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France : chronique d’un génocide culturel annoncé

Pierre-Jacques Ratio

Pierre-Jacques Ratio

Depuis quelques années la société française subit un grave déclin culturel.  Partout le Globish règne en maître et le peuple français, trahit par ses élites, devient peu à peu un peuple anglo-galloricain. Pourtant, une poignée d’irrésistibles s’oppose à l’envahissement du franglish qui mine les bases mêmes de la société française. C’est ainsi qu’est né le prix de la «Carpette anglaise»; chronique d’un génocide culturel annoncé.

Qu’est-ce que prix de la « Carpette anglaise »?

 yes we canC’est un prix d’indignité civique décerné annuellement à un membre des élites françaises qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France et dans les institutions européennes au détriment de la langue française.

 Le prix de la Carpette anglaise distingue plus spécialement les déserteurs de la langue française qui ajoutent à leur incivisme linguistique un comportement de veule soumission aux diktats des puissances financières mondialisées, responsables de l’aplatissement des identités nationales, de la démocratie et des systèmes sociaux humanistes.

Liste des lauréats du prix de la Carpette anglaise : 1999 à 2014

2014 : M. Pierre Moscovici, membre de la Commission européenne pour avoir adressé à M. Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes publics, une lettre entièrement en anglais.

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2013 : Guillaume PÉPY, président de la SNCF, distingué pour ses éminents mérites en dévotion anglophone a reçu le prix 2013 de la Carpette anglaise. Après les Smiles, les TGV Family, et autres médiocrités linguistiques.
2013 (prix exceptionnel) : Mme Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, pour avoir, dans la lignée de Mme Valérie Pécresse (« carpettée » en 2008) et malgré de nombreuses mises en garde, légalisé en maintenant l’article 2 de son projet de loi l’enseignement en anglais
2012 : M. Frédéric Cuvillier, ministre délégué chargé des Transports, pour avoir déclaré, selon Le Parisien, que, dans le domaine
du transport, « l’anglais devrait être la langue de rédaction des documents officiels harmonisés ».
2011 : M. Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, pour promouvoir avec vigueur l’usage de la langue anglaise de la maternelle aux grandes écoles et pour faire de la télévision publique en anglais aux heures de grande écoute (sous-titré en français)
ywc2010 : Mme Martine Aubry, premier secrétaire du Parti socialiste, et à ses conseillers en communication, pour leur recours systématique à des slogans anglo-saxons.

oui 2009 : M. Richard Descoings, directeur de l’Institut d’études politiques de Paris, pour imposer des enseignements uniquement en langue anglaise dans certaines filières proposées et pour correspondre en anglais avec le lycée français de Madrid.
2008 : Mme Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, pour avoir déclaré que le français était une langue en déclin et qu’il fallait briser le tabou de l’anglais dans les institutions européennes.
2007 : Mme Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances, qui communique avec ses services en langue anglaise, par huit voix contre quatre àM. Jean-Marie Bockel, secrétaire d’État à la Francophonie, qui a publiquement célébré les futurs bienfaits du protocole de Londres.
2006 : Le Conseil constitutionnel pour « ses nombreux manquements à l’article 2 de la constitution qui dispose que la langue de la République est le français » et pour avoir « déclaré conforme à la constitution le protocole de Londres sur les brevets, permettant ainsi à un texte en langue anglaise ou allemande d’avoir un effet juridique en France ».
2005 : France Télécom, opérateur de téléphonie présidé par Didier Lombard, pour la mise en place de services et produits aux dénominations anglaises (« BusinessTalk, Live-Zoom, Family Talk… »), désigné par huit voix contre quatre pour Yves Daudigny, président du conseil général de l’Aisne pour sa campagne publicitaire en anglais « L’Aisne, it’s Open ! ».
2004 : Claude Thélot, président de la Commission du débat national sur l’avenir de l’école, pour avoir considéré « l’anglais de communication internationale »comme un enseignement fondamental, à l’égal de la langue française, et avoir préconisé son apprentissage par la diffusion de feuilletons américains en VO sur les chaînes de la télévision française.

