Archives de Tag: Maurice Duplessis

Québec envisage de céder la perception de ses impôts à Ottawa

Sophie Doucet

Sophie Doucet

Alors que le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, évoque la possibilité que le Québec cède la perception de ses impôts à Ottawa, la commission Robillard demande au gouvernement Couillard d’envisager sérieusement ce scénario. Martin Coiteux juge en effet qu’il « ne faut pas être dogmatique : ça ne veut pas dire que tous les impôts doivent être perçus d’une seule et unique façon, ça ne veut pas dire qu’on a toujours, dans chacun des cas, le meilleur percepteur »

Selon le rapport de la Commission Robillard intitulé Cap sur la performance, la province de Québec économiserait près de 400 millions si Ottawa se chargeait de la perception de ses impôts. Rappelons que le 24 février 1954 le gouvernement de Maurice Duplessis, faisait voter un impôt provincial sur le revenu des particuliers de 15 % et exigeait d’Ottawa que cet impôt soit déductible de l’impôt fédéral. Le gouvernement autoritaire de Philippe Couillard, poursuivant ses politiques d’austérité, s’apprête ainsi à redonner ses pouvoirs de taxation au grand frère fédéral.

Duplessis

Sources complémentaires : 

COCOU2

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Sauvons la Forêt Ouareau des coupes à blanc

Pierre-Jacques Ratio

Pierre-Jacques Ratio

Après le scandale de la sablière de Chertsey, la MRC de Matawinie défraie encore la chronique et l’indignation de la population par ses politiques environnementales à courte vue, bradant les richesses sylvicoles du parc de la Forêt Ouareau pour des pinottes et a raison d’un arbre à la minute.

Selon le maire de Chertsey, Michel Surprenant, «le principal ennemi de la Forêt Ouareau, c’est précisément l’administration de la MRC de Matawinie qui se fait complice de la gestion étriquée du ministère des Forêts». En Matawinie on se croirait revenu sous le régime autoritaire de Maurice Duplessis. En effet, bien que le conseil municipal se soit prononcé contre toute coupe de bois dans la Forêt Ouareau, le conseil des maires de la MRC Matawinie a approuvé les projets de coupe du Ministère…  C’est ainsi que la compagnie Domtar, prélèvera cet automne 13 000 mètres cubes pour son usine de Windsor située à près de 250 km de Chertsey.

Bref, malgré l’opposition des citoyens et de leurs représentants, il semble que dans les yeux du Ministère le rôle du Conseil municipal ne consiste qu’à gérer les poubelles et à collecter les taxes.

Aux arbres citoyens

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Philippe Couillard, l’ambassadeur de la grande obscurité

Pierre-Jacques Ratio

Pierre-Jacques Ratio

Pour célébrer le 375eme anniversaire de Montréal, le premier ministre Philippe Couillard s’est permis une escapade dans le plus petit pays du monde où il a été reçu en audience publique par François 1er, chef de l’État du Vatican. Au cours de cette rencontre qui a duré moins d’une minute, M. Couillard a remis une invitation au pape François de la part du maire Denis Coderre pour souligner les fêtes du 375e anniversaire de Montréal. Le premier Ministre était accompagné de son épouse, Suzanne Pilote, qui portait pour l’occasion une mantille archaique semblable à celle que les femmes portaient dans la Province de Québec à l’époque de la Grande noirceur.

L’ambassadeur de la grande obscurité

Ce geste politique du premier ministre Couillard suscite un certain nombre de questions qui remettent en cause la laïcité même et la modernité de l’État québécois. Outre le fait que l’on puisse s’interroger sur la pertinence de fêter un 375eme anniversaire, on doit s’interroger sur la pertinence même de cette invitation. En tant que premier ministre du Québec, M. Couillard se doit d’incarner la laïcité de l’État et mettre en pratique ses propres principes, lui qui affirmait tout récemment que « Personne ne croit que le Québec est un État religieux»(1). 

