Archives mensuelles : août 2017

Au nom de quoi va-t-on-censurer l’histoire ? L’exemple de la BMO…

 P-J Ratio

Certaines personnes s’opposent au retrait de la plaque de la BMO dans le Vieux-Montréal.  Elles se demandent avec raison, au nom de quoi va-t-on-censurer l’histoire et jusqu’où irons-nous dans la chasse aux sorcières au nom de quelle rectitude politique ?

         Voici de texte de la plaque controversée

Dollier de Casson (1636-1701)

Et voici comment Dollier de Casson rapporte l’evènement dans son Histoire du Montréal (1642-1672),  Comme vous le constatez on est à des années lumières des propos de cette plaque délirante : – «Comme on avait que très peu de raquettes et que les neiges étaient encore hautes, on ne pouvait pas bien s’équiper, mais enfin ayant mis son monde dans le meilleur ordre qu’il put, [Maisonneuve] marcha avec trente hommes vers les ennemis, laissant le château et toutes autres choses entre les mains de d’Aillebout, auquel il donna ses ordres […] ;

Acte de fondation de Ville-Marie (Montréal), Bas-relief de Louis Philippe Hébert

étant entré dans le bois quasi aussitôt après, ils furent chargés par 200 Iroquois qui, les ayant vu venir s’étaient mis dans plusieurs embuscades propres à les bien recevoir. Le combat fut fort chaud. Incontinent  […]  M. de Maison-Neuf’ve se vit attaqué, il plaça ses gens derrière les arbres ainsi que faisaient les ennemis, et lors on commença à tirer à qui mieux mieux, ce qui dura si longtemps que la munition des nôtres manqua ; ce qui obligea M. de MaisonNeufve, […]  accablé par le grand nombre d’ennemis et qui avait la plus part de ses gens morts ou blessés de penser à la retraite comme à l’unique moyen de se sauver, lui et son monde. Ce qui était bien difficile à faire à cause de ce que nous étions beaucoup engagés et que les autres étaient si bien montés en raquette qu’à peine étions-nous de l’infanterie au respect de la cavalerie ;

quoiqu’il en fut,  […] il commanda qu’on se retira, mais tout bellement. faisant face de temps en temps vers l’ennemi, allant toujours vers un certain chemin de traîne par lequel on emmenait le bois pour construire l’hôpital, à cause qu’il était dur et que leurs raquettes ne leur serait pas nécessaires en ce lieu là pour bien aller; chacun exécuta cet ordre, mais à la vérité, […]  Monsieur de Maison-Neufve voulant être le dernier en cette rencontre, il attendait que les blessés fussent passés avant de marcher; quand on fut arrivé à ce chemin de traîne  […] , nos Français effrayés s’enfuirent de toutes leurs forces et laissèrent M. de Maison Neufve fort loin derrière eux ; lui de temps en temps, faisant face avec ses deux pistolets, crainte d’être saisi de ces barbares qui étaient toujours sur le point de le faire prisonnier. Ils ne le voulaient pas tuer, parce que le reconnaissant pour le gouverneur, ils voulurent en faire la victime de leur cruauté, mais Dieu l’en garantit et cela de la façon que je vais dire : les Iroquois ayant déféré à leur commandant cette capture, ils le laissèrent aller un peu devant eux, afin qu‘il eut l’honneur de le prendre, mais celui qui voulait prendre fut pris, car M. le La Place d'Armes Gouverneur s’en trouvant si  […] se mit en devoir de tirer, ce que ce sauvage voyant, il se baissa pour éviter le coup. M. le Gouverneur ayant raté, cet homme se releva pour sauter sur lui, mais en cet instant, il prit son autre pistolet et le tira si promptement  […] qu’il le jetta tout raide mort. Or comme cet homme était le plus proche de lui, il eut le loisir de prendre un peu d’avance jusqu’à ce que les autres barbares étant venus  […] au lieu de le poursuivre, ils chargèrent cet homme sur leurs épaules et l’emportèrent promptement parce qu’ils avaient peur que quelque secours inopiné ne leur vint ravir et que le corps d‘un tel personnage ne tomba entre les mains de leurs ennemis : ce ridicule procédé donna loisir à M. de Maison-Nenfve de se rendre au fort, quoiqu’après tous les autres».  

