Archives de Tag: Les indignés du Québec

L’Observatoire du nucléaire dénonce la nomination d’Edouard Philippe

Alors que la presse québécoise dépeint le nouveau premier ministre de France Edouard Philippe, comme un élu de la droite modéré, l’Observatoire du nucléaire dénonce cette nomination.

Au Canada, la communauté Française a voté à 89,34% pour Emmanuel Macron lors des dernières élections présidentielles.  Ce chiffre atteint 91,55% à Toronto et 90,55% à Montréal.

La ville de Québec, patrie des radio-Québec est la ville canadienne qui a voté le plus pour le FN.

      La ville de Québec, patrie des radio-poubelle c est la ville canadienne qui a voté le plus pour le FN

Edouard Philippe

Edouard Philippe

Selon l’Observatoire du nucléaire Edouard Philippe, «n’est en rien le personnage « modéré » que la communication macronienne tente de mettre en scène. Bien au contraire, M. Philippe a les mains très sales, ou plutôt… radioactives. En effet, lorsqu’il travaillait pour la multinationale atomique Areva, il a participé à de sombres manœuvres dans les coulisses uranifères de la Françafrique.

En octobre 2007, Edouard Philippe est nommé directeur de la communication et directeur des affaires publiques d’Areva. Son activité principale est alors de s’assurer de la collaboration de parlementaires acquis au lobby de l’atome. Il est ainsi en contact rapprochés avec Marc Vampa, député de l’Eure et président du groupe d’amitié France-Niger à l’Assemblée Nationale (cf Charlie Hebdo, 29 avril 2009). C’est précisément pendant cette période, le 13 janvier 2008, qu’un accord est signé entre Areva et le pouvoir du Niger concernant l’exploitation de l’uranium, accord immédiatement contesté par le Mouvement des Nigériens pour la justice, mouvement touareg en rébellion contre le pouvoir central de Niamey (cf AFP, 17 janvier 2008).

En effet, les maigres revenus de l’uranium, largement sous payé depuis des décennies par Areva, ne bénéficient en rien à la population, et encore moins aux Touaregs, alors que les mines d’uranium sont situées dans leurs zones traditionnelles de vie. Il est donc logique de considérer que les manœuvres en coulisse de M Philippe ne sont pas étrangères aux graves troubles qui ont eu lieu par la suite dans la zone sahélienne (Niger/Mali) et dans le fait que, poussés par la misère, des groupes Touaregs aient fini par s’allier à des mouvements djihadistes. Mais, surtout, il est légitime de se demander pour qui agit M Philippe lorsqu’il est en charge des affaires publiques, que ce soit auparavant comme maire du Havre et désormais comme premier ministre.

Une première réponse est apportée par le fait que, à peine assis dans le fauteuil de maire du Havre (aimablement offert par son prédécesseur qui a démissionné en cours de mandat !), Edouard Philippe a offert un pont d’or… à son ancien employeur Areva, pour qu’il installe deux usines d’éoliennes off-shore, projet finalement abandonné piteusement en septembre 2016 : il serait intéressant d’enquêter pour voir ce que la sympathie d’Edouard Philippe pour Areva a finalement coûté aux citoyens-contribuables… On notera d’ailleurs que, de 2007 à 2010, M. Philippe a cumulé sans état d’âme son poste chez Areva et son mandat d’adjoint au maire du Havre mais, aussi, que la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) lui a infligé un blâme pour avoir refusé de fournir des informations sur sa déclaration de patrimoine de 2014, pourtant exigées par la loi.»  SOURCE : Observatoire du Nucléaire.  

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Merci Monsieur

Mary-Lou Esmeralda

Mary-Lou Esmeralda

Les Indignés du Québec tiennent à souligner le décès de Jacques Parizeau, qui fut vraisemblablement le plus grand premier ministre du Québec. Économiste de formation, il enseigne à l’École des hautes études commerciales et participe à titre de consultant et de conseiller à plusieurs réalisations d’envergure de la Révolution tranquille (nationalisation des compagnies d’électricité, création du plan de pension du Québec, de la Caisse de dépôt et de placement, etc.). Il joint les rangs du Parti québécois (PQ) peu de temps après sa fondation et est candidat défait lors des élections de 1970 et 1973.

