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Le pipeline Énergie Est de TransCanada est condamné à ne pas voir le jour

Félix Dubé-Nguyen Jr.

Félix Dubé-Nguyen Jr.

 Alors que l’ONU condamne le Canada et le Québec pour leur politique énergétique, le projet d’oléoduc Keystone XL (TransCanada) tarde à être autorisé aux États-Unis et celui de Northern Gateway (Enbridge) est bloqué en Colombie-Britannique.  Les deux projets d’oléoducs québécois restent donc  les seules options permettant d’envisager l’exportation nécessaire à la croissance de l’industrie des sables bitumineux.

Face à ce non sens environnemental, le projet de pipeline québécois comme celui d’Énergie Est à Cacouna interpelle Christiana Figueres responsable du dossier climatique à l’ONU.  Selon  Madame  Figueres  «Il y a assez d’analyses qui démontrent les risques de poursuivre les investissements dans les énergies fossiles, a-t-elle rappelé. Vous devez donc décider si vous voulez vous situer du bon côté de l’Histoire et du bon côté de la logique économie.» «Qu’il s’agisse du Canada ou de toute autre juridiction, la situation est la même. La tendance lourde à l’échelle de la planète consiste à se diriger vers une économie à faible emprunte carbone. Cette transition est irréversible»

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Cacouna: l’endroit choisit comme terminal pétrolier

Alors que le gouvernement Couillard a approuvé des forages au cœur d’une pouponnière de bélugas dans l’estuaire du Saint-Laurent «pour des raisons inexpliquées» et sans avis scientifique forme, la Résistance s’organise. Le port de Gros-Cacouna est en effet reconnu comme la pouponnière des bélugas du Saint-Laurent les scientifiques s’inquiètent de l’impact du projet sur ces poupulations vulnérables. Pour plusieurs observateurs comme Sidney Ribaux le projet Cofondateur et coordonnateur général d’Équiterre, le projet est condamné d’avance. Sidney Ribaux qui préside la Maison du développement durable a contribué aux efforts de coalitions citoyennes pour le financement du transport en commun et de la ratification du protocole de Kyoto par le Canada, en plus d’avoir contribué à développer un programme national d’efficacité énergétique destiné aux personnes à faible revenu.

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Vous n’avez peut-être pas regardé les nouvelles ce weekend de l’Action de grâce; il faisait tellement beau, je vous comprends! Il s’est pourtant passé quelque chose de vraiment inspirant, un événement qui marquera l’histoire environnementale québécoise. Samedi passé, 2500 personnes se sont rassemblées à Cacouna pour manifester contre le projet de pipeline Énergie Est de TransCanada et plus particulièrement contre le port pétrolier qu’on prévoit installer dans cette petite municipalité du bas du fleuve.  Le port serait d’une longueur de 700 mètres et serait situé dans la pouponnière des bélugas du Saint-Laurent dont la faible population inquiète les scientifiques.

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Photo: Nicolas Falcimaigne

La marche a attiré mon attention pour trois raisons.

Premièrement, la population de Cacouna est de 1800 âmes. Le village se trouve à 450 km de Montréal, donc à 450 km du Plateau Mont-Royal. On ne pourra pas dire que ce sont encore les gauchistes et artistes du Plateau qui manifestaient! Par ailleurs, une manifestation de 2500 personnes dans un village, je n’ai jamais vu ca, du moins au Québec. Deuxièmement, la marche était une initiative citoyenne. Les groupes comme Greenpeace et Équiterre ont soutenu l’initiative, mais sans plus.  Amener du monde dans la rue (ou, dans le cas qui nous concerne, littéralement dans les champs) est un exploit sans l’infrastructure de communication d’un grand syndicat ou d’un Greenpeace. Le faire, en plus, à Cacouna, est un signe de toute l’importance qu’accordent les citoyens à cet enjeu.

