Archives de Tag: laïcité

La police de Montréal et les signes religieux

    Léna Anishnabeg

Alors que s’amorcent les prochaines élections québécoises, l’éternel débat sur la laïcité de l’état refait surface pour une énième fois.  Pressé de définir la position de son gouvernement, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard a déclaré « On va de l’avant avec les véritables enjeux, les véritables enjeux des véritables citoyens du Québec ».

Ce à quoi le chef de l’opposition, Jean-François Lisée, a répondu : « le travail [sur le port des signes religieux] n’a pas été fait par les libéraux, il faut que Québec se branche ».  Du côté de la CAQ  le député François Bonnardel a déclaré « Je suis écœuré de voir le premier ministre regarder de haut la population en leur disant : parce que vous ne pensez pas comme moi, vous n’êtes pas des vrais Québécois ».

La position de Québec Solidaire sur le sujet est plus ambiguë et plus difficile à saisir. En effet, comme l’a rapporté Radio Canada «Vincent Marissal avait déclaré qu’il ne voyait pas de problème à voir un policier porter un signe religieux, alors qu’Eva Torres refuse de dire qu’elle est contre le port de signes religieux chez les personnes en situation d’autorité.»  Cette position devra être éclaircie car elle est en contradiction flagrante avec la position adoptée par QS dans la charte de la laïcité de l’État québécois déposée en 2013 à l’Assemblée nationale par Françoise David. En attendant, les internautes et les caricaturistes s’en donnent à cœur joie mais la question n’est toujours pas réglée…

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Le Québec une province laïque ? Vous voulez rire !

Les politiciens n’en finissent plus de se refiler la patate chaude de la laïcité. Dix ans après la Commission Bouchard-Taylor le gouvernement Couillard vient, encore une fois de se mettre les pieds dans les plats, en adoptant le projet de loi 62 sur la laïcité.  Cette nouvelle loi qui a suscité l’indignation chez nos compatriotes ontariens prévoit que les services publics doivent être donnés et reçus à visage découvert, autant dans les transports en commun que dans les hôpitaux.  Elle permet également  d’obtenir des accommodements raisonnables.

Cette politique est d’autant plus curieuse puisqu’aucune photo ne permet d’identifier le titulaire d’un titre de transport en commun. Selon la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée la nouvelle loi  prescrit : L’obligation du visage découvert (…) pour la durée de la prestation de service, pas seulement pour la femme voilée, mais pensons aussi à ceux qui ont le visage couvert (…) par des cagoules ou des verres fumés» et des bandanas…

Cette loi inique, en plus de stigmatiser les femmes voilées, déborde de son sens premier en stigmatisant également les personnes cagoulées, celles qui portent des verres fumés ou des bandanas dans les transports en communs. Position difficilement défendable dans un pays où l’on peut voter avec un masque lors des élections fédérales! De plus la nouvelle loi ne sur la laïcité se garde bien de se prononcer sur le crucifix de l’Assemblée Nationale,  un signe religieux jugé patrimonial par le gouvernement du Parti Québécois, mais qui n’a fait son apparition à l’Assemblée Nationale en 1936, pour souligner l’alliance étroite entre l’Église et l’État québécois.

Au Canada on peut voter déguisé, mais les femmes voilées, celles qui portent des verres fumés ou des bandanas doivent avoir le visage découvert dans les trans-ports en communs

Au Canada on peut voter déguisé, mais les femmes voilées, ceux qui portent des verres fumés ou des bandanas doivent avoir le visage découvert dans les trans-ports en communs

Le gouvernement fédéral a ouvert la porte à une éventuelle contestation judiciaire. En effet le premier ministre Trudeau  a déclaré à Alma : «Je sais que les gens s’attendent à ce que je défende la Charte des droits. Le gouvernement va étudier attentivement ce qui est proposé et il va prendre ses responsabilités»…

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Signez la pétition pour faire retirer le programme Éthique et culture religieuse, de nos écoles

religionDepuis 2008 le programme Éthique et culture religieuse (ECR) est un programme obligatoire enseigné dans les écoles primaires et secondaires québécoises. Ce programme constitue un véritable outil de  promotion des religions allant ainsi à l’encontre de son objectif  premier de non-confessionnalité et de laïcité.

