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Le néolibéralisme détruit l’humanité !

Stéphane Hessel ce grand Monsieur indigné de 93 ans écrivait peu avant sa mort que :  « L’intérêt général doit primer sur l’intérêt particulier, le juste partage des richesses créés par le monde du travail primer sur le pouvoir de l’argent » Cette vision des choses va à l’encontre du modèle anglo-saxon qui considère plutôt que l’intérêt général est formé de l’ensemble des intérêts particuliers. L’interprétation de ces deux idéologies divergentes a des impacts considérables sur nos vies puisqu’au Canada comme aux États-unis, le poids des lobbyistes du pétrole, qui réunit certaines des entreprises les plus prospères, n’est évidemment pas le même que celui des défenseurs de l’environnement ! Ce qui fait que petit à petit on en arrive a des aberrations telles que celles de  Mégantic, Fukushima, Dacca, Deepwater Horizon, Tchernobil, Bopal,Three Mile Island, pour ne nommer que celles là ! Bref le Néolibéralisme nous tue, lentement mais surement. Les eaux, la terre sont polluées, les graines sont génétiquement modifiées, les abeilles sont détruites par les forces néolibérales maléfiques.  Cette situation destructrices fait réagir les indignés de la terre qui se lèevent tel une gigantesque vague pour crier leur indignation. Pascale Cormier, quant à elle, s’insurge contre ce modèle qui nous conduit inexorablement dans un cul-de sac. qui s’ouvre sur la mort !  

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Le néolibéralisme est un crime contre l'humanité
Par Pascale Cormier

Lac-Mégantic, coquette petite localité située au cœur de l’Estrie, l’une des plus belles régions du Québec, tout près de la frontière américaine.  Par un beau vendredi soir de juillet, l’une des premières nuits vraiment chaudes de l’été 2013.  Les uns peinent à trouver le sommeil, accablés par la chaleur humide; d’autres en profitent pour faire la fête entre amis ou seulement jouir du calme et du beau temps, dans les arrière-cours et sur les terrasses, une bière fraîche à la main. Quand soudain, vers 1 h du matin, c’est l’apocalypse : une pluie de feu se déverse sur le centre-ville dans un fracas de fin du monde. Un convoi ferroviaire qui transportait du pétrole s’est emballé et a déraillé en plein cœur de la ville, et quatre wagons ont explosé, pulvérisant des dizaines de maisons ainsi que la bibliothèque et un supermarché (...)

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Il y aura des enquêtes, bien sûr. Et beaucoup, beaucoup de « damage control ». Déjà, la Montreal Maine & Atlantic Railway, la compagnie responsable, a mis sur pied une « cellule de crise ».  En bon français, ça veut dire qu’on va tout faire pour noyer le poisson.  On va dire que c’est la faute à « pas de chance », que c’est le résultat d’un malheureux concours de circonstances, que cette catastrophe était imprévisible et ne pouvait être évitée.  Et nos lâches dirigeants, toujours prompts à s’à-plat-ventrir devant le grand capital, vont cautionner cette version des faits et verser quelques milliers de dollars aux familles des victimes en faisant semblant d’avoir de la peine pour elles. Oui, tous : les dirigeants de la compagnie, les pouvoirs publics, les responsables de la sécurité publique – tous vont verser une petite larme de crocodile devant les caméras et vont s’empresser d’oublier toute l’affaire.  « Business as usual. »  Pourquoi?

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Hypocrites!  Assassins!