Le fort Ville-Marie en 1642

Le fort Ville-Marie en 1642

Il me semble que ce texte est suffisant pour justifier la réécriture de cette plaque erronée.  Matthieu Sossoyan, un intervenant qui a pris part au débat sur le sujet a suggéré ceci comme texte de remplacement : « On pourrait tout simplement écrire que le chef Iroquois (et le nommer) est mort en tentant de défendre sa terre et son peuple. Pas besoin d’enlever la plaque, mais de réécrire le texte. Beaucoup de Mohawks avec lesquels je suis ami sont en accord avec ce genre de modification».  À mon avis il faudra effectivement réécrire le texte et apposer une nouvelle plaque.  Vos suggestions sont les bienvenues . 

P-J Ratio, anthropologue et archéologue

Références :

·         La plaque raciste du Vieux-Montréal devra être enlevée

·         Une plaque commémorative indigne du 375e anniversaire de Montréal !

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La plaque raciste du Vieux-Montréal devra être enlevée

Léna Anishnabeg

Alors que  la plaque commémorative de l’ancien président sudiste Jefferson Davis a été retirée d’un édifice de la Compagnie de la Baie d’Hudson au centre-ville suite aux facheux évenements de Virginie, la plaque de la BMO, continue à jeter de l’ombre sur le 375e anniversaire de fondation de Montréal. 

Cette plaque honorifique constitue une honte pour la banque de Montréal puisqu’elle fait l’apologie de la violence, du génocide et du colonialisme européen, ce qui suscite l’indignation des nations autochtones et de la société civile, dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal.

indignés du Québec
 vous incitent à demander à la Banque de Montréal d’enlever cette plaque honorifique en cliquant sur ce lien.  Merci.  Vous pouvez également écrire au maire Coderre pour lui demander d’agir rapidement dans ce dossier.

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Les réseaux de partage menacent le capitalisme

Léna Anishnabeg

Pour la première fois depuis l’avènement du capitalisme et du socialisme au début du XIXe siècle, le système capitaliste est menacé par est une forme d’organisation sociale fondée sur l’intérêt de la communauté plutôt que sur la seule satisfaction des désirs individuels.
Cette  nouvelle économie qui se développe dans les  réseaux sociaux, est basée sur le  partage, l’échange de services, de produits et le partage des connaissances.  Grace à Internet, par exemple,  tout le monde peut produire, échanger de la musique à des coûts dérisoires

 

Dans  son livre intitulé La Nouvelle Société du coût marginal zéro l’économiste américain  Jeremy Rifkin  considère que  le capitalisme se meurt et qu’un nouveau paradigme est en train de le remplacer. C’est ce qu’il appelle les communaux collaboratifs, issus de cette nouvelle économie collaborative d’auto-partage qui s’installe de plus en plus sur des bases où la valeur d’usage prime sur la propriété.
L’auto partage, permet par exemple, de maximiser les utilisations des véhicules roulants, tout en limitant les émissions de gaz carbonique.  De même le financement participatif  ou encore le couchsurfing,  contribuent à  cette  économie circulaire.

 

Avec le développement de cette nouvelle économie issue de la technologie Internet, le capitalisme, s’il veut survivre, n’aura pas d’autre choix que de s’adapter à cette nouvelle forme d’organisation sociale qui privilégie l’intérêt de la communauté plutôt que la seule satisfaction des désirs individuels.

 

 

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Déchets nucléaires implantés sur un site archéologique non fouillé ?

 Le site Néolithique de Bure est situé dans la Meuse. Selon les sondages il s’étend sur près de 35 hectares et date du IVe millénaire.  Ce site exceptionnel qui n’a pas encore été fouillé est menacé de disparaître sous des tonnes de déchets nucléaires qui resteront radio actifs pendant des milliers d’années.
Les archéologues s’inquiètent, et vous invitent à signer la pétition pour que ce site exceptionnel soit expertisé selon les normes. 

 

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