Si vous souhaitez faire retirer ce programme de nos écoles vous pouvez signer la pétition intitulée Retrait du volet « culture religieuse » du cours Éthique et culture religieuse

Cette pétition est en ligne jusqu’au 30 novembre 2016

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L’Association Québécoise des Nord Africains pour la Laïcité dénonce les politiques de QS sur «l’islamophobie»

Sophie Doucet

Sophie Doucet

L’Association Québécoise des Nord Africains pour la Laïcité (AQNAL), dénonce les politiques de QS sur «l’islamophobie» suite à  la  motion déposée par Québec solidaire à l’Assemblée Nationale. Selon Françoise David cette motion  vise à « condamner l’islamophobie, les appels à la haine et à la violence envers les Québécois les représentants de l’Assemblée  confession musulmane.  Pour sa part l’AQNA souligne qu’au «Québec, ce sont les Islamistes qui se disent victimes de rejet, qui refusent le mode de vie de la société d’accueil et culpabilisent toutes celles et tous ceux qui refusent leurs règles et qui critiquent leurs pratiques d’un autre temps».

motion

 Un texte de Nadia El-Mabrouk pour L’Association Québécoise des Nord Africains pour la Laïcité.

«Au nom de l’Association Québécoise des Nord Africains pour la Laïcité (AQNAL), nous tenons à réagir à la motion que vous avez fait adopter à l’Assemblée nationale ce matin. Nous vous remercions de cette volonté d’appel à la cohésion sociale. Qui ne serait d’accord avec ce principe? Merci de rappeler également que les Québécois et Québécoises de confession musulmane, et d’ailleurs de toutes confessions, ou même sans confession, sont tous des citoyens du Québec. Lors de notre comparution à la commission parlementaire sur le projet de Loi 59, nous avons d’ailleurs insisté pour que nous soyons reconnus en tant que citoyens Québécois d’origines nationales diverses, et non en fonction de notre religion.

Nous constatons que, sous couvert de protection des minorités, vous faites des amalgames qui ne sont pas acceptables. En effet, si l’idée est de dénoncer le fait que l’assermentation à visage voilé prendrait trop de place dans les débats électoraux fédéraux,  pourquoi alors ne pas parler uniquement du niqab dans cette motion? Quel lien avec le problème épineux et mondial des réfugié-es syriens, pour lequel d’ailleurs aucune solution politique simple n’existe, ni ici, ni ailleurs.

Vous parlez ensuite d’augmentation du nombre de vidéos et de déclarations à caractère islamophobe et raciste qui fusent sur les réseaux sociaux. De quelles déclarations et vidéo parlez-vous exactement? Il y a sur les réseaux sociaux toutes sortes de discours à caractère haineux. Là encore, nous nous éloignons du niqab. Cependant, nous nous rapprochons de deux concepts clé que vous avez réussi à introduire à l’Assemblée nationale aujourd’hui : l’islamophobie et la lutte aux discours haineux. Voilà qui nous ramène au projet de Loi 59 qui a été décrié, presque à l’unanimité en commission parlementaire, comme un projet qui va à l’encontre des assises d’un pays libre et démocratique. Nombre de personnes et de groupes, dont nous-même, avons présenté des arguments à l’effet qu’une telle loi serait plus apte à protéger les islamistes radicaux qu’à protéger la société contre eux. Malheureusement, vous n’étiez pas présente, ni aucun autre représentant de votre parti, pour entendre nos préoccupations.

Mais ce qui nous choque encore plus c’est que vous ayez introduit, aujourd’hui, à l’Assemblée nationale du Québec, le mot islamophobie. Nous tenons à réagir sur l’utilisation erronée, abusive et non-fondée de ce terme. On lui doit l’une des confusions sémantiques et politiques  les plus graves de notre époque : faire croire que résister au fanatisme relève du racisme. Or, c’est un concept fumeux, qui a été créé pour limiter toute vigilance envers l’Islamisme et intimider ceux qui critiquent cette idéologie.  Plutôt que de s’en prendre à ceux qui ont peur de l’islam, il faudrait se tenir debout devant ceux qui créent cette peur, ceux qui manipulent la démocratie, qui utilisent les chartes du Canada pour faire avancer leur projet d’Islam politique. Il n’est pas difficile de voir que les femmes en niqab font partie de cette catégorie de citoyens qui provoquent les institutions du Québec et du Canada.