Peu importent les résultats de l’enquête, nous savons tous que cette catastrophe était parfaitement évitable.  Qu’elle n’aurait jamais pu se produire dans un monde où l’humain prime sur le profit. À une époque pas si lointaine, la sécurité du public était vraiment une priorité.  Dans tous les champs d’activité, et plus encore dans ceux qui présentent un danger certain, comme l’agro-alimentaire ou le transport des marchandises dangereuses, il y avait beaucoup, beaucoup de règlements à respecter.  Et beaucoup, beaucoup d’inspecteurs pour faire appliquer ces règlements.  Bien sûr, ça coûtait cher à l’État.  Et aux entreprises.  Ça faisait une grosse fonction publique, cette armée d’inspecteurs. Et bien des tracasseries et des frais pour l’industrie privée. Alors sont arrivés les « Neocons ».  Ceux-là ne croyaient qu’à une chose : le profit.  La croissance illimitée des profits.  N’était-ce pas l’essence même du capitalisme?  Tout ce qui pouvait constituer une entrave au profit devait donc être assimilé à un « complot socialiste » visant à détruire le capitalisme.  C’est ainsi que notre société foncièrement capitaliste est devenue, tout à coup, une société « socialiste ».  Tout ce qui avait pour but d’assurer un minimum de bien-être et de sécurité à l’ensemble de la population, tout ce qui visait à réduire les inégalités et à protéger les droits de la collectivité était « de gauche », donc nuisible. Le mot d’ordre, c’était que l’industrie était parfaitement capable de s’autoréguler– et qu’il fallait à tout prix réduire la fonction publique et baisser les impôts des plus riches et des sociétés, pour leur permettre de « créer de la richesse ».  (Au bénéfice de qui, ça,on s’est bien gardé de le préciser…) C’est ainsi qu’on s’est mis à fermer des agences d’inspection, à mettre à pied des inspecteurs, des ingénieurs-conseil et des scientifiques par milliers, et à déchirer d’innombrables règlements qui avaient assuré jusque là la protection de la population.  Résultat : on fait rouler des locomotives obsolètes sur des chemins de fer en mauvais état.  On lance en pleine ville des convois de wagons-citernes bourrés de pétrole sans conducteur.  Ça fait des économies.  Ça fait plus de profits, avec moins d’inspections,de tracasseries, d’irritants administratifs et de règlements tatillons.  Et moins d’employés à payer, tant pour l’État que pour les transporteurs.  Et puis, un jour, inévitablement, ça fait boum.

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Ça aurait pu faire boum dans l’industrie alimentaire.  Dans la prospection gazière et pétrolière.  Dans un pipeline.  Dans une centrale électrique.  Un pont, un édifice mal entretenu, n’ayant pas fait l’objet d’inspections régulières. Là, c’est un convoi de pétrole dans une petite ville de l’Estrie. Demain, ce sera où?

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On dira que c’est un bête accident; que c’est un malheureux concours de circonstances; que ça n’aurait pas pu être évité.  Et on fera taire les voix qui exigeront plus d’inspections, plus de règlements, plus d’employés, un meilleur entretien des équipements, en criant au gauchisme et à l’anticapitalisme primaire. Parce que dans notre monde néolibéral, quelques dizaines, quelques centaines ou même quelques milliers de vies humaines, ça ne pèse pas lourd, face aux impératifs de la croissance et du profit.  Souvenons-nous de Bhopal.  Souvenons-nous des Éboulements où un autocar sans freins a plongé dans le ravin, entraînant ses passagers dans la mort.  Souvenons-nous de ce drame récent au Bangladesh où un immeuble abritant des « sweat-shops » s’est écroulé, tuant plus de mille ouvriers. 

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Tout ça, ce sont les fruits de la déréglementation – ou de l’absence d’inspecteurs et de fonctionnaires en nombre suffisant pour faire respecter les règles. C’est ce qui arrive quand on met l’être humain au service de l’économie, plutôt que l’inverse.  C’est ce qui arrive quand les politiques publiques ont pour seul et unique but de favoriser les intérêts de l’industrie privée.

Jusqu’au jour où nous crierons enfin d’une seule voix : C’EST ASSEZ!

Mes plus profondes sympathies aux proches des victimes.  Mais que notre chagrin soit le ferment de nos colères, pour que ces malheureux ne soient pas morts en vain.

Nous sommes toutes et tous MéganticoisEs aujourd’hui.

Pascale Cormier

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Cet article émouvant est une version légèrement allégée du très beau texte de Pascale Cormier que vous pouvez lire intégralement ici.  Les Indignés du Québec saluent le courage de Madame Cormier. Merci Pascale !

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