Archives de Tag: laïcité

La police de Montréal et les signes religieux

    Léna Anishnabeg

Alors que s’amorcent les prochaines élections québécoises, l’éternel débat sur la laïcité de l’état refait surface pour une énième fois.  Pressé de définir la position de son gouvernement, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard a déclaré « On va de l’avant avec les véritables enjeux, les véritables enjeux des véritables citoyens du Québec ».

Ce à quoi le chef de l’opposition, Jean-François Lisée, a répondu : « le travail [sur le port des signes religieux] n’a pas été fait par les libéraux, il faut que Québec se branche ».  Du côté de la CAQ  le député François Bonnardel a déclaré « Je suis écœuré de voir le premier ministre regarder de haut la population en leur disant : parce que vous ne pensez pas comme moi, vous n’êtes pas des vrais Québécois ».

La position de Québec Solidaire sur le sujet est plus ambiguë et plus difficile à saisir. En effet, comme l’a rapporté Radio Canada «Vincent Marissal avait déclaré qu’il ne voyait pas de problème à voir un policier porter un signe religieux, alors qu’Eva Torres refuse de dire qu’elle est contre le port de signes religieux chez les personnes en situation d’autorité.»  Cette position devra être éclaircie car elle est en contradiction flagrante avec la position adoptée par QS dans la charte de la laïcité de l’État québécois déposée en 2013 à l’Assemblée nationale par Françoise David. En attendant, les internautes et les caricaturistes s’en donnent à cœur joie mais la question n’est toujours pas réglée…

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Le Québec une province laïque ? Vous voulez rire !

Les politiciens n’en finissent plus de se refiler la patate chaude de la laïcité. Dix ans après la Commission Bouchard-Taylor le gouvernement Couillard vient, encore une fois de se mettre les pieds dans les plats, en adoptant le projet de loi 62 sur la laïcité.  Cette nouvelle loi qui a suscité l’indignation chez nos compatriotes ontariens prévoit que les services publics doivent être donnés et reçus à visage découvert, autant dans les transports en commun que dans les hôpitaux.  Elle permet également  d’obtenir des accommodements raisonnables.

Cette politique est d’autant plus curieuse puisqu’aucune photo ne permet d’identifier le titulaire d’un titre de transport en commun. Selon la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée la nouvelle loi  prescrit : L’obligation du visage découvert (…) pour la durée de la prestation de service, pas seulement pour la femme voilée, mais pensons aussi à ceux qui ont le visage couvert (…) par des cagoules ou des verres fumés» et des bandanas…

Cette loi inique, en plus de stigmatiser les femmes voilées, déborde de son sens premier en stigmatisant également les personnes cagoulées, celles qui portent des verres fumés ou des bandanas dans les transports en communs. Position difficilement défendable dans un pays où l’on peut voter avec un masque lors des élections fédérales! De plus la nouvelle loi ne sur la laïcité se garde bien de se prononcer sur le crucifix de l’Assemblée Nationale,  un signe religieux jugé patrimonial par le gouvernement du Parti Québécois, mais qui n’a fait son apparition à l’Assemblée Nationale en 1936, pour souligner l’alliance étroite entre l’Église et l’État québécois.

Au Canada on peut voter déguisé, mais les femmes voilées, celles qui portent des verres fumés ou des bandanas doivent avoir le visage découvert dans les trans-ports en communs

Au Canada on peut voter déguisé, mais les femmes voilées, ceux qui portent des verres fumés ou des bandanas doivent avoir le visage découvert dans les trans-ports en communs

Le gouvernement fédéral a ouvert la porte à une éventuelle contestation judiciaire. En effet le premier ministre Trudeau  a déclaré à Alma : «Je sais que les gens s’attendent à ce que je défende la Charte des droits. Le gouvernement va étudier attentivement ce qui est proposé et il va prendre ses responsabilités»…

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Signez la pétition pour faire retirer le programme Éthique et culture religieuse, de nos écoles

religionDepuis 2008 le programme Éthique et culture religieuse (ECR) est un programme obligatoire enseigné dans les écoles primaires et secondaires québécoises. Ce programme constitue un véritable outil de  promotion des religions allant ainsi à l’encontre de son objectif  premier de non-confessionnalité et de laïcité.

