à l’image qu’on projettera des personnes qui sont au service des citoyens. »                                              Religieuses 1945

Intention louable qui a fait réagir la Fédération des femmes du Québec qui considère qu’il « serait toutefois encore plus efficace pour l’atteinte de l’égalité entre les femmes et les hommes de reconnaître le même statut aux droits sociaux, économiques et culturels (droit au logement, aux soins de santé, à un salaire décent, etc.) qu’aux droits civils et politiques (liberté d’expression, de conscience, de religion, etc.). »

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Quand l’État québécois se prostituait avec l’église catholique.  Le ciel est bleu l’enfer est rouge disait le premier ministre Maurice Duplessis 

Selon Madame Marois, pour que « le vivre-ensemble, (…) soit rassembleur, il faut que les règles soient claires », puisque le Québec sortira gagnant de « la clarification de ces règles ». En ce sens la première ministre a tout a fait raison, d’autant plus que l’inégalité des sexes au Québec ça fait partie de notre héritage culturel. On sait que les québécoises ont obtenu le doit de vote  le 25 avril 1940. À l’époque, plusieurs s’y opposaient vertement comme en foi cet article publié dans le journal Le Devoir le 2 mars 1940:

 « Nous ne sommes pas favorable au suffrage politique féminin.1º – Parce qu’il va à l’encontre de l’unité et de la hiérarchie familiale;2º – Parce que son exercice expose la femme à toutes les passions et à toutes les aventures de l’électoralisme;Thé avec M le curé

3º – Parce que, en fait, il nous apparaît que la très grande majorité des femmes de la province ne le désirent pas;

4º – Parce que les réformes sociales, économiques, hygiéniques, etc., que l’on avance pour préconiser le droit de suffrage chez les femmes, peuvent être aussi bien obtenues, grâce à l’influence des organisations féminines en marge de la politique.

Ce texte incendiaire est signé Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve (1883-1947) archevêque de Québec  « Pour répondre à de nombreuses instances et mettre fin à diverses opinions qu’on nous prête, à propos du projet de loi accordant aux femmes le droit de vote, aux élections provinciales ».

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Cardinal Villeneuve avec son crucifix

dans le cou symbole de l’opression féminine

En lisant ce texte je m’interroge vraiment sur les valeurs de laïcité de l’état québécois qui se permet de faire la leçon à propos de l’égalité homme femme dans la société, tout tout en prônant la conservation du crucifix à l’Assemblée Nationale du Québec; un symbole religieux qui a toujours écrasé les femmes catholiques et plus particulièrement les femmes québécoises. 

Rose Flamant,

Indignée Québécoise, citoyenne de la terre

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