Archives de Tag: fuir Montréal

Indignée par le transport à Montréal

LE TRANSPORT À MONTRÉAL, un essai écrit par une fille vraiment tannée de payer 50 piastres par mois pour, finalement, utiliser ses pieds

Je suis là, à l’arrêt de l’autobus le plus proche de chez moi. Celui qui est sensé m’emmener au métro qui, lui, est sensé m’emmener à ma navette qui, elle, est sensée m’emmener à l’école. J’ai planifié mon trajet pour qu’il soit optimal, rapide et que je sois le moins possible tassée contre du monde qui sentent la charogne et le café. Donc je suis là, à l’arrêt. Plus qu’à l’heure, en avance même. Transit me dit qu’il arrive dans 6 minutes. Bon, j’attends.

Pis j’attends.

Pis j’attends.

Les 6 minutes passent; je regarde l’heure. Pis je regarde Transit qui me dit que l’autobus passe dans 7 minutes…

Bon, ok. Sept minutes c’est pas la fin du monde, surtout que, dans mon trajet bien pensé, j’ai planifié du temps pour ce genre de choses.

5 minutes, 6 minutes, 7 minutes…

Rien, pas l’ombre de la tête massive du gros pachyderme sur roues au bout de la rue. Je regarde Transit: 22 minutes à attendre avant le prochain bus. Je regarde l’horaire de ma navette: 16 minutes. Ça y est. Aucune chance de me rendre à l’heure à l’école. Ça, c’est l’histoire que j’ai vécue aujourd’hui… pis hier, pis toute la semaine passée aussi — depuis le début de la session, j’ai jamais réussi à pouvoir me déplacer sans heurt trois jours d’affilée.

Certains vont me dire que ça arrive que les autobus ait des problèmes comme un flat, être pogné dans le trafic, etc. Ah ouin? Veux-tu bien me dire combien de flats toi t’as par semaine? Combien de fois ça t’arrive de pogner du trafic sur des rues résidentielles? Parce que pour moi, le ruminant ferré qui est sensé m’amener à l’heure où je dois aller — comme il est sensé le faire —, semblerait-il qu’il en a beaucoup des pépins comme ceux-là. Pis laisse-moi te poser une autre question, mon cher ami: si tu donnais un lift à quelqu’un pis que tu pognais un flat, t’avertirais, non? Pis tu t’excuserais aussi? Tu y dirais pas qu’il avait juste à prendre un autre lift ou juste à partir plus tôt.

Y’en a d’autres qui vont me dire: ouin, mais pourquoi t’as pas ton permis? Premièrement, un permis, c’est pas magique. Je peux pas aller plus vite que le système pour l’avoir. Deuxièmement, je suis étudiante. J’ai déjà des dépenses et une auto, ça coûte très cher — l’auto, la plaque, les assurances, le gaz, la vignette, les réparations… —, surtout à Montréal où on boost le prix de l’essence parce qu’une chèvre a bêlé un peu trop fort de l’autre côté de l’océan. Troisièmement, bah je sais pas vous, mais moi ça me tenterait que mes enfants n’aient pas à se promener avec des masques à gaz dehors parce que notre monde est rendu trop pollué.

Faque, oui. J’ose me plaindre. Pour toutes ces raisons, pour bien d’autres que je n’ai pas mentionnées, pis aussi parce que je sais que je ne suis pas la seule qui a ces problèmes.

Merci de m’avoir lue.

Et merci, STM, de me donner des raisons de plus à chaque jour de fuir Montréal qui a perdu les couleurs qui la distinguaient autrefois. 

Virginie Agnès Brault

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Environnement