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Projection du futur terminal pétrolier de Cacouna

Troisièmement, des représentants d’au moins quatre partis politiques étaient présents: le NPD, le Bloc, le Parti québécois et Québec Solidaire. Outre ce dernier, il s’agit d’un virage important pour ces formations. Pour la première fois, des partis politiques majeurs s’opposent au projet de TransCanada. À l’égard des prochaines élections fédérales, cela aura un impact certain.  La pression sera forte sur les autres partis fédéraux dont les Libéraux et les Conservateurs qui devront se positionner.

À mon humble avis, le mouvement d’opposition au projet d’Énergie Est vient de franchir un point de bascule. Ce dossier vient de devenir l’un des principaux enjeux environnementaux du moment et des deux prochaines années.

Au-delà des enjeux prioritaires, certains dossiers définissent l’appartenance des groupes et partis politiques à un camp ou à l’autre. Le protocole de Kyoto était ainsi devenu un symbole: on ne pouvait pas être pour la protection de l’environnement sans être pour Kyoto. La question du développement des gaz de schiste s’est aussi hissée à ce rang: être favorable à leur développement est devenu incompatible avec une vision d’un Québec responsable écologiquement. La manifestation de Cacouna contre le projet Énergie Est me laisse croire que ce pipeline deviendra lui aussi un enjeu du même ordre. Nous sommes de plus en plus nombreux à penser que ce pipeline ne passera pas. Je lève mon chapeau aux citoyens qui ont organisé cette marche ainsi qu’aux groupes qui ont soulevé les premiers l’enjeu des bélugas et du port pétrolier: WWF, la Fondation David Suzuki, le Centre québécois du droit de l’environnement, Nature Québec et la Société pour la nature et les parcs.

Le pipeline Énergie Est de TransCanada c’est:

  • une infrastructure indispensable au développement des sables bitumineux qui émet trois fois plus de gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel;
  • une augmentation de 32 millions de tonnes de gaz à effet de serre par année (à titre comparatif, les émissions totales du Québec sont de l’ordre de 78 millions de tonnes);
  • des risques accrus pour les écosystèmes et les communautés qu’il traverserait sur 4500 km;
  • une menace extrême pour les bélugas du St-Laurent et autres mammifères marins au Québec, au Nouveau-Brunswick et ailleurs.
  • Source : Journal Métro

Pour signez la pétition contre le projet Énergie Est cliques ici 

Références :

http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/419594/la-responsable-du-dossier-climat-a-l-onu-met-en-garde-le-quebec-et-le-canada

http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/421055/non-a-cacouna

http://ici.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2014/06/18/008-cacouna-transcanada-energie-est.shtml

http://baleinesendirect.org/blogue/actualites-dici-et-dailleurs/projet-de-port-petrolier-a-cacouna-un-danger-pour-les-belugas/

0 22 avril 2012  fin de la manif la main

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Fini les papillons !

danaus-plexippusLes Indignés du Québec s’inquiètent de la disparition progressive des papillons monarques (Danaus plexippus) une espèce dont la migration annuelle commence: à la fin de l’été, à partir  nord-est de l’Amérique vers des sites d’hivernages dans les hautes montagnes du Mexique.  En 2013, les chercheurs ont observés que  la taille de la population de monarques en baisse de 59 %. L’hiver dernier, les experts ont constaté que la population n’occupait que 1.19 ha. Une baisse de 59 % par rapport à l’année antérieure et de plus de 500 % par rapport à la moyenne des 20 dernières années (6.7 ha de forêt). Du jamais vu !

Créez une oasis pour sauver les monarques

Pour aider les papillons vous pouvez créer une oasis attirante pour ces merveilleux migrateurs en cultivant de l’asclépiade et des plantes nectarifères. Votre jardin deviendra un endroit pour observer à loisir ces flamboyants lépidoptères. Vous contribuerez du même coup à protéger un phénomène de migration unique au monde, qui connaît malheureusement un déclin.

Asclepias_syriaca

Les critères à respecter

Pour faire certifier votre oasis pour les monarques, vous devez au minimum respecter les trois critères obligatoires ci-dessous :

  1. Choisir un endroit calme, à l’abri du vent et ensoleillé pour créer votre jardin.
  2. Planter de lasclépiade et des plantes nectarifères, indigènes de préférence.
  3. Entretenir le jardin de façon écologique : être tolérant avec les insectes et déloger les indésirables avec un jet d’eau ou manuellement. Aucun pesticide ne doit être utilisé

Pour améliorer et enrichir votre jardin, vous pouvez également diversifier les plantes pour avoir une floraison prolongée et ainsi attirer davantage de pollinisateurs.

