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En Matawinie le gouvernement québécois accepte qu’Hydro-Québec contrevienne à la Loi sur la qualité de l’environnement

Dans le dossier de la ligne électrique 315 kV, qui va traverser sept municipalités de la région de Lanaudière sans leur accord, le gouvernement québécois accepte qu’Hydro-Québec contrevienne à la Loi sur la qualité de l’environnement malgré l’avis du BAPE et celui des municipalités de Saint-Côme, Sainte-Béatrix, Sainte-Émélie-de-l’Énergie, Rawdon, Saint-Lin-des-Laurentides, Sainte-Julienne et Saint-Calixte.


Constance Durocher  – 
Collaboration spécialelibres99

Le BAPE avait donné raison aux citoyens et à plusieurs municipalités dans ce dossier dans son rapport no 313 (http://www.bape.gouv.qc.ca/sections/rapports/publications/bape313.pdf) et avait recommandé qu’on fasse une pause dans le projet, le temps d’obtenir des renseignements supplémentaires concernant l’évaluation environnementale. Le BAPE avait aussi recommandé qu’Hydro-Québec étudie la possibilité de réutiliser des emprises de lignes existantes en fin de vie utile (entre autres de vieilles lignes à 315 kV en Mauricie et dans Lanaudière), non seulement pour le projet de ligne à 735 kV Chamouchouane-Bout-de-l’Île, mais à l’échelle du Québec.

Chamouchouane

Pour ce qui est des normes de pollution sonore, les lignes d’Hydro-Québec dépassent régulièrement les limites de bruit (qui varient, mais qui sont d’environ 40 dB en milieu bâti) et ce, surtout lorsqu’il y a des précipitations. Des plaintes ont été déposées à cet effet, mais le ministère de l’Environnement (MDDELCC) n’y a pas donné suite. Le gouvernement accepte donc qu’Hydro-Québec contrevienne à la Loi sur la qualité de l’environnement, et on peut supposer qu’Hydro-Québec contrevient à la loi à cet égard sur tout le territoire du Québec, alors que les municipalités doivent, elles, faire respecter les lois et règlements sur toutes les formes de pollution. Deux poids, deux mesures! Enfin, le fond de la question, c’est qu’Hydro-Québec veut construire une nouvelle ligne à 735 kV essentiellement pour exporter à perte de l’électricité aux États-Unis, qu’elle a voulu passer sur le territoire de Lanaudière pour ce faire et que tant la Régie de l’énergie que le gouvernement ont cautionné son projet et ses actions pour le réaliser sans les mettre aucunement en question, malgré les réserves du BAPE, l’opposition des citoyens, de deux MRC et de sept municipalités lanaudoises. Il paraît qu’on appelle ça la démocratie…

antonio-gramsci

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Le regard critique d’Antoine Robitaille

Mehdi A. Lienation

Mehdi A. Lienation

Contrairement à ses collègues de La Presse et du Journal de Montréal, Antoine Robitaille, éditorialiste pour Le Devoir, tente de convaincre la population sur la nécessité de tenir une évaluation faite par le Bureau d’audience publique sur l’environnement (BAPE) afin d’étudier les conséquences de l’oléoduc Énergie Est. Le projet de pipeline sur le territoire québécois amène beaucoup de questionnement. C’est pourquoi Robitaille voit l’arrêt des travaux d’exploration et la tenue d’une évaluation du BAPE comme primordiale. Plutôt que d’attaquer les arguments ou les manifestations des opposants au projet, il s’attaque au comportement du gouvernement libéral.  Dans son éditorial intitulé « Précaution ! » le 17 octobre 2014, Robitaille décrit l’incohérence du gouvernement Couillard en ce qui a trait à ce sujet :

 « Pendant des semaines, tout ce que les citoyens ont pu entendre du gouvernement dans le dossier du projet de port pétrolier de TransCanada avait quelque chose de risible. Il y eut les circonvolutions du nouveau ministre de l’Environnement, David Heurtel, qui semèrent la confusion à quelques reprises. Philippe Couillard, lui, fit preuve de clarté, le 25 septembre : nous devrions accepter de transformer le territoire québécois en lieu de transit du pétrole albertain, ne serait-ce que par gratitude pour les milliards de la péréquation. »[1]

couOn voit ensuite à travers l’éditorial que la position du gouvernement tente de nuancer ces propos et d’être plus dure envers la compagnie pétrolière : « Jean D’Amour, ministre de la Stratégie maritime (responsable du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie), soutenait que TransCanada avait « un défi de communication à relever, d’abord avec la communauté chez nous. Il faut qu’à tout point de vue, TransCanada se conforme aux exigences ». »[2] Par contre, Robitaille trouve ce « défi de communication » insuffisant et même « réducteur ». Il réaffirme donc que la nécessité d’une évaluation du BABE et que seul le gouvernement peut prendre cette décision.

gogol

Dans un second éditorial intitulé « Saine “ingratitude” » le 21 novembre 2014, Antoine Robitaille salue la décision du gouvernement d’assujettir le projet de TransCanada à une évaluation du BAPE. Par contre, il garde un regard critique quant aux comportements adoptés par les ministres dans ce sujet. Robitaille mentionne entre autres le fait que les 7 conditions imposées à TransCanada sont un copier-coller de ce qui a déjà été fait en Colombie-Britannique pour stopper le projet Northern Gateway et ceux que le gouvernement d’Ontario venait de faire parvenir à la compagnie. Il explique donc son point de vue sur l’incapacité du gouvernement Couillard à déceler les préoccupations des citoyens du Québec :

 « Les meilleurs représentants doivent cultiver leurs capacités à lire les situations, à y percevoir des risques pour les contrer ainsi que les occasions à saisir pour faire progresser l’état du groupe qu’il représente. Dans le cas présent, ces capacités semblent avoir clairement fait défaut au premier ministre et au gouvernement qu’il mène »[3].

C’est donc avec différentes stratégies que nous avons vu les éditorialistes et les chroniqueurs québécois tenter de convaincre la population qu’un projet comme Énergie Est avait ou non sa raison d’être (ou du moins, la questionner). Il sera donc intéressant de voir évoluer la situation du traitement médiatique après la fuite de la stratégie de TransCanada pour faire accepter à l’opinion publique son projet d’oléoduc. Les résultats de l’évaluation du BAPE seront aussi d’une importance capitale dans la vision que les médias auront de ce projet.

[1]  http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/421322/transcanada-a-cacouna-precaution

[2] Idem.

[3] http://www.ledevoir.com/politique/quebec/424555/conditions-pour-transcanada-saine-ingratitude

la-conscience

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