Jacques Parizeau en 2007

Jacques Parizeau en 2007

Lorsque le PQ forme le gouvernement, en 1976, le premier ministre René Lévesque lui confie les poste de ministre des Finances et du Revenu, ainsi que la présidence du Conseil du trésor. Toujours aux Finances pendant la crise économique des années 1980, il met en place le Régime d’épargne-actions qui sera salué comme une de ses plus grandes réussites. Son refus d’accepter la mise en veilleuse du projet souverainiste – le « beau risque » – mène à son départ du gouvernement, en 1984. Successeur de Pierre Marc Johnson, en 1988, il dirige le PQ lors des élections générales de 1989. L’échec des ententes constitutionnelles de Meech et Charlottetown, ainsi que la détérioration de l’économie, favorisent son avènement au pouvoir en 1994. Jacques Parizeau souhaite donner un nouvel élan au gouvernement (« L’autre façon de gouverner »), mais son objectif principal demeure la réalisation de l’indépendance du Québec. Fidèle à son engagement, il tient un référendum le 30 octobre 1995. Cette soirée est marquée par la défaite dramatique du Oui, ainsi que des propos controversés de sa part sur « l’argent et des votes ethniques » qui feront la manchette. Il démissionne ensuite de son poste de premier ministre. Auteur de nombreux textes et ouvrages, il continue de se passionner pour les questions économiques et demeure un des porte-parole les plus connus et les plus respectés du mouvement souverainiste.

Monsieur

MERCI

Sources : Bilan du siècle et

RadioCanada_logo_26

René Lévesque

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Éthique environnementale selon David Carniste

jugement 1

Dans ce court-métrage de 30 minutes réalisé par Maxime Ginolin l’industriel David Carniste,  lobbyiste de l’agro-alimentaire, est choisi pour représenter l’humanité et il doit répondre des conséquences des actes de l’espèce humaine devant un tribunal présidé par le juge MagiCJacK,

jugement5

Dans la salle un tribunal d’animaux suit avec intérêt le procès de David Carniste, dont les activités professionnelles touchent de près à l’exploitation de la viande, à l’armement et aux activités pétro chimiques.et nucléaires.

jugement 6

Selon l’acte d’accusation, présenté devant le tribunal  David Carniste  est accusé du plus grand génocide d’êtres sensibles et conscients- Un génocide sans nom !jugement 2

Accusé d’avoir détruit et épuisé en moins de 10,00 ans la plupart des ressources naturelles de la planète

jugement 7

Accusé du plus haut degré de crime spéciste, accusé d’avoir entraîné dans votre propre évidence la plupart des formes de vie

jugement 4

Selon l’accusation cette industrie du meurtre entraine la disparition de la forêt amazonienne, la pollution des nappes phréatiques, la pollution des sols et la disparition progressives des espèces marines.

jugement 8

Un documentaire qui ne vous laissera pas indifférents, que vous soyez ou non végétariens…

jugement9

Albert

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CÉLÉBREZ LES 2 ANS DE LA PLACE DU PEUPLE !

10 octobre

In English Below

Les Indignés du Québec vous invitent à une grande fête de famille, le samedi 19 octobre prochain pour marquer le deuxième anniversaire de la Place du peuple. Venez fêter avec nous l’éveil de conscience que ce lieu symbolise. Pour l’occasion nous nous rappellerons les événements de 2011 et les relierons au présent et à l’avenir. Nous parlerons du chemin parcouru, des enjeux actuels et des défis qui s’annoncent. Apportez votre enthousiasme et votre pensée politique critique ! Bienvenue à celles et ceux qui n’étaient pas là en 2011.

PROGRAMME
14h00 : Ouverture de la journée : Chorale du peuple et discours brefs
14h30 : Cercles de parole, espace artistique et micro ouvert
Propositions de cercles de paroles: http://piratepad.net/nkyz9AKLh6
18h00 : Souper avec la Cuisine du peuple
19h00 : Film : À déterminer  (Peut-être le nouveau film de Yannis Youlountas  intitulé  : Ne vivons plus comme des esclaves, qui montre que l’Utopie est possible à travers l’exemple des indignés  Grec : https://lesindignesduquebec.wordpress.com/2013/10/02/cinema-doctobre-2013/ )

anniversaireThe People’s Place will soon be two years old. On Saturday October 19th, come celebrate the awareness-raising that this space symbolizes. We will be revisiting what happened in 2011, and how it connects to the present and the future. Discussions will be held around the social justice actions taken since, today’s struggles and tomorrow’s challenges. Bring your enthusiasm and your critical political literacy skills. Welcome to those who had never visited the occupation in 2011.