Si vous souhaitez faire retirer ce programme de nos écoles vous pouvez signer la pétition intitulée Retrait du volet « culture religieuse » du cours Éthique et culture religieuse

Cette pétition est en ligne jusqu’au 30 novembre 2016

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L’Association Québécoise des Nord Africains pour la Laïcité dénonce les politiques de QS sur «l’islamophobie»

Sophie Doucet

Sophie Doucet

L’Association Québécoise des Nord Africains pour la Laïcité (AQNAL), dénonce les politiques de QS sur «l’islamophobie» suite à  la  motion déposée par Québec solidaire à l’Assemblée Nationale. Selon Françoise David cette motion  vise à « condamner l’islamophobie, les appels à la haine et à la violence envers les Québécois les représentants de l’Assemblée  confession musulmane.  Pour sa part l’AQNA souligne qu’au «Québec, ce sont les Islamistes qui se disent victimes de rejet, qui refusent le mode de vie de la société d’accueil et culpabilisent toutes celles et tous ceux qui refusent leurs règles et qui critiquent leurs pratiques d’un autre temps».

motion

 Un texte de Nadia El-Mabrouk pour L’Association Québécoise des Nord Africains pour la Laïcité.

«Au nom de l’Association Québécoise des Nord Africains pour la Laïcité (AQNAL), nous tenons à réagir à la motion que vous avez fait adopter à l’Assemblée nationale ce matin. Nous vous remercions de cette volonté d’appel à la cohésion sociale. Qui ne serait d’accord avec ce principe? Merci de rappeler également que les Québécois et Québécoises de confession musulmane, et d’ailleurs de toutes confessions, ou même sans confession, sont tous des citoyens du Québec. Lors de notre comparution à la commission parlementaire sur le projet de Loi 59, nous avons d’ailleurs insisté pour que nous soyons reconnus en tant que citoyens Québécois d’origines nationales diverses, et non en fonction de notre religion.

Nous constatons que, sous couvert de protection des minorités, vous faites des amalgames qui ne sont pas acceptables. En effet, si l’idée est de dénoncer le fait que l’assermentation à visage voilé prendrait trop de place dans les débats électoraux fédéraux,  pourquoi alors ne pas parler uniquement du niqab dans cette motion? Quel lien avec le problème épineux et mondial des réfugié-es syriens, pour lequel d’ailleurs aucune solution politique simple n’existe, ni ici, ni ailleurs.

Vous parlez ensuite d’augmentation du nombre de vidéos et de déclarations à caractère islamophobe et raciste qui fusent sur les réseaux sociaux. De quelles déclarations et vidéo parlez-vous exactement? Il y a sur les réseaux sociaux toutes sortes de discours à caractère haineux. Là encore, nous nous éloignons du niqab. Cependant, nous nous rapprochons de deux concepts clé que vous avez réussi à introduire à l’Assemblée nationale aujourd’hui : l’islamophobie et la lutte aux discours haineux. Voilà qui nous ramène au projet de Loi 59 qui a été décrié, presque à l’unanimité en commission parlementaire, comme un projet qui va à l’encontre des assises d’un pays libre et démocratique. Nombre de personnes et de groupes, dont nous-même, avons présenté des arguments à l’effet qu’une telle loi serait plus apte à protéger les islamistes radicaux qu’à protéger la société contre eux. Malheureusement, vous n’étiez pas présente, ni aucun autre représentant de votre parti, pour entendre nos préoccupations.

Mais ce qui nous choque encore plus c’est que vous ayez introduit, aujourd’hui, à l’Assemblée nationale du Québec, le mot islamophobie. Nous tenons à réagir sur l’utilisation erronée, abusive et non-fondée de ce terme. On lui doit l’une des confusions sémantiques et politiques  les plus graves de notre époque : faire croire que résister au fanatisme relève du racisme. Or, c’est un concept fumeux, qui a été créé pour limiter toute vigilance envers l’Islamisme et intimider ceux qui critiquent cette idéologie.  Plutôt que de s’en prendre à ceux qui ont peur de l’islam, il faudrait se tenir debout devant ceux qui créent cette peur, ceux qui manipulent la démocratie, qui utilisent les chartes du Canada pour faire avancer leur projet d’Islam politique. Il n’est pas difficile de voir que les femmes en niqab font partie de cette catégorie de citoyens qui provoquent les institutions du Québec et du Canada.