Pope Francis exchanges gifts with Quebec Premier Philippe Couillard, right, flanked by his wife Suzanne Pilote, during the pontiff's weekly general audience in St. Peter's Square at the Vatican, Wednesday, May 27, 2015. (L'Osservatore Romano/Pool Photo via AP)

Le pape François en compagnie de Philippe Couillard et de son épouse Suzanne Pilote, en audience sur la Place Saint-Pierre au Vatican, le 27 mai 2015. (L’Osservatore Romano/Pool Photo via AP)

Loin de se garder un droit de réserve face à la religion le premier ministre a déclaré  ne pas être d’accord avec l’affirmation que la religion soit en perte de vitesse au Québec tout en rappelant «l’enthousiasme» autour de la visite de Jean-Paul II en 1984. Le pape François a t-il déclaré «est aimé à travers le monde. L’image de simplicité qu’il dégage, les gens y sont très sensibles». (2) On se croirait presque revenu sous Maurice Duplessis, quand l’État québécois se prostituait avec l’église catholique et que le premier ministre Duplessis lui-même déclarait au bon peuple soumis « Le ciel est bleu et l’enfer est rouge! » 

Quand le premier ministre Duplessis etl'État québécois se prostituaient avec l'église catholique Duplessis

Quand le premier ministre Duplessis et l’État québécois se prostituaient avec l’église catholique

Une visite papale en pleine période d’austérité ?

Alors que le gouvernement Couillard claironne sous tous les tons que nous vivons une période d’austérité et que nous devons nous serrer la ceinture, on doit s’interroger sur le coût d’une telle visite ?

Rappelons qu’en 1984 la tournée québécoise de Jean-Paul II avait coûté 58 millions $; dont 8 millions $; assumé par le Québec, et une cinquantaine de millions de dollars  épongés par Ottawa. (3)

Nécessité de compléter la démarche historique de laïcisation

Ce dérapage d’un premier ministre provincial, illustre bien la nécessité de compléter la démarche historique de laïcisation du Québec, telle que préconisée en 2010 par le collectif Les Intellectuels pour la laïcité, qui préconisait que « Pour être véritablement neutre, l’État doit se déclarer neutre. L’État ne doit favoriser aucune religion ou option spirituelle et, réciproquement, le religieux doit s’interdire toute emprise sur l’État et ses institutions. C’est ce que signifie, au premier titre, la notion de laïcité. » Elle implique également l’urgence de faire du Québec un État moderne, indépendant et libéré du carcan religieux symbole d’une époque révolue.

Durant la grande noirceur en 1945

Durant la grande noirceur en 1945

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L’égalité homme femme et la charte des valeurs québécoises

En dévoilant son projet de charte des valeurs québécoises le gouvernement Québécois vient réitérer le principe d’égalité entre les hommes et les femmes. Selon la première ministre Marois : « Le principe le plus fondamental, c’est l’égalité homme-femme. La liberté de religion, elle sera toujours possible, mais ce qu’on dit, c’est que l’État sera neutre par rapport à l’image qu’on projettera des personnes qui sont au service des citoyens. »                                              Religieuses 1945

Intention louable qui a fait réagir la Fédération des femmes du Québec qui considère qu’il « serait toutefois encore plus efficace pour l’atteinte de l’égalité entre les femmes et les hommes de reconnaître le même statut aux droits sociaux, économiques et culturels (droit au logement, aux soins de santé, à un salaire décent, etc.) qu’aux droits civils et politiques (liberté d’expression, de conscience, de religion, etc.). »

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Quand l’État québécois se prostituait avec l’église catholique.  Le ciel est bleu l’enfer est rouge disait le premier ministre Maurice Duplessis 

Selon Madame Marois, pour que « le vivre-ensemble, (…) soit rassembleur, il faut que les règles soient claires », puisque le Québec sortira gagnant de « la clarification de ces règles ». En ce sens la première ministre a tout a fait raison, d’autant plus que l’inégalité des sexes au Québec ça fait partie de notre héritage culturel. On sait que les québécoises ont obtenu le doit de vote  le 25 avril 1940. À l’époque, plusieurs s’y opposaient vertement comme en foi cet article publié dans le journal Le Devoir le 2 mars 1940:

 « Nous ne sommes pas favorable au suffrage politique féminin.1º – Parce qu’il va à l’encontre de l’unité et de la hiérarchie familiale;2º – Parce que son exercice expose la femme à toutes les passions et à toutes les aventures de l’électoralisme;Thé avec M le curé

3º – Parce que, en fait, il nous apparaît que la très grande majorité des femmes de la province ne le désirent pas;

4º – Parce que les réformes sociales, économiques, hygiéniques, etc., que l’on avance pour préconiser le droit de suffrage chez les femmes, peuvent être aussi bien obtenues, grâce à l’influence des organisations féminines en marge de la politique.

