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Changements climatiques : des jeunes montréalais sanctionnés

Pierre-Jacques Ratio

Depuis que Greta Thunberg, une jeune activiste de 16 ans, a demandé aux écoliers du monde entier d’entamer une grève internationale pour le climat, ils sont des centaines de milliers à faire l’école buissonnière partout sur la planète.

À Montréal depuis le 15 février, des élèves de l’école secondaire Robert-Gravel, située sur le Plateau-Mont-Royal, ont été les premiers à répondre à l’appel de Greta Thunberg et chaque vendredi après-midi, ces élèves sortent dans la rue pour dénoncer les changements climatiques comme le font des milliers de jeunes ailleurs sur la planète.

Marche pour le climat en Belgique – Photo : Belga/Nicolas Matterlinck

Greta Thunberg

Pour le directeur de l’école, Mathieu Lachance, cette situation est inacceptable car ces jeunes n’ont pas fourni d’autorisation parentale pour quitter l’école, ce qui contrevient au code de vie de l’établissement scolaire.  C’est ainsi que 168 élèves ont été placés en retenue depuis un mois. De son côté, la présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Catherine Harel-Bourdon, a fait parvenir une lettre aux parents où elle précise qu’« On est en faveur de ce que font nos élèves comme démarche pour le développement durable, pour notre planète en même temps on a des responsabilités comme commissions scolaires auprès des parents. […] on comprend qu’on ne pourra pas assurer la sécurité des enfants qui vont quitter l’école. » Madame Harel-Bourdon demande également aux parents de motiver l’absence de leur enfant en prévision de la grande marche pour le climat qui se tiendra le 15 mars prochain : « Il faut que les parents soient au courant et qu’ils autorisent leur enfant à participer à cet événement. […] ce sont eux les premiers éducateurs de leurs enfants, donc c’est à eux de déterminer avec leur enfant ce que l’élève fera le 15 mars. »

Cette mobilisation de la jeunesse marque un pas important dans l’histoire de l’humanité car elle témoigne du fait que partout sur la terre, les jeunes ont compris l’absurdité de cette chimère qu’est la croissance économique, la maximisation des profits et l’exploitation du prochain.  Merci belle jeunesse soyez comme la vague et continuez à manifester car vous seuls pouvez nous sortir de ce bourbier qui nous menace et dont vous allez hériter.

Références :

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Indignée par le transport à Montréal

LE TRANSPORT À MONTRÉAL, un essai écrit par une fille vraiment tannée de payer 50 piastres par mois pour, finalement, utiliser ses pieds

Je suis là, à l’arrêt de l’autobus le plus proche de chez moi. Celui qui est sensé m’emmener au métro qui, lui, est sensé m’emmener à ma navette qui, elle, est sensée m’emmener à l’école. J’ai planifié mon trajet pour qu’il soit optimal, rapide et que je sois le moins possible tassée contre du monde qui sentent la charogne et le café. Donc je suis là, à l’arrêt. Plus qu’à l’heure, en avance même. Transit me dit qu’il arrive dans 6 minutes. Bon, j’attends.

Pis j’attends.

Pis j’attends.

Les 6 minutes passent; je regarde l’heure. Pis je regarde Transit qui me dit que l’autobus passe dans 7 minutes…

Bon, ok. Sept minutes c’est pas la fin du monde, surtout que, dans mon trajet bien pensé, j’ai planifié du temps pour ce genre de choses.

5 minutes, 6 minutes, 7 minutes…

Rien, pas l’ombre de la tête massive du gros pachyderme sur roues au bout de la rue. Je regarde Transit: 22 minutes à attendre avant le prochain bus. Je regarde l’horaire de ma navette: 16 minutes. Ça y est. Aucune chance de me rendre à l’heure à l’école. Ça, c’est l’histoire que j’ai vécue aujourd’hui… pis hier, pis toute la semaine passée aussi — depuis le début de la session, j’ai jamais réussi à pouvoir me déplacer sans heurt trois jours d’affilée.

Certains vont me dire que ça arrive que les autobus ait des problèmes comme un flat, être pogné dans le trafic, etc. Ah ouin? Veux-tu bien me dire combien de flats toi t’as par semaine? Combien de fois ça t’arrive de pogner du trafic sur des rues résidentielles? Parce que pour moi, le ruminant ferré qui est sensé m’amener à l’heure où je dois aller — comme il est sensé le faire —, semblerait-il qu’il en a beaucoup des pépins comme ceux-là. Pis laisse-moi te poser une autre question, mon cher ami: si tu donnais un lift à quelqu’un pis que tu pognais un flat, t’avertirais, non? Pis tu t’excuserais aussi? Tu y dirais pas qu’il avait juste à prendre un autre lift ou juste à partir plus tôt.