Au Québec, ce sont les Islamistes qui se disent victimes de rejet, qui refusent le mode de vie de la société d’accueil et culpabilisent toutes celles et tous ceux qui refusent leurs règles et qui critiquent leurs pratiques d’un autre temps. Ce sont eux, pas nous, pourtant provenant de la même sphère culturelle et religieuse, qui se disent victime d’islamophobie. La majorité des musulmans est victime collatérale, mais directe, de ce concept d’islamophobie.

GARD

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Philippe Couillard, l’ambassadeur de la grande obscurité

Pierre-Jacques Ratio

Pierre-Jacques Ratio

Pour célébrer le 375eme anniversaire de Montréal, le premier ministre Philippe Couillard s’est permis une escapade dans le plus petit pays du monde où il a été reçu en audience publique par François 1er, chef de l’État du Vatican. Au cours de cette rencontre qui a duré moins d’une minute, M. Couillard a remis une invitation au pape François de la part du maire Denis Coderre pour souligner les fêtes du 375e anniversaire de Montréal. Le premier Ministre était accompagné de son épouse, Suzanne Pilote, qui portait pour l’occasion une mantille archaique semblable à celle que les femmes portaient dans la Province de Québec à l’époque de la Grande noirceur.

L’ambassadeur de la grande obscurité

Ce geste politique du premier ministre Couillard suscite un certain nombre de questions qui remettent en cause la laïcité même et la modernité de l’État québécois. Outre le fait que l’on puisse s’interroger sur la pertinence de fêter un 375eme anniversaire, on doit s’interroger sur la pertinence même de cette invitation. En tant que premier ministre du Québec, M. Couillard se doit d’incarner la laïcité de l’État et mettre en pratique ses propres principes, lui qui affirmait tout récemment que « Personne ne croit que le Québec est un État religieux»(1). 

Pope Francis exchanges gifts with Quebec Premier Philippe Couillard, right, flanked by his wife Suzanne Pilote, during the pontiff's weekly general audience in St. Peter's Square at the Vatican, Wednesday, May 27, 2015. (L'Osservatore Romano/Pool Photo via AP)

Le pape François en compagnie de Philippe Couillard et de son épouse Suzanne Pilote, en audience sur la Place Saint-Pierre au Vatican, le 27 mai 2015. (L’Osservatore Romano/Pool Photo via AP)

Loin de se garder un droit de réserve face à la religion le premier ministre a déclaré  ne pas être d’accord avec l’affirmation que la religion soit en perte de vitesse au Québec tout en rappelant «l’enthousiasme» autour de la visite de Jean-Paul II en 1984. Le pape François a t-il déclaré «est aimé à travers le monde. L’image de simplicité qu’il dégage, les gens y sont très sensibles». (2) On se croirait presque revenu sous Maurice Duplessis, quand l’État québécois se prostituait avec l’église catholique et que le premier ministre Duplessis lui-même déclarait au bon peuple soumis « Le ciel est bleu et l’enfer est rouge! » 

Quand le premier ministre Duplessis etl'État québécois se prostituaient avec l'église catholique Duplessis

Quand le premier ministre Duplessis et l’État québécois se prostituaient avec l’église catholique

Une visite papale en pleine période d’austérité ?

Alors que le gouvernement Couillard claironne sous tous les tons que nous vivons une période d’austérité et que nous devons nous serrer la ceinture, on doit s’interroger sur le coût d’une telle visite ?

Rappelons qu’en 1984 la tournée québécoise de Jean-Paul II avait coûté 58 millions $; dont 8 millions $; assumé par le Québec, et une cinquantaine de millions de dollars  épongés par Ottawa. (3)

Nécessité de compléter la démarche historique de laïcisation

Ce dérapage d’un premier ministre provincial, illustre bien la nécessité de compléter la démarche historique de laïcisation du Québec, telle que préconisée en 2010 par le collectif Les Intellectuels pour la laïcité, qui préconisait que « Pour être véritablement neutre, l’État doit se déclarer neutre. L’État ne doit favoriser aucune religion ou option spirituelle et, réciproquement, le religieux doit s’interdire toute emprise sur l’État et ses institutions. C’est ce que signifie, au premier titre, la notion de laïcité. » Elle implique également l’urgence de faire du Québec un État moderne, indépendant et libéré du carcan religieux symbole d’une époque révolue.