Au Québec, ce sont les Islamistes qui se disent victimes de rejet, qui refusent le mode de vie de la société d’accueil et culpabilisent toutes celles et tous ceux qui refusent leurs règles et qui critiquent leurs pratiques d’un autre temps. Ce sont eux, pas nous, pourtant provenant de la même sphère culturelle et religieuse, qui se disent victime d’islamophobie. La majorité des musulmans est victime collatérale, mais directe, de ce concept d’islamophobie.

GARD

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Philippe Couillard, l’ambassadeur de la grande obscurité

Pierre-Jacques Ratio

Pierre-Jacques Ratio

Pour célébrer le 375eme anniversaire de Montréal, le premier ministre Philippe Couillard s’est permis une escapade dans le plus petit pays du monde où il a été reçu en audience publique par François 1er, chef de l’État du Vatican. Au cours de cette rencontre qui a duré moins d’une minute, M. Couillard a remis une invitation au pape François de la part du maire Denis Coderre pour souligner les fêtes du 375e anniversaire de Montréal. Le premier Ministre était accompagné de son épouse, Suzanne Pilote, qui portait pour l’occasion une mantille archaique semblable à celle que les femmes portaient dans la Province de Québec à l’époque de la Grande noirceur.

L’ambassadeur de la grande obscurité

Ce geste politique du premier ministre Couillard suscite un certain nombre de questions qui remettent en cause la laïcité même et la modernité de l’État québécois. Outre le fait que l’on puisse s’interroger sur la pertinence de fêter un 375eme anniversaire, on doit s’interroger sur la pertinence même de cette invitation. En tant que premier ministre du Québec, M. Couillard se doit d’incarner la laïcité de l’État et mettre en pratique ses propres principes, lui qui affirmait tout récemment que « Personne ne croit que le Québec est un État religieux»(1). 

Pope Francis exchanges gifts with Quebec Premier Philippe Couillard, right, flanked by his wife Suzanne Pilote, during the pontiff's weekly general audience in St. Peter's Square at the Vatican, Wednesday, May 27, 2015. (L'Osservatore Romano/Pool Photo via AP)

Le pape François en compagnie de Philippe Couillard et de son épouse Suzanne Pilote, en audience sur la Place Saint-Pierre au Vatican, le 27 mai 2015. (L’Osservatore Romano/Pool Photo via AP)

Loin de se garder un droit de réserve face à la religion le premier ministre a déclaré  ne pas être d’accord avec l’affirmation que la religion soit en perte de vitesse au Québec tout en rappelant «l’enthousiasme» autour de la visite de Jean-Paul II en 1984. Le pape François a t-il déclaré «est aimé à travers le monde. L’image de simplicité qu’il dégage, les gens y sont très sensibles». (2) On se croirait presque revenu sous Maurice Duplessis, quand l’État québécois se prostituait avec l’église catholique et que le premier ministre Duplessis lui-même déclarait au bon peuple soumis « Le ciel est bleu et l’enfer est rouge! » 

Quand le premier ministre Duplessis etl'État québécois se prostituaient avec l'église catholique Duplessis

Quand le premier ministre Duplessis et l’État québécois se prostituaient avec l’église catholique

Une visite papale en pleine période d’austérité ?

Alors que le gouvernement Couillard claironne sous tous les tons que nous vivons une période d’austérité et que nous devons nous serrer la ceinture, on doit s’interroger sur le coût d’une telle visite ?

Rappelons qu’en 1984 la tournée québécoise de Jean-Paul II avait coûté 58 millions $; dont 8 millions $; assumé par le Québec, et une cinquantaine de millions de dollars  épongés par Ottawa. (3)

Nécessité de compléter la démarche historique de laïcisation

Ce dérapage d’un premier ministre provincial, illustre bien la nécessité de compléter la démarche historique de laïcisation du Québec, telle que préconisée en 2010 par le collectif Les Intellectuels pour la laïcité, qui préconisait que « Pour être véritablement neutre, l’État doit se déclarer neutre. L’État ne doit favoriser aucune religion ou option spirituelle et, réciproquement, le religieux doit s’interdire toute emprise sur l’État et ses institutions. C’est ce que signifie, au premier titre, la notion de laïcité. » Elle implique également l’urgence de faire du Québec un État moderne, indépendant et libéré du carcan religieux symbole d’une époque révolue.