Y’en a d’autres qui vont me dire: ouin, mais pourquoi t’as pas ton permis? Premièrement, un permis, c’est pas magique. Je peux pas aller plus vite que le système pour l’avoir. Deuxièmement, je suis étudiante. J’ai déjà des dépenses et une auto, ça coûte très cher — l’auto, la plaque, les assurances, le gaz, la vignette, les réparations… —, surtout à Montréal où on boost le prix de l’essence parce qu’une chèvre a bêlé un peu trop fort de l’autre côté de l’océan. Troisièmement, bah je sais pas vous, mais moi ça me tenterait que mes enfants n’aient pas à se promener avec des masques à gaz dehors parce que notre monde est rendu trop pollué.

Faque, oui. J’ose me plaindre. Pour toutes ces raisons, pour bien d’autres que je n’ai pas mentionnées, pis aussi parce que je sais que je ne suis pas la seule qui a ces problèmes.

Merci de m’avoir lue.

Et merci, STM, de me donner des raisons de plus à chaque jour de fuir Montréal qui a perdu les couleurs qui la distinguaient autrefois. 

Virginie Agnès Brault

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De Corridart à SLĀV; on est au coton parce que les fées ont soif!

Sophie Doucet

À Montréal, dans la nuit du 13 au 14 juillet 1976, l’exposition d’art public Corridart était sauvagement déman-telée sur l’ordre du Comité exécutif de la Ville de Montréal.

Cette exposition longue de huit kilomètres, s’étendait alors sur la rue Sherbrooke entre les rues Atwater et Pie-IX. Le maire Drapeau justifia la censure et la destruction des œuvres d’art en parlant « de danger public et d’indécence». 

L’exposition Corridart sur la rue Sherbrooke a été démantelée par l’administra-tion Drapeau. Photo : Archives de la Ville de Montréal

M. Le maire avait peut-être lu certains passages du texte annonçant l’exposition et ça lui avait sans doute déplu. En effet on pouvait lire sur un des panneaux de Corridart que Depuis les années 60 le caractère de la rue Sherbrooke a changé en même temps que se transformait le rôle de Montréal dans un Québec en pleine évolution. Depuis quelques années une spéculation effrénée, la démolition de ses larges trottoirs et d’édifices importants ont contribué a conférer à la rue Sherbrooke, un rôle de voie de circulation automobile.

Cette même année, alors que Montréal accueillait les Jeux Olympiques dans un stade inachevé, On est au coton,le film du cinéaste Denys Arcand subissait lui aussi la censure. Dans ce film documentaire qui trace un sombre portrait de l’industrie québécoise du coton, l’entrevue accordée par le président de la Dominion Textile, Edward F. King avait été censurée suite aux pressions politiques des dirigeants du Canadian Textile Institute. Le film tourné en 70 ne sera diffusé qu’en 2004 en version intégrale non censurée!

En 1978, la pièce de théâtre Les fées ont soif de la dramaturge Denise Boucher, subissait également la censure pour avoir déplu à une poignée de catholiques. Qualifiée de «cochonnerie» par le président du Conseil Métropolitain, le juge Jacques Vadeboncoeur, Les fées ont soif est rapidement devenu un symbole de la lutte contre la censure au théâtre, mais aussi de la cause féministe.

La censure, Monique Charbonneau,1969

Quarante ans plus tard, un groupuscule d’idéologues d’extrê-me-gauche issu essen-tiellement de la communauté blanche, s’est rassemblé devant le Théâtre du Nouveau-Monde afin de faire annuler la présentation de SLĀV de Robert Lepage et Betty Bonifassi. Pour ces idéologues, cette « odyssée théâtrale à travers les chants d’esclaves » constituait une appropriation culturelle inacceptable puisque Betty Bonifassi est blanche. SLĀV a donc été retiré de la programmation du Festival International de Jazz de Montréal (FIJM).