Ce texte incendiaire est signé Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve (1883-1947) archevêque de Québec  « Pour répondre à de nombreuses instances et mettre fin à diverses opinions qu’on nous prête, à propos du projet de loi accordant aux femmes le droit de vote, aux élections provinciales ».

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Cardinal Villeneuve avec son crucifix

dans le cou symbole de l’opression féminine

En lisant ce texte je m’interroge vraiment sur les valeurs de laïcité de l’état québécois qui se permet de faire la leçon à propos de l’égalité homme femme dans la société, tout tout en prônant la conservation du crucifix à l’Assemblée Nationale du Québec; un symbole religieux qui a toujours écrasé les femmes catholiques et plus particulièrement les femmes québécoises. 

Rose Flamant,

Indignée Québécoise, citoyenne de la terre

ros

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La grande main pourrira

La grand mainOitarp, le poète indigné du printemps érable s’est penché sur ce fameux poème de Roland Giguère publié en 1960.

La main du bourreau finit toujours par pourrir

Grande main qui pèse sur nous
grande main qui nous aplatit contre terre
grande main qui nous brise les ailes
grande main de plomb chaud
grande main de fer rouge

grands ongles qui nous scient les os
grands ongles qui nous ouvrent les yeux
comme des huîtres
grands ongles qui nous cousent les lèvres
grands ongles d’étain rouillé
grands ongles d’émail brûlé

mais viendront les panaris
panaris
panaris

la grande main qui nous cloue au sol
finira par pourrir
les jointures éclateront comme des verres de cristal
les ongles tomberont

la grande main pourrira
et nous pourrons nous lever pour aller ailleurs.

Roland Giguère in L’Âge de la parole, 1965, p. 17 

La grande main

Lorsque Giguère a rédigé ce poème  le Québec était alors plongé dans ce qu’on a appelé la « Grande noirceur », cette période trouble qui fit entrer la province dans la modernité. Ce poème rédigé à une époque opaque, interpelle par sa modernité. Une chose me frappe dans cette oeuvre plus qu’à moitié centenaire, c’est la fragilité de nos démocraties.  Merci Rolland de m’avoir largement inspiré et d’avoir su traverser le temps par la beauté de tes vers et la justesse de tes propos …

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La Grande main pourrira – hommage aux indigné-es de la terre

Cinquante trois ans plus tard, l’étouffante grande noirceur de Maurice Duplessis a heureusement disparu mais de sombre nuages se sont levés sur l’humanité et sur la Belle Province, comme certains se plaisent encore à l’appeler  Je pense à la grande main qui pèse encore sur nous et aux arrestations massives du printemps érable qui sont la honte de cette province.

Je pense à la grande main qui nous aplatit contre terre et au nivellement culturel par le bas

Je pense à la grande main qui nous brise les ailes 

À la grande main de plomb chaud et à la grande main de fer rouge

J’ai peur des grands ongles qui nous scient les os

Des grands ongles qui nous ouvrent les yeux
comme des huîtres

J’ai peur des grands ongles qui nous cousent les lèvres

J’ai peur des grands ongles d’étain rouillé, des grands ongles d’émail brûlé

Mais viendront les panaris panaris, panaris, 

Je sais que la grande main qui nous cloue au sol finira par pourrir, que les jointures éclateront comme des verres de cristal et que les ongles tomberont

Je sais que la grande main pourrira et nous pourrons nous lever pour aller ailleurs.

Oitarp poète indigné, ce 13 mai de l’an II du printemps érable

la main du peuple 

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