Durant la grande noirceur en 1945

Durant la grande noirceur en 1945

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4,2 millions $ dépensés pour deux croix ?

Charles de Lorimier

Charles de Lorimier

Dans la Province de Québec les croix ça coûte cher! En effet, entre les restaurations de la croix du Mont-Royal, et l’argent dépensé pour changer les lumières de la croix de Sainte-Adèle les contribuables du Québec continuent à faire les frais de tout ce délire religieux.

À Saint-Adèle, la Cour supérieure vient de condamner un propriétaire  à laisser passer les employés municipaux sur son terrain pour qu’ils effectuent l’entretien de la croix de la Ville, après un procès de 18 jours qui aura coûté 2 M$ de frais juridiques aux contribuables et 1,5 M$ au citoyen.

Cette saga s’inscrit dans la lignée de la croix du Mont-Royal qui remonte à septembre 2007.  On se rappellera qu’à cette époque où l’on se questionnait sur la laïcité dans les espaces publics, la Ville de Montréal avait annoncé qu’elle entreprendrait des travaux majeurs de 1,5 M$ pour garder debout la croix du mont Royal. La conseillère municipale et mairesse du Plateau-Mont-Royal, Helen Fotopulos, responsable du développement du mont Royal, avait confirmé la nouvelle au Journal de Montréal.  Trois ans plus tard, en 2010, le conseil d’agglomération de Montréal votait l’attribution d’un contrat de 700 000 $ pour la troisième phase de la restauration de la croix du mont Royal, entamée en 2006.  Suite à l’attribution de ce contrat le conseiller Alex Norris, de Projet Montréal, soulignait que les honoraires de Géniplus, entreprise qui supervisait « les travaux, sont passés de 162 500 $ à 410 500 $ depuis le lancement du projet». Les journaux s’emparèrent un temps de l’affaire et le journal La Presse titra Réfection de la croix du mont Royal: la Ville s’apprête à payer le double .

Credit : © David Giral

Credit : © David Giral

Dans la province de Québec, le patrimoine ça n’a pas de prix !

Pour la petite histoire rappelons que la croix du Mont-Royal a été érigée en 1924 par la Compagnie Dominion Bridge selon les plans de Pierre Dupaigne, prêtre sulpicien, sous la surveillance des architectes Gascon et Parent. J.-A. Saint-Amour fut chargé de l’illumination du monument et  la Montreal Light, Heat and Power fournit l’électricité gratuitement. La croix du Mont-Royal illumina pour la première fois le ciel de Montréal le 24 décembre 1924.

En 1992, dans le cadre des fêtes du 350e anniversaire de la fondation de Montréal, le système d’éclairage a été remplacé par un système à fibre optique. Son inauguration a eu lieu le 15 mai 1992. L’avantage de ce nouveau système est de pouvoir modifier la couleur de l’illumination sans avoir à changer manuellement toutes les ampoules ce qui prenait deux heures auparavant.  Quel progrès merveilleux, mais un peu cher quand même ! Quant à la croix de Saint-Adèle la chicane juridique a coûté jusqu’ici  2 millions de dollars de frais juridiques aux contribuables et 1,5 million à l’homme d’affaires, selon les informations transmises au Journal de Montréal.

0 22 avril 2012  fin de la manif la main

 

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La neutralité de l’État comporte des exigences

La neutralité de l’État s’exprime par la neutralité de l’image donnée par ses représentants et ses agents, qui doit être réelle et apparente. Ces derniers doivent donc éviter d’afficher leur appartenance religieuse, philosophique ou politique. L’idée selon laquelle la laïcité s’impose aux institutions et non aux individus qui y œuvrent est un faux-fuyant conduisant à nier le principe de laïcité.  Les Indignés du Québec vous invite à participer

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                                                                                                                PARTICIPEZ EN GRAND NOMBRE !

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Le tchador à l’Assemblée nationale du Québec ?