Après un long silence, Robert Lepage a déclaré que SLĀV avait été « muselé ».  De son côté le président-directeur général du FIJM, Jacques-André Dupont a déclaré qu’il y avait d’abord une impossibilité technique à continuer le spectacle puisque Betty Bonifassi s’est fracturée un pied après trois représentations, ajoutant du même coup que :

Le Soleil, 23 novembre 1966

« Nous n’avons pas l’impression d’avoir cédé à la censure, car il est important de noter que notre décision ne vise que ces représentations prévues durant le festival et n’implique aucunement que le spectacle ne soit plus diffusé dans le futur ». Un discours qui ressemble étrangement à ce que l’on a déjà entendu par le passé et qui vous rappellera sans doute quelque chose? 

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Défilé de la Saint-Jean, enfin des excuses !

Suite au tollé suscité par le fiasco de la Saint-Jean, l’équipe du Comité de la Fête nationale de Montréal s’est finalement excusée !   Il était temps !

Voici le libellé du texte : «Après avoir pris connaissance de ce qui circule dans les médias et sur les réseaux sociaux, nous ressentons le besoin de faire une nouvelle mise au point. Cette année comme en 2014 et en 2015, il a été décidé que les huit chars que comptait le Défilé de la Fête nationale allaient être poussés par des participants dans un souci d’écoresponsabilité. L’équipe chargée de recruter ces participants cherchait donc des personnes fortes et en forme pour jouer ce rôle sans se blesser. Précisons que plusieurs membres de l’équipe du Comité sont issus de différentes communautés culturelles.

Une membre du Comité connaissait le responsable de l’équipe sportive de l’école Louis-Joseph-Papineau. Ce dernier a accepté de relever ce défi avec ses jeunes athlètes d’autant que notre organisation faisait un don à l’école pour soutenir la persévérance scolaire. Rappelons que le seul critère de recrutement était la bonne condition physique. Les costumes qui étaient destinés aux participants évoquaient les pages d’un livre ancien avec des textes poétiques, en lien avec le livre géant qui ouvrait le Défilé.

Peu après le départ, les choses se sont corsées parce qu’une des roues du char s’est endommagée. Les jeunes hommes ont donc dû forcer plus que ce qu’ils auraient dû pour le faire rouler. Chose certaine, l’équipe n’a jamais eu l’intention de créer une image raciste. Cela dit, nous comprenons parfaitement et sommes extrêmement sensibles au fait que les gens qui ont vu cet extrait hors contexte aient été choqués. C’est pourquoi nous tenons à réitérer à quel point nous sommes désolés de la tournure des événements, de ce triste concours de circonstances qui nous a, oui, échappé.

Nous présentons nos plus sincères excuses à tous ceux et celles qui se sont sentis heurtés par ces images, particulièrement à la communauté noire, pour laquelle nous avons le plus grand respect et qui participe depuis très longtemps à nos activités. Nos excuses également à Sterve Lubin et son équipe, Annie Villeneuve et Joël Legendre qui ont été entrainés dans cette controverse. L’équipe du Comité de la Fête nationale de Montréal

Souhaitons que ce malheureux incident serve à l’avenir car à cause de cette maladresse facheuse, ces images ont fait le tout du monde et c’est bien regrettable.  L’analyse qu’en a fait Sol Zanetti reflète vraiment bien les dangers collatéraux créés par cette situation :  Cette mise en scène de la St-Jean m’a mis vraiment mal à l’aise. Je veux bien croire que les organisateurs n’avaient pas de mauvaises intentions. Je ne pense pas qu’ils sont racistes. J’ai lu l’article de La Presse, je comprends comment c’est arrivé, mais ça fait du tort quand même. Personne ne gagne rien à essayer de défendre ça. Les images font le tour du monde. La BBC a repris la nouvelle. Quand je pense que c’est la seule chose pour laquelle ils entendront parler de nous après l’attentat de Québec, j’ai honte. Ça nous fait vraiment passer pour une bande de morons. Et nous ne sommes pourtant pas des morons. Dans cette vidéo, on peut voir ce que ça fait à des membres de minorités visibles qui vivent à Montréal. Ils n’en reviennent pas. Moi non plus. Si on veut les convaincre de choisir le Québec plutôt que le Canada, il va falloir faire plus que d’être bien intentionnés. Ils va falloir qu’ils nous sentent à leurs côtés dans leur combat. Il va falloir que le Québec devienne un champion en matière d’inclusion et de respect. Ça rendrait tous fiers. Je sais que ça se peut, mais il faut être à l’écoute et sortir de nos bulles. Dire qu’on n’est pas raciste, ça ne convaincra jamais personne. Ce qu’il faut, c’est le démontrer. (Sol Zanetti).