SCHEDULE
2pm: Opening: Chorale du Peuple performance and some brief speeches
2:30pm: Discussion circles, art space, and an open mic
Proposals for discussion circles: http://piratepad.net/nkyz9AKLh6
6pm: Dinner served by the People’s Kitchen
7pm: Film screening (to be announced, it might be the movie Ne vivons plus comme des esclaves, a film from Yannis Youlountas,  a documentary about the Occupy movement in Greece. : https://lesindignesduquebec.wordpress.com/2013/10/02/cinema-doctobre-2013/)
Indignons nous
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ANNEXE
En 2011, dans la foulée des soulèvements populaires des pays arabes, des milliers de personnes à travers le monde ont établi des campements auto-gérés dans des quartiers financiers. Les plus connus étant ceux des Indignados d’Espagne et d’Occupy-Wall Street à New York. Un campement similaire a vu le jour en octobre à Montréal au Square Victoria que nous avons rebaptisé la Place du peuple. Bien que l’occupation n’a duré que 6 semaines, son influence est durable. Après l’éviction, plusieurs des groupes d’affinité et des individus transformés politiquement ont continué de lutter contre l’exploitation et les inégalités sociales. La contestation contre le néolibéralisme s’est intensifiée durant le Printemps Érable qui fut accompagnée d’une répression policière sans précédent. Une troisième vague de contestation contre le néo-colonialisme est menée par les Premières Nations du mouvement Idle No More. Où en sommes nous maintenant? Le samedi 19 octobre, nous aurons la chance de se réunir et de réfléchir sur le pouvoir spontané et imprévisible du mouvement populaire de justice sociale.

Amélie Veille, une belle indignée. Cliquez pour l'entendre chanter

Amélie Veille, une belle indignée. Cliquez pour l’entendre chanter

APPENDIX
In 2011, galvanized by the popular uprisings of the Arab Spring, thousands of people across the world established autonomously-run camps in downtown financial districts. The best known being those of the Indignados in Spain and Occupy-Wall Street in New York. One such camp sprung up in October in Montreal at Square Victoria, which was renamed The People’s Place. Although the occupation lasted only 6 weeks, its impacts were long lasting. After the eviction, many of the camp’s related affinity groups and politically transformed individuals continued to fight exploitation and social inequalities. The battle against neo-liberalism intensified during the Maple Spring, which was accompanied by unprecedented police repression. A third wave of protests against neo-colonialism were led by the First Nations in the Idle No More movement. Where are we now? On Saturday October 19th, we will have the chance to meet up and reflect on the spontaneous and unpredictable power of grassroots social justice movements.

https://fr-ca.facebook.com/occupymontreal

la main du peuple

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1984, 2 de ?

Oitarp le poète indigné du Printemps érable vous offre cette nouvelle chronique sur 1984, adaptée du roman de Georges Orwell. Oitarp poursuit son analyse sur les pertes de liberté chroniques qui caractérisent ce début de siècle, tout en identifiant certaines stratégies employées par le pouvoir, pour endormir les masses. Cinglant parallèle avec 1984.

oitarp

Du rêve à la réalité

Dans ma première chronique sur 1984 je vous ai laissé en 1976, à une époque où déjà, le rêve du Peace and Love et du Flower Power commençait sérieusement à s’étioler. En 76 pourtant, les masses populaires semblaient devenir plus politisées et au Québec on rêvait d’un pays qui serait enfin à nous. On rêvait …

Aujourd’hui on continue à rêver, mais le pays n’est toujours pas venu et les idéologies présentes dans le roman de George Orwell se sont installées dans une société qui se vautre majoritairement dans le confort et l’indifférence !

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Comment en sommes nous arrivés là ? 