Vers des extinctions massives ?

Alors que cette année les papillons monarques  brillent par leur absence dans le ciel du Québec et que les fous de Bassan peinent à se reproduire sur l’île Bonaventure, doit-on craindre une extinction massive des espèces sous l’influence des changements climatiques ?

fous de bassan

Selon le magazine Science entièrement consacré aux changements climatiques, des chercheurs estiment que la rapidité des changements actuels est sans équivalent depuis au moins 65 millions d’années, soit depuis l’extinction des dinosaures.

éléphant

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Les aveugles de 2012

En cette fin d’année 2012 Les Indignés du Québec vous offrent un texte d’Oitarp  qui vous propose ce billet  intitulé Les aveugles de 2012

Nous sommes les 99%

Les aveugles de 2012

En cette fin d’année 2012, on s’agite beaucoup sur cette fameuse fin du monde annoncée par la déesse au cent bouches et par des forces issues de je ne sais quel obscurantisme de l’ère moderne.  Ce matin à Radio Canada le biologiste Jean Lemire nous parlait des Galápagos et des changements climatiques qui sont désormais acceptés par la majorité de la population.  Dame tant que l’économie tourne et que Dieu ou l’argent sont à nos côtés qu’est ce qu’on peut bien avoir à cirer de la disparition prochaine des tortues luth.  On s’en tape !

1000 jours pour sauver la planete

Pour la première fois Jean Lemire semble vraiment ébranlé par l’état de notre monde.  Lui le scientifique qui sillonne la planète et qui depuis des lustres essaie d’éveiller les consciences.  Selon lui, le bilan est simple : – « nous manquerons de temps – et de moyens – pour sauver la vie, sous toutes ses formes. Et pendant ce temps, nous hésitons à réaliser une entente pour faire suite au protocole de Kyoto… Avec 9 milliards d’humains à la fin du prochain siècle et une température moyenne en hausse de 4 à 5°C, on peut prédire sans se tromper que les décennies à venir seront celles de la lutte pour notre propre survie.

Sans doute initiée par cette crise climatique mondiale, nos enfants verront peut-être la fin de l’ère économique, un modèle basé sur une économie qui dépend de la consommation toujours grandissante des humains pour supporter ce système. Un dogme qui suppose l’extraction et le marchandage des ressources naturelles, au-delà des règles élémentaires de régénération, sans soucis réels pour demain et les générations à venir. Un modèle insoutenable!

Il ne reste qu’à espérer que l’héritage de ces temps difficiles engendrera un nouvel équilibre entre l’humanité et la nature, où le développement durable dressera les nouvelles règles de croissance et d’évolution. Mais il faudra sans doute toucher le fond du baril pour espérer le changement vital de nos façons de faire. La fin inévitablement tragique de l’ère économique pourrait bien initier une nouvelle ère de responsabilisation universelle, basée sur le respect de la vie et sur ce qui la supporte. Une ère nouvelle, où l’évaluation de la croissance d’un peuple serait mesurée en « qualité » plutôt qu’en  « quantité ».  »

Joyeux noël

Oui Jean on est tous fatigués, mais on est avec toi en pensée.  Cette semaine j’ai rencontrée une jeune femme dans le métro qui me disait que nous somme désormais trois millions de membres de Greenpeace sur la terre. Nous sommes des foules d’indignés fatigués qui tentons par nos faibles moyens de faire avancer les choses dans cet âge des ténèbres où le sport et l’économie sont les nouvelles déités.  On le sait et tu le sais, au royaume des borgnes les aveugles sont rois.  Merci à vous les protecteurs intemporels des Gallapagos et joyeuse fin du monde.

Oitarp poète indigné en ce 20 décembre de l’an II du printemps érable

Doha 2012

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