 

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Une plaque commémorative indigne du 375e anniversaire de Montréal !

Une plaque commémorative installée par la BMO suscite l’indignation des nations autochtones et de la société civile, dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal.

Texte de la plaque controversée

 Texte de la plaque controversée

Ces groupes considèrent que cette plaque honorifique constitue une honte pour la banque de Montréal qui osé afficher ce texte commémoratif qui fait l’apologie de la violence, du génocide et du colonialisme européen.

         La Place d'Armes à Montréal

La Place d’Armes à Montréal

Les indignés du Québec vous incitent à demander à la Banque de Montréal d’enlever cette plaque honorifique en cliquant sur ce lien.  Merci.

L'édifice de la BMO à la Place d'Armes de Montréal

        L’édifice de la BMO à la Place d’Armes de Montréal 

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La F1 ou le triomphe de l’insipide!

 Pierre-J. Ratio

Une fois de plus, depuis 50 ans, Montréal a vibré au son du Grand prix du Canada. Les chromés du Jet Set ont envahi la ville, les pitounes ont shiné sur les chars. Le journal de Montréal a organisé un Vox pop pour savoir si les montréalais connaissaient bien la F1. À radio Canada les «journalistes» sportifs ont continué leur travail d’abrutissement des masses en nous faisant écouter le bruit tonitruant des moteurs, pour notre plus grande fierté.

Les médias nous ont abondamment abreuvés de reportages sur le pilote québécois Lance Stroll et le journal La Presse s’est réjoui de sa performance, car même s’il n’a pas remporté la victoire, « Stroll aurait pu difficilement demander mieux à sa première participation au Grand Prix de Formule 1 du Canada, alors qu’il a récolté les premiers points de sa carrière. » Finalement Lewis Hamilton a remporté le Grand Prix, les pilotes ont plié bagages et les commerçants et les proxénètes ont récolté la manne…

À l’heure où la planète se mobilise pour contrer le réchauffement climatique, Montréal continue de promouvoir cet événement d’un autre âge et bien peu de voix se lèvent pour dénoncer ce triomphe de l’insipidité. Pourtant Kim Lévesque Lizotte n’hésite pas à le faire avec brio…

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Radio Cadenas n’apprécie pas sa critique du 375 anniversaire de Montréal

Félix Dubé-Nguyen Jr.

Félix Dubé-Nguyen Jr.

Le chroniqueur Fred Dubé a été remercié par Radio Canada pour avoir  dépassé les limites dans sa dernière chronique.  M. Dubé a en effet dénoncé la composition du Conseil d’administration du 375e anniversaire de Montréal qui selon lui «est une vraie honte».

 – Vous allez comprendre l’expression le monde est petit surtout si on est riche et ultra libéral a-t-il précisé. M. Dubé a poursuivi en disant que la «Présidente du conseil c’est France-Chrétien Dsemarais, fille de Jean Chrétien et l’épouse d’André Desmarais de Power Corp, le fil de Paul Desmarais (…)».  Il a ensuite dénoncé la présence sur le CA de «M. Guy Breton, recteur de l’Université de Montréal qui avait déclaré en parlant du rôle de l’enseignement que les cerveaux doivent correspondent aux besoins des entreprises»…

freddube

Fred Dubé

Fred Dubé s’en est pris également à un autre membre du CA, M. Stephan Bronfman, «riche homme d’affaire qui fut directeur de Justin Trudeau pour sa campagne de collecte de fonds».  Selon Dubé, M. Bronfman aurait «un accès très privilégié au maire Coderre et il est en faveur de la liberté linguistique, une manière polie de dire que le français fuck off». Sans oublier Andrew Molson, riche héritier de la famille Molson qui,  toujours selon le chroniqueur, a «construit son immense fortune avec le colonialisme, les rachats de terre après la conquête, leur magouille dans les chemins de fer.  À l’époque le passe-temps favori de la famille Molson  était  de regarder les patriotes se faire pendre en mangeant du  popcorn rose».

Suite à son licenciement Fred Dubé a déclaré que «c’est avec tristesse que je vous annonce qu’on m’a mis dehors. Parce que mon humour n’était pas assez léger et que j’ai dépassé les limites avec ma dernière chronique (ci-bas). Malgré les imperfections, j’aurai mis tout mon cœur dans ces chroniques pour une émission de qualité que j’aime. Avant de nouveaux projets, je poursuivrai mon humour sur scène. » 

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                 Cliquez sur l’image pour entendre la chronique de Fred Dubé

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