Fatima Houda-Pepin députée libérale de La Pinière s’inquiète des propos de son collègue Marc Tanguay sur le port du tchador à l’Assemblée nationale, Dans une lettre titrée « Je suis libérale et fédéraliste et je suis contre le tchador à l’Assemblée nationale », Madame Houda-Pepin, a fortement réagit aux propos de son collègue Marc Tanguay sur le port du tchador à l’Assemblée Nationale.

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« Je suis libérale et fédéraliste et je suis contre le tchador à l’Assemblée nationale  »

C’est la goutte qui a fait déborder le vase. Je suis sidérée, blessée et choquée de ce que j’ai lu dans La Presse et le Devoir du 12 novembre dernier, une déclaration de mon collègue Marc Tanguay, porte-parole de l’opposition officielle en matière de laïcité, sous le titre « Les candidates libérales pourront porter le tchador au prochain scrutin ». Pour être une assidue du caucus des députés libéraux, un tel positionnement n’y a jamais été discuté.

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Femmes portant le tchador

Je le cite au texte « On ne peut jouer dans les limitations des libertés, et cette personne qui se fait élire (avec son tchador) aurait tout à fait le droit et la légitimité démocratique d’être assise à l’Assemblée nationale » Mais avant qu’une « libérale » portant un tchador puisse siéger à l’Assemblée nationale, il faut qu’elle soit candidate, et pour être candidate, il faut qu’elle y soit autorisée, par écrit, par le chef du parti libéral du Québec. Est-ce que c’est ça le modèle de l’égalité hommes-femmes que le parti libéral du Québec veut maintenant présenter à la face du Québec ? Est-ce que les Québécoises ont fait tout ce chemin pour en arriver à prendre comme modèle de l’égalité hommes-femmes celui de l’Arabie Saoudite ou de l’Iran des Ayatollahs ? 

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Nikab Une femme portant le nikab en Arabie Saoudite

Je me questionne. Suis-je encore dans le Parti libéral dont les élites politiques et intellectuelles se sont relayées pendant un siècle, pour mener un combat courageux pour la séparation de l’Église et de l’État au Québec ? Suis-je encore au parti libéral d’Adélard Goudbout qui a accordé aux Québécoises le droit de vote et d’éligibilité des femmes, un droit gagné de haute lutte par les suffragettes et les militantes libérales ? Suis-je encore au Parti libéral du même Adélard Godboult qui a institué l’école obligatoire forçant les parents de toutes les régions du Québec à scolariser leurs enfants – garçons et filles – ? Suis-je encore au Parti libéral du Québec de la Révolution tranquille qui a fait élire la première femme députée à l’Assemblée législative, Marie-Claire Kirkland qui a mis fin à la tutelle des femmes en faisant adopter la loi sur la capacité juridique de la femme mariée ?

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Claire Kirkland Casgrain

Quand on connaît la signification du tchador et de sa variante afghane, le tchadri, comment peut-on justifier l’acceptation d’un tel symbole dans ce haut lieu de notre démocratie qu’est l’Assemblée nationale ? Je suis libérale et fédéraliste et je refuse toute dérive vers le relativisme culturel sous couvert de religion, pour légitimer un symbole, comme le tchador qui est l’expression même de l’oppression des femmes, en plus d’être la signature de l’intégrisme radical. Est-il nécessaire de rappeler que le Parti libéral du Québec a déjà limité la liberté d’expression (liberté fondamentale) en matière d’affichage commercial, par voie législative, et qu’il a même eu recours à la clause nonobstant pour soustraire sa Loi à la Charte des droits et libertés de la personne du Québec et à la Charte canadienne des droits et libertés. Oui, en démocratie, il est permis d’interdire, quand l’intérêt public l’exige. L’égalité hommes-femmes est un droit fondamental qui demeure un acquis fragile à l’ère des intégrismes qui caractérise notre siècle, Il faut le protéger et le défendre et non le mettre en péril. »

Les Indignés du Québec remercient Madame Houda-Pepin pour son courage politique et souhaitent que sa position héroïque contribuer à éclairer son parti et à le sortir de l’errance politique qui le caractérise. Depuis trop longtemps en effet le « Parti libéral du Québec s’oppose par ses positions purement électoralistes a des position qui l’ont amené à limiter « la liberté d’expression (liberté fondamentale) en matière d’affichage commercial, par voie législative, et qu’il a même eu recours à la clause nonobstant pour soustraire sa Loi à la Charte des droits et libertés de la personne du Québec et à la Charte canadienne des droits et libertés » Merci Madame de votre droiture. Oui, vous avez raison, en démocratie, il est permis d’interdire, quand l’intérêt supérieur de la nation l’exige.

