Des nanoparticules dans votre assiette ?

Charles de Lorimier

Charles de Lorimier

Les nanoparticules envahissