Archives de Tag: Bélugas

La légitimation par le ridicule : la technique de Jean-Jacques Samson

Mehdi A. Lienation

Mehdi A. Lienation

Jean-Jacques Samson, chroniqueur au Journal de Montréal, tente d’atténuer la portée du conflit opposant les militants et la compagnie pétrolière Transcanada en ridiculisant l’effort des écologistes et des citoyens pour contrer le projet d’oléoduc. On peut sentir du mépris lorsqu’il décrit la manifestation du 11 octobre 2014 à Cacouna au Bas St-Laurent :

 « […] 2500 manifestants, dont l’ex-ministre des Ressources naturelles et candidate à la direction du PQ, Martine Ouellet, et l’ex-carré rouge radical Gabriel Nadeau-Dubois, sont sortis de Montréal en fin de semaine dernière pour aller y réclamer l’interdiction définitive de tous les travaux, pour préserver la tranquillité des… bélugas »[1]

Carré  rougeDans cette seule phrase, on peut lire au moins 3 éléments qui tentent de discréditer la lutte que les militants portent contre Transcanada. Dans un premier temps, la locution « l’ex-carré rouge radical » a pour but de faire réveiller la haine que certains portaient contre Gabriel Nadeau-Dubois et le conflit étudiant. Il s’agit d’une façon de créer un contexte qui pousse le lectorat à critiquer l’agissement des manifestants. Ensuite, les mots « sont sortis de Montréal » ont une connotation négative puisqu’ils tentent de circonscrire les préoccupations des militants comme des idées provenant uniquement de l’intelligentsia montréalaise. Pourtant, il y avait beaucoup d’acteurs provenant du Bas St-Laurent, de Charlevoix et d’ailleurs au Québec. Finalement, les «  trois petits points » précédant le mot « bélugas » en dit long sur l’importance que Jean-Jacques Samson accorde à cette espèce en péril. De plus, ce n’est pas seulement pour protéger les bélugas que les manifestants se mobilisent. C’est aussi pour affirmer leurs oppositions face aux énergies fossiles.

[1] http://www.journaldemontreal.com/2014/10/15/les-anti-tout

Photo: Nicolas Falcimaigne

Photo: Nicolas Falcimaigne

 

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3,7 planètes pour les besoins des Canadiens ! Bravo vous pouvez faire mieux …

Rose Flamant

Rose Flamant

Les humains utilisent actuellement l’équivalent de 1,5 planète pour soutenir leurs activités.  Si tout le monde sur Terre vivait comme le fait un Canadien moyen, nous aurions besoin de 3,7 planètes pour soutenir notre demande.

 Sur 130 pays le Canada a la 11e plus grande empreinte écologique par habitant, derrière le Koweït, le Qatar, les Émirats Arabes Unis, le Danemark, la Belgique, Trinité-et-Tobago, Singapour, les États-Unis d’Amérique, le Bahreïn et la Suède.

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Cette performance honteuse s’inscrit dans la mouvance de l’exploitation pétrolière effrénée, prônée et encouragée par le gouvernement fédéral canadien et les gouvernements provinciaux  De son côté le Fonds mondial pour la nature (WWF) plaide pour des solutions durables pour guérir notre planète dont les populations mondiales d’espèces sauvages sont en déclin continu.

Les bélugas du Saint-Laurent une espèce en voie d'extinction menacée par les activités pétrolière

Les bélugas du Saint-Laurent une espèce en voie d’extinction récemment menacée par les activités pétrolières

Selon le rapport Planète Vivante 2014, les populations de poissons, de mammifères, d’amphibiens et de reptiles ont chuté de 52 %, depuis 1970. En utilisant une méthodologie révisée, le rapport constate également que les populations fauniques ont chuté de plus de 50 % en 40 ans. Par ailleurs, le Canada se classe au sixième rang des 10 pays qui représentent plus de 60 % de la biocapacité de la Terre. Pour télécharger le rapport Planète Vivante 2014 cliquez ici.

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Le pipeline Énergie Est de TransCanada est condamné à ne pas voir le jour

Félix Dubé-Nguyen Jr.

Félix Dubé-Nguyen Jr.

 Alors que l’ONU condamne le Canada et le Québec pour leur politique énergétique, le projet d’oléoduc Keystone XL (TransCanada) tarde à être autorisé aux États-Unis et celui de Northern Gateway (Enbridge) est bloqué en Colombie-Britannique.  Les deux projets d’oléoducs québécois restent donc  les seules options permettant d’envisager l’exportation nécessaire à la croissance de l’industrie des sables bitumineux.