Durant la grande noirceur en 1945

Durant la grande noirceur en 1945

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4,2 millions $ dépensés pour deux croix ?

Charles de Lorimier

Charles de Lorimier

Dans la Province de Québec les croix ça coûte cher! En effet, entre les restaurations de la croix du Mont-Royal, et l’argent dépensé pour changer les lumières de la croix de Sainte-Adèle les contribuables du Québec continuent à faire les frais de tout ce délire religieux.

À Saint-Adèle, la Cour supérieure vient de condamner un propriétaire  à laisser passer les employés municipaux sur son terrain pour qu’ils effectuent l’entretien de la croix de la Ville, après un procès de 18 jours qui aura coûté 2 M$ de frais juridiques aux contribuables et 1,5 M$ au citoyen.

Cette saga s’inscrit dans la lignée de la croix du Mont-Royal qui remonte à septembre 2007.  On se rappellera qu’à cette époque où l’on se questionnait sur la laïcité dans les espaces publics, la Ville de Montréal avait annoncé qu’elle entreprendrait des travaux majeurs de 1,5 M$ pour garder debout la croix du mont Royal. La conseillère municipale et mairesse du Plateau-Mont-Royal, Helen Fotopulos, responsable du développement du mont Royal, avait confirmé la nouvelle au Journal de Montréal.  Trois ans plus tard, en 2010, le conseil d’agglomération de Montréal votait l’attribution d’un contrat de 700 000 $ pour la troisième phase de la restauration de la croix du mont Royal, entamée en 2006.  Suite à l’attribution de ce contrat le conseiller Alex Norris, de Projet Montréal, soulignait que les honoraires de Géniplus, entreprise qui supervisait « les travaux, sont passés de 162 500 $ à 410 500 $ depuis le lancement du projet». Les journaux s’emparèrent un temps de l’affaire et le journal La Presse titra Réfection de la croix du mont Royal: la Ville s’apprête à payer le double .

Credit : © David Giral

Credit : © David Giral

Dans la province de Québec, le patrimoine ça n’a pas de prix !

Pour la petite histoire rappelons que la croix du Mont-Royal a été érigée en 1924 par la Compagnie Dominion Bridge selon les plans de Pierre Dupaigne, prêtre sulpicien, sous la surveillance des architectes Gascon et Parent. J.-A. Saint-Amour fut chargé de l’illumination du monument et  la Montreal Light, Heat and Power fournit l’électricité gratuitement. La croix du Mont-Royal illumina pour la première fois le ciel de Montréal le 24 décembre 1924.

En 1992, dans le cadre des fêtes du 350e anniversaire de la fondation de Montréal, le système d’éclairage a été remplacé par un système à fibre optique. Son inauguration a eu lieu le 15 mai 1992. L’avantage de ce nouveau système est de pouvoir modifier la couleur de l’illumination sans avoir à changer manuellement toutes les ampoules ce qui prenait deux heures auparavant.  Quel progrès merveilleux, mais un peu cher quand même ! Quant à la croix de Saint-Adèle la chicane juridique a coûté jusqu’ici  2 millions de dollars de frais juridiques aux contribuables et 1,5 million à l’homme d’affaires, selon les informations transmises au Journal de Montréal.

0 22 avril 2012  fin de la manif la main

 

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La neutralité de l’État comporte des exigences

La neutralité de l’État s’exprime par la neutralité de l’image donnée par ses représentants et ses agents, qui doit être réelle et apparente. Ces derniers doivent donc éviter d’afficher leur appartenance religieuse, philosophique ou politique. L’idée selon laquelle la laïcité s’impose aux institutions et non aux individus qui y œuvrent est un faux-fuyant conduisant à nier le principe de laïcité.  Les Indignés du Québec vous invite à participer

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Affiche

                                                                                                                PARTICIPEZ EN GRAND NOMBRE !

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