Vaste question à laquelle il est difficile de répondre. Certains philosophes comme Noam Choamski ont tenté une réponse en identifiant certaines stratégies utilisées par le pouvoir pour manipuler les masses. Dans cet article nous analyserons les cinq premières stratégies telles qu’identifiées par Choamski. La première, celle de la distraction « consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. »

Regis Labeaume...

La seconde stratégie consiste à « créer des problèmes, puis offrir des solutions Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.»

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La troisième stratégie, est celle de la dégradation. « Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement. »

stevieLa quatrième stratégie est celle du différé. « C’est ainsi que la meilleure façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat (…) cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.» 

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La cinquième stratégie consiste à s’adresser au public comme à des enfants en bas-âge. En effet « la plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisant, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». 

non au grand prix

C’est ainsi que peu à peu l’étau se resserre sur les zombies et que s’installe peu à peu le royaume terrifiant de 1984.

Oitarp, Poète indigné, ce 3 juillet de l’An II du printemps érable

sylvain

nous sommes un

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Le retour des gaz de schiste au Québec

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Les Indignés du Québec sont préoccupés – Le gouvernement néolibéral qui gère la province de Québec vient de sonner la fin de la récréation en autorisant l’exploitation des gaz de schiste sur l’île d’Anticosti.  Selon Yves-François Blanchet ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs : «Il y a des gens qui veulent qu’on bloque carrément. Ce n’est pas mon but, ce n’est pas mon travail, ce n’est pas mon mandat».  L’exploration va donc continuer sur Anticosti avec la bénédiction du gouvernement, ce que les Alter Citoyens ont appelé: « Le vol du siècle » :

alter

M . Blanchet a donc confirmé que des travaux se poursuivront sur l’île d’Anticosti même si l’évaluation environnementale des risques liés à l’exploitation du pétrole et du gaz de schiste n’est pas complétée. «Je ne suis pas là pour dénoncer, condamner ou reprocher. Je suis là pour être un partenaire de prévisibilité pour les entreprises», a expliqué celui qui dit vouloir devenir un «partenaire» des entreprises pétrolières dans une en entrevue exclusive qu’il a accordée au Devoir.

non schiste

Bravo M, Blanchet la position de votre gouvernement est claire et limpide.  Vous êtes dans la lignée des grands leaders péquistes comme les André Boisclair, les Lucien Bouchard, les Pierre-Marc Johnson, les Claude Morin, les Raymond Bachand, les Pauline Marois, et tant d’autres. Tous ceux qui n’ont de cesse que de faire triompher les politiques néo-libérales.

pAULINE

En  attendant le 15 mai dernier le ministre Yves-François Blanchet du MDDEFP a déposé un projet de loi qui « formalise le moratoire sur l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste dans les basses-terres du Saint-Laurent » . La loi sera sera en vigueur jusqu’à l’adoption de la nouvelle loi sur les hydrocarbures .  Pour un plus d’infos cliquez ici

les Indignados

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par | juin 7, 2013 · 3:57

Entre la crainte et la haine

Les Indignés du Québec, tout comme Martin Godon, professeur de philosophie au Cégep du Vieux-Montréal, et Hadi Qaderi, professeur de sciences politiques, au Cégep de Maisonneuve s’interrogent sur la montée de la violence et omniprésence de l’état policier.

justice-aveugle

Être craint ou être haï ?

Lettre ouverte (6 juin 2013)

« Il est de mauvais exemple de ne pas observer une loi, surtout de la part de ceux qui l’ont faite et rien de plus dangereux pour ceux qui gouvernent une ville que de rafraîchir chaque jour les blessures faites au peuple. » 

Nicolas Machiavel, Le prince, chapitre 45.

Depuis un certain temps déjà on constate que la police de Montréal s’est enfermée dans une grammaire de la violence et de la brutalité.  De nombreux indices nous permettent de croire qu’il ne s’agit plus de dérapages occasionnels. Car la violence et la brutalité liées aux interventions de la police semblent être devenues systématiques, organisées.  Un peu comme on structure un discours lors qu’on veut être bien compris par un interlocuteur.  En prenant prétexte de la bonne marche des affaires, du calme requis par les nécessités du commerce et de l’utilisation sécuritaire des rues de Montréal, les agents ont poussé à l’extrême l’application du règlement P-6. Paradoxalement, une bonne part de la société civile et de la classe politique s’interroge sur la pertinence de ce règlement au point de souhaiter son abrogation.