René Lévesque

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Les Femen québécoises et la laïcité

Le projet de charte de laïcité suscite bien des réactions dans la population québécoise, qui découvre peu à peu le mouvement Femen, un organisme  féministe qui a vu le jour en 2008 en Ukraine et dont on peut suivre l’historique dans le documentaire controversé intitulé « FEMEN : Nos seins, nos armes »

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Le mouvement soulève la polémique en s’en prenant à ceux et celles qui parlent au nom de « Dieu »

nos seins 

 Récemment le mouvement Femen québécois s’est invité à la marche des Janette en appui à la charte de la laïcité 

Femen Québec

Indisposées par la présence du crucifix à l’Assemblée Nationale, des militantes Femen se sont présentées au siège du gouvernement du Québec pour dénoncer cet état de fait.    La manifestation a été organisée par le groupe Femen Québec, qui a expliqué à Radio-Canada que trois manifestantes de Montréal s’étaient rendues à l’Assemblée nationale pour ce coup d’éclat.

 Désabillons nous !

Les Femen regroupent des femmes issues de toutes les cultures religieuses, chrétiennes, musulmanes, juives et païennes qui réclament la libre possession de leur corps et de leur féminité. Selon sa porte-parole, le groupe n’a pas de position ferme sur la Charte des valeurs québécoises.

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Au Québec le mouvement sucsite  l’intéret des intellectuels

Constitution

Les FEMEN : une histoire à suivre ….

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Pour un Québec laïque et pluraliste

Les Indignés du Québec se joignent à la Coalition laïcité Québec (CLQ) qui regroupe des citoyens de tous horizons politiques, de toutes origines et de tout âge, rassemblés autour du principe de laïcité comme projet d’avenir pour la société québécoise. Le débat de société actuel pose la question de savoir quelle société nous voulons pour demain. Nous estimons que le devenir d’une société ne peut se fonder sur l’exacerbation des différences, mais bien sur l’adhésion à un socle commun de valeurs citoyennes.

Nous faisons nôtre la Déclaration pour un Québec laïque et pluraliste publiée en 2010 par le collectif Les Intellectuels pour la laïcité. Nous en reprenons les principes essentiels, dans l’optique des orientations gouvernementales déposées par le gouvernement du Québec.

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1. Nécessité de compléter la démarche historique de laïcisation

Pour être véritablement neutre, l’État doit se déclarer neutre. L’État ne doit favoriser aucune religion ou option spirituelle et, réciproquement, le religieux doit s’interdire toute emprise sur l’État et ses institutions. C’est ce que signifie, au premier titre, la notion de laïcité. La laïcité a également des composantes de nature individuelle: la liberté de conscience et de religion. En ne favorisant aucune religion et en protégeant la liberté de conscience, l’État laïque se trouve à garantir le pluralisme religieux et sociétal. Reconnaître la laïcité, c’est confirmer que nous vivons dans un État de droit, où tous les citoyens et citoyennes sont égaux et où la liberté de conscience a droit de cité tout autant que la liberté de religion.

Notre législation souffre d’un déficit en cette matière puisque la laïcité de l’État n’est affirmée nulle part, tandis que la liberté individuelle de religion est constitutionnalisée. Cela génère un déficit démocratique. Le principe de la séparation des religions et de l’État a été érigé à la pièce par les tribunaux et si la laïcité n’est pas reconnue et enchâssée dans nos lois rien n’empêcherait que ce principe soit un jour déconstruit à la faveur de revendications contraires ou de nouvelles interprétations juridiques. Ainsi, loin d’être une négation du pluralisme, la laïcité en constitue le socle. Elle est la seule voie d’un traitement égal et juste de toutes les convictions parce qu’elle n’en favorise ni n’en accommode aucune, pas plus l’athéisme que la foi religieuse. Le Rassemblement pour la laïcité appuie donc l’intention du gouvernement du Québec de se doter d’une loi établissant le caractère laïque de l’État et de ses institutions et d’enchâsser cette affirmation dans la Charte des droits et libertés de la personne afin de lui assurer une portée quasi constitutionnelle.  La laïcité étant aussi une condition essentielle à l’égalité entre hommes et femmes, le Rassemblement estime également que la gestion des demandes d’accommodements religieux dans un contexte laïque doit être étroitement liée au respect de ce principe d’égalité comme le prévoit le document d’orientations gouvernementales.