Face à ce non sens environnemental, le projet de pipeline québécois comme celui d’Énergie Est à Cacouna interpelle Christiana Figueres responsable du dossier climatique à l’ONU.  Selon  Madame  Figueres  «Il y a assez d’analyses qui démontrent les risques de poursuivre les investissements dans les énergies fossiles, a-t-elle rappelé. Vous devez donc décider si vous voulez vous situer du bon côté de l’Histoire et du bon côté de la logique économie.» «Qu’il s’agisse du Canada ou de toute autre juridiction, la situation est la même. La tendance lourde à l’échelle de la planète consiste à se diriger vers une économie à faible emprunte carbone. Cette transition est irréversible»

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Cacouna: l’endroit choisit comme terminal pétrolier

Alors que le gouvernement Couillard a approuvé des forages au cœur d’une pouponnière de bélugas dans l’estuaire du Saint-Laurent «pour des raisons inexpliquées» et sans avis scientifique forme, la Résistance s’organise. Le port de Gros-Cacouna est en effet reconnu comme la pouponnière des bélugas du Saint-Laurent les scientifiques s’inquiètent de l’impact du projet sur ces poupulations vulnérables. Pour plusieurs observateurs comme Sidney Ribaux le projet Cofondateur et coordonnateur général d’Équiterre, le projet est condamné d’avance. Sidney Ribaux qui préside la Maison du développement durable a contribué aux efforts de coalitions citoyennes pour le financement du transport en commun et de la ratification du protocole de Kyoto par le Canada, en plus d’avoir contribué à développer un programme national d’efficacité énergétique destiné aux personnes à faible revenu.

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Vous n’avez peut-être pas regardé les nouvelles ce weekend de l’Action de grâce; il faisait tellement beau, je vous comprends! Il s’est pourtant passé quelque chose de vraiment inspirant, un événement qui marquera l’histoire environnementale québécoise. Samedi passé, 2500 personnes se sont rassemblées à Cacouna pour manifester contre le projet de pipeline Énergie Est de TransCanada et plus particulièrement contre le port pétrolier qu’on prévoit installer dans cette petite municipalité du bas du fleuve.  Le port serait d’une longueur de 700 mètres et serait situé dans la pouponnière des bélugas du Saint-Laurent dont la faible population inquiète les scientifiques.

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Photo: Nicolas Falcimaigne

La marche a attiré mon attention pour trois raisons.

Premièrement, la population de Cacouna est de 1800 âmes. Le village se trouve à 450 km de Montréal, donc à 450 km du Plateau Mont-Royal. On ne pourra pas dire que ce sont encore les gauchistes et artistes du Plateau qui manifestaient! Par ailleurs, une manifestation de 2500 personnes dans un village, je n’ai jamais vu ca, du moins au Québec. Deuxièmement, la marche était une initiative citoyenne. Les groupes comme Greenpeace et Équiterre ont soutenu l’initiative, mais sans plus.  Amener du monde dans la rue (ou, dans le cas qui nous concerne, littéralement dans les champs) est un exploit sans l’infrastructure de communication d’un grand syndicat ou d’un Greenpeace. Le faire, en plus, à Cacouna, est un signe de toute l’importance qu’accordent les citoyens à cet enjeu.

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Projection du futur terminal pétrolier de Cacouna

Troisièmement, des représentants d’au moins quatre partis politiques étaient présents: le NPD, le Bloc, le Parti québécois et Québec Solidaire. Outre ce dernier, il s’agit d’un virage important pour ces formations. Pour la première fois, des partis politiques majeurs s’opposent au projet de TransCanada. À l’égard des prochaines élections fédérales, cela aura un impact certain.  La pression sera forte sur les autres partis fédéraux dont les Libéraux et les Conservateurs qui devront se positionner.

À mon humble avis, le mouvement d’opposition au projet d’Énergie Est vient de franchir un point de bascule. Ce dossier vient de devenir l’un des principaux enjeux environnementaux du moment et des deux prochaines années.

Au-delà des enjeux prioritaires, certains dossiers définissent l’appartenance des groupes et partis politiques à un camp ou à l’autre. Le protocole de Kyoto était ainsi devenu un symbole: on ne pouvait pas être pour la protection de l’environnement sans être pour Kyoto. La question du développement des gaz de schiste s’est aussi hissée à ce rang: être favorable à leur développement est devenu incompatible avec une vision d’un Québec responsable écologiquement. La manifestation de Cacouna contre le projet Énergie Est me laisse croire que ce pipeline deviendra lui aussi un enjeu du même ordre. Nous sommes de plus en plus nombreux à penser que ce pipeline ne passera pas. Je lève mon chapeau aux citoyens qui ont organisé cette marche ainsi qu’aux groupes qui ont soulevé les premiers l’enjeu des bélugas et du port pétrolier: WWF, la Fondation David Suzuki, le Centre québécois du droit de l’environnement, Nature Québec et la Société pour la nature et les parcs.