15 mars 2013 a montreal

La grammaire de la violence déployée par les agents du SPVM conjugue le mot haine sous tous les aspects imaginables.  Cela se manifeste tout d’abord par l’usage immodéré de tout l’arsenal dont les policiers disposent : matraque, gaz et poivre mais aussi  coups de boucliers, coups de pieds, de poings, cheveux tirés, etc. Souvent, la force utilisée pour arrêter les manifestants est sans commune mesure face au peu de résistance opposé de la part des manifestants.

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On voit également cette violence dans l’usage des souricières et dans la manière de les appliquer. Faire poireauter les manifestants durant plusieurs heures, les privant de liberté, parfois de soins, les privant généralement d’eau et de l’usage de toilettes, ce sont là des formes de violence.  Depuis le mois de février 2013, les policiers ont adopté une nouvelle stratégie : de nombreuses manifestations sont prises en souricières dès le point de départ.  Ce langage de la répression semble donc exclure a priori la possibilité de manifestations pacifiques. Selon Machiavel, mieux vaut être craint qu’être haï (cf. Le Prince, chapitre 17). Or, les agissements des policiers à l’égard des manifestants non seulement ne suscitent ni le respect ni la crainte, mais produisent justement cette haine malfaisante, un ressentiment dont on ne peut rien attendre de positif.

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Enfin, on retrouve des traces de cette grammaire de la violence dans le comportement des anti-émeutiers.  Les sites de partage d’images et les différents réseaux sociaux fourmillent d’exemples de débordements policiers. Les articles 5 et 6 de leur code de déontologie sont transgressés cavalièrement, régulièrement. Ainsi les policiers insultent, jurent, masquent leur identité et montrent le plus grand mépris à l’égard de citoyens qui, pour la plupart, ne font qu’exprimer publiquement leur mécontentement.  Violence suprême, à l’égard des manifestants, la police semble avoir totalement perverti le principe du fardeau de la preuve : les manifestants seraient coupables a priori. Par l’usage répété de cette grammaire de la violence, le  SPVM transgresse sa mission fondamentale et se donne lui-même un rôle politique.

juristes

À plus ou moins brève échéance, cette grammaire de la violence ne peut produire qu’un système fermé, ne peut engendrer qu’une réponse à son tour violente et haineuse. Pas besoin d’être grand mage pour comprendre que la violence et la haine engendrent généralement la haine et la violence en guise de réponse.  En déployant de fois en fois cette grammaire de la violence, la police montréalaise crée un sentiment d’injustice puissant et c’est maintenant toute une génération qui conçoit de la haine envers la police. Veut-on vraiment cela pour notre société?  Un capital de colère et de haine, fondé sur un sentiment d’injustice qui pourra nourrir des années de tumultes sociaux? Jusqu’où faudra-t-il remonter dans l’histoire de l’humanité afin de faire comprendre aux policiers montréalais que créer la haine ne donne pas de bons résultats? Souvent l’intervention policière elle-même produit plus de désordre que ne le font les manifestants lorsqu’on les laisse déambuler en paix. Nous avons la conviction que la police pourrait procéder autrement tant dans l’encadrement des manifestations que par rapport à l’application de P-6.

L'Assemblée Nationale du Québec

L’Assemblée Nationale du Québec

La grammaire de la violence telle que déployée actuellement (à Montréal mais aussi en périphérie) ne favorise pas la concertation et le rapprochement avec les citoyens. Nous rappelons donc aux policiers qu’il existe une diversité d’approches.  La prévention et la résolution de problèmes ont inspiré des méthodes d’interventions alternatives qui ont fait leurs preuves.  En préférant ces outils à une violence déclinée sous toutes ses formes, les policiers chargés d’encadrer les manifestations deviendraient alors de véritables agents de la paix, ce qu’ils ont cessé d’être depuis plusieurs mois.

grenade-5-mars-montreal

Est-il nécessaire de rappeler à nos politiciens et aux supérieurs de la police que n’importe quel régime finit par tomber dès lorsqu’il se fonde sur la répression et la brutalité?

Martin Godon, professeur de philosophie, Cégep du Vieux-Montréal,
Hadi Qaderi, professeur de sciences politiques, Cégep de Maisonneuve


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