La grande noirceur
2. La laïcité fait partie du patrimoine du Québec. 
L’idée de la séparation de l’État et des Églises figurait déjà dans la Déclaration d’indépendance de 1838 proclamée par les Patriotes. Le principe a par la suite été défendu par l’Institut canadien avec les Papineau, Dessaulles, Doutre et Buies. Plus tard, le premier ministre Adélard Godbout et son ministre Télesphore-Damien Bouchard tiendront tête à l’Église catholique en accordant le droit de vote aux femmes et en adoptant une loi sur l’instruction publique obligatoire. En 1975, le Québec adopte la Charte des droits et libertés de la personne qui reconnaît la liberté de conscience et l’égalité des religions, deux notions essentiellement laïques. Plus récemment, la déconfessionnalisation des structures scolaires a été complétée grâce à la renonciation des catholiques et des protestants à leurs droits constitutionnels. La laïcité fait donc partie du paysage historique, voire du patrimoine historique québécois et ces acquis caractérisent le Québec moderne. Il importe maintenant de compléter la dernière phase de ces avancées démocratiques.

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3. La neutralité de l’État comporte des exigences.
La neutralité de l’État s’exprime par la neutralité de l’image donnée par ses représentants et ses agents, qui doit être réelle et apparente. Ces derniers doivent donc éviter d’afficher leur appartenance religieuse, philosophique ou politique. L’idée selon laquelle la laïcité s’impose aux institutions et non aux individus qui y œuvrent est un faux-fuyant conduisant à nier le principe de laïcité.  Tous les citoyens usagers doivent pouvoir se reconnaître dans l’État et l’État se doit d’être la voix de tous les citoyens. Entre le droit à l’expression religieuse et le droit du public à un service respectant les convictions de tous, c’est le second qui doit primer dans les institutions publiques.

Le port de signes ou de vêtements religieux ne fait par ailleurs pas partie de la liberté de religion telle que reconnue par la Déclaration universelle des droits de l’homme qui limite cette liberté au droit d’avoir une religion, de la transmettre et d’en pratiquer les rites (article 18). Fondés sur ce même article, les jugements du Tribunal européen des droits d’homme ont donné raison aux États laïques qui ont proscrit le port de signes religieux de la part de leurs employés.
Religieuses 1945
4. Aménagements transitoires
Le Rassemblement reconnaît qu’il puisse être nécessaire pour certaines institutions de bénéficier d’une période de transition pour la mise en œuvre des dispositions proscrivant le port de signes religieux. Une telle disposition est préférable à un droit de retrait renouvelable qui risque d’être porteur d’inégalité et d’incohérence. Si la neutralité passe par les individus, elle passe aussi par l’aménagement des lieux. Pour cette raison, le Rassemblement croit qu’il serait plus cohérent de déplacer dans un autre endroit le crucifix de l’Assemblée nationale enceinte où se votent les lois afin de marquer cette nouvelle étape dans la séparation de l’État et du religieux.

5. Un projet d’avenir structurant 
Depuis une décennie, l’actualité nous force à nous interroger sur la place de la religion dans l’espace public. Il est essentiel de mettre fin à l’insécurité juridique qui prévaut depuis trop longtemps en cette matière et aux tensions sociales que cela génère.

Il est important que toutes les forces vives du Québec, qui ont à cœur la défense de la liberté de conscience, de l’égalité des hommes et des femmes, du pluralisme et de l’indépendance de l’État par rapport aux religions s’unissent afin de faire de ce combat démocratique une source de fierté pour le Québec et un projet structurant pour notre avenir commun. Les citoyens du Québec ont un droit collectif à un État fondé sur la primauté du droit.

Pour signer la pétition 

René Lévesque

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