Le pipeline Énergie Est de TransCanada c’est:

  • une infrastructure indispensable au développement des sables bitumineux qui émet trois fois plus de gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel;
  • une augmentation de 32 millions de tonnes de gaz à effet de serre par année (à titre comparatif, les émissions totales du Québec sont de l’ordre de 78 millions de tonnes);
  • des risques accrus pour les écosystèmes et les communautés qu’il traverserait sur 4500 km;
  • une menace extrême pour les bélugas du St-Laurent et autres mammifères marins au Québec, au Nouveau-Brunswick et ailleurs.
  • Source : Journal Métro

Pour signez la pétition contre le projet Énergie Est cliques ici 

Références :

http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/419594/la-responsable-du-dossier-climat-a-l-onu-met-en-garde-le-quebec-et-le-canada

http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/421055/non-a-cacouna

http://ici.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2014/06/18/008-cacouna-transcanada-energie-est.shtml

http://baleinesendirect.org/blogue/actualites-dici-et-dailleurs/projet-de-port-petrolier-a-cacouna-un-danger-pour-les-belugas/

0 22 avril 2012  fin de la manif la main

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Oui au gaz de schiste dans le Saint-Laurent !

Le gouvernement québécois souhaite intensifier la filière du gaz de schiste en la reliant à l’exploration du pétrole sur l’île d’Anticosti.  Cette île, aussi grande que la Corse, est aussi la plus grande île du Québec. Le nouveau ministre de l’Environnement David Heurtel s’est d’ailleurs clairement prononcé lors de la première période de questions à l’Assemblée nationale sur la politique qu’entend suivre son gouvernement dans le dossier des gaz de schiste : – «En proposant une évaluation environnementale stratégique sur l’ensemble des hydrocarbures, notre gouvernement se livre à une démarche rigoureuse pour se doter d’une politique intégrée et cohérente dans le domaine des hydrocarbures»

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Pour l’opposition cette position est inacceptable car «En mettant le pétrole et le gaz dans le même panier, le gouvernement ressuscite le gaz de schiste. Le premier ministre vient de raviver les inquiétudes des habitants de la vallée du Saint-Laurent, la zone la plus densément peuplée du Québec. On va revoir les forages dans la cour des citoyens.» a déclaré Bernard Drainville, député de Marie-Victorin.

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Rappelons qu’en 2010, le gouvernement québécois et l’industrie gazière se sont lancés dans le développement du gaz de schiste – une forme de gaz naturel – en vantant les mérites de cette filière énergétique. La présente note démontre que ce choix énergétique n’est pas justifiable dans une perspective de lutte aux changements climatiques ni d’indépendance énergétique. De plus, elle révèle que cette filière comporte d’importants risques pour la santé publique en cas de contamination des eaux par des rejets industriels. Enfin, cette note fait valoir que l’État québécois perdra dans ce projet énergétique bien plus d’argent qu’il n’en gagnera, entre autres dû à l’ampleur des dépenses fiscales et d’infrastructures publiques allouées à l’industrie.

QUI  VA FINANCER  L’EXPLOITATION ?

Les contribuables du Québec, l’industrie et certaines banques étrangères.  En effet un rapport commandé par Les Amis de la terre Europe, identifie les banques et autres institutions financières qui soutiennent 17 entreprises actives dans la prospection et l’exploitation de gaz de schiste au niveau mondial, parmi lesquelles les majors Total, Shell et Chevron, les firmes pétrolières nord-américaines Cuadrilla, Marathon Oil et Talisman Energy, ou encore l’argentine YPF et la polonaise PGNiG. L’étude prend en compte différentes formes d’implication financière des banques dans les entreprises concernées (prêts, souscriptions d’actions ou d’obligations, garantie d’émission d’actions ou d’obligations) et évalue cette implication selon une échelle graduée : faible, moyenne ou haute.

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En Europe même si la France a fermé la porte au gaz de schiste sur son territoire, ses entreprises ne se privent pas d’en faire la promotion en Europe et ailleurs, et d’y investir des ressources parfois considérables. C’est le cas, bien sûr, pour les grands opérateurs gaziers, Total et GDF Suez, et pour les fournisseurs traditionnels du secteur des hydrocarbures. Mais c’est aussi le cas des banques. Selon une étude réalisée pour le compte des Amis de la terre Europe, dont nous avons pu prendre connaissance en exclusivité, les banques françaises figurent en bonne place parmi les institutions financières les plus actives dans le financement du gaz de schiste dans le monde.

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