you ganna love france
2003 : le Groupe HEC, dont le directeur général, Bernard Ramanantsoa, a déclaré en décembre 2002 : « Dire que le français est une langue internationale de communication comme l’anglais prête à sourire aujourd’hui ».
2002 : Jean-Marie Colombani, directeur de la publication du Monde qui publie sans la moindre réciprocité, et à l’exclusion de toute autre langue, un supplément hebdomadaire en anglo-américain tiré du New York Times.
2001 : Jean-Marie Messier, PDG de Vivendi Universal, pour avoir systématiquement favorisé l’anglais comme langue de communication dans ses entreprises.
2000 : Alain Richard, ministre de la Défense, pour avoir obligé les militaires français à parler anglais au sein du Corps européen alors qu’aucune nation anglophone n’en fait partie.
1999 : Louis Schweitzer, PDG de Renault, pour avoir imposé l’usage de l’anglo-américain dans les comptes rendus des réunions de direction de son entreprise (juste devant Claude Allègre, sélectionné pour avoir déclaré à La Rochelle, le 30 août 1997, « Les Français doivent cesser de considérer l’anglais comme une langue étrangère »).

 Lauréats du prix spécial du jury à titre étranger (prix créé en 2001) :

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2014 : Mme Paula Ovaska-Romano , directrice du Département des langues et directrice par intérim de la Direction générale de la traduction de la Commission européenne, pour avoir violemment tancé en anglais une responsable associative qui la sollicitait en italien et avoir qualifié, à cette occasion, l’italien de « langue exotique ».
2013 : Tom Enders, président exécutif d’EADS et grand organisateur de la politique linguistique du tout en anglais dans son groupe, qui a trouvé (dis)grâce aux yeux du jury. L’Académie a tenu à lui décerner son prix spécial à titre étranger pour avoir annoncé, en anglais seulement, à tous les salariés allemands, espagnols et français de la branche « défense et espace », un vaste plan de licenciements par une vidéo…
2012 : l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII) et à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) pour la campagne publicitaire « Say oui to France – Say oui to innovation », qui promeut la France à l’étranger en utilisant un anglais de pacotille comme seul vecteur de communication, au lieu de s’adresser dans la langue des pays intéressés par cette campagne.

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2011 : compagnie Ryanair, présidée par M. Michael O’Leary, pour avoir imposé, en Espagne, aux femmes enceintes de plus de vingt-huit semaines un certificat médical exclusivement rédigé en anglais, y compris pour les vols intérieurs (menaçant de ne plus desservir les aéroports ne se pliant pas à cette exigence). (AFP, Madrid, 13 septembre 2011.).
2010 : M. Paul Kagamé, président de la République du Rwanda, pour avoir imposé dans son pays le passage du français à l’anglais comme langue officielle et comme langue de l’enseignement, et pour avoir quitté l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie) pour adhérer au Commonwealth.
2009 : M. Jean-Louis Borloo, ministre d’État, ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer, pour avoir signé, le traité de l’IRENA (International Renewable Energy Agency) dont la seule langue de travail est l’anglais.
2008 : Eurostat, service des statistiques de la Commission européenne, qui diffuse depuis avril 2008 sa publication « Statistiques en bref » uniquement en anglais, renonçant aux langues allemande et française.
2007 : la police de Genève, pour avoir diffusé une publicité intitulée « United Police of Geneva ».
2006 : Ernest-Antoine Seillière, président de l’Union des industries de la communauté européenne, pour avoir prononcé un discours en anglais au Conseil européen à Bruxelles en mars 2006.
2005 : Josep Borrell, président du Parlement européen, pour avoir avantagé l’anglais lors d’une session de l’assemblée parlementaire Euro-Méditerranée qu’il venait de présider à Rabat au Maroc sans prévoir la traduction des documents de travail.

yes we can
2004 : Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, élu pour avoir présenté en anglais la politique de l’établissement devant le Parlement européen de Strasbourg et avoir déclaré lors de sa prise de fonction « I am not a Frenchman ».
2003 : Pascal Lamy, élu pour son utilisation systématique de l’anglais dans ses fonctions de commissaire européen, au mépris des règles communautaires.
2002 : Romano Prodi, président de la Commission européenne, qui n’a jamais manqué une occasion de promouvoir la langue anglaise comme langue unique au mépris des règles communautaires, comme l’ont montré l’affaire de l’étiquetage en anglais des produits alimentaires, et l’imposition de l’anglais comme langue unique de négociation pour l’élargissement européen.
2001 : La société Lego, fabricant danois de jouets pour enfants, qui présente ses produits en France et dans le monde uniquement en anglais sous les expressions « explore being me », « explore together », « explore logic » et « explore imagination ».

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Source : DDLF ,

Illustrations Super Dupont et Les indignés du Québec

Pour aller plus loin LAcadémie de la Carpette anglaise

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Les Québécois parlent aux Français

Depuis dix ans, 30 000 immigrants Français se sont établis au Québec.  On les entend parler partout dans les rues de Montréal, de Québec, de Gatineau, du Saguemay ou dans les bars de la Gaspésie.  Depuis les trois dernières années leur nombre est en augmentation rapide et a plus que doublé en dix ans (+ 113 %).

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Selon les chiffres du Consulat général à Montréal la communauté inscrite qui s’élève à plus de 50.000 personnes, a également connu une forte croissance (+ 45 %) au cours des dix dernières années. Les deux tiers des français installés au Canada,  s’installent au Québec et 100 000 d’entre-eux vivent à  Montréal, et le e nombre des « non-inscrits » est évalué à 10 000.

Les Indignés du Québec se sont demandés ce qui pousse  tant de Français à quitter leurs pays pour venir s’installer chez nous en si grand nombre ?  Et que pensent les Québécois  de ce regain d’intérêt de la part des gens de l’Hexagone. Pour répondre à cette question  nous vous proposons de visionner une série de films, dont le premier intitulé « La France en face », se passe dans une France qui fait face à la mondialisation et ou 60% des gens vivent en état de subsistance. Dans ce pays, 40% de la population vit dans 25 villes où  sont concentrées les cadres, les techniciens spécialisés et l’essentiel des immigrés. C’est là que 80% du PIB du pays est produit. Hors de ces villes, dans le reste de la France, se retrouvent des millions d’employés et d’ouvriers, qui constituent la «France des fragilités». Ils vivent dans la précarité et constatent le fossé grandissant qui les sépare des urbains entrés dans l’ère numérique.

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À la lueur de ce reportage on comprend mieux ce qui peut pousser nos cousins à se pointer chez nous. Mais qu’en est-il vraiment de l’expérience des Français au Québec ?   Olivier Zimmermann, Fabrice Luchini, Lorenzo Sterzi, Gilles Proulx et Richard Lehir dans le film intitulé « Le Québec parle aux Français » s’interrogent sur le phénomène en abordant le parcours d’un Français au Québec.  Présenté sous forme de sept reportages « Le Québec parle aux Français » aborde les thèmes de l’arrivée, de la langue française, de l’Identité, de la géographie (Entre fleuve et montagne), de l’économie, de la politique et finalement du départ. A travers ces rencontres et ces témoignages c’est le portrait d’un Québec en réflexion qui apparaît.

« 1- L’arrivée »  

1

« 2- La Langue française »  

2

« 3- L’identité »

3

 « 4- Entre fleuve et montagne »  

4

« L’économie »

5

 « La politique »  

6

« Le départ »  

7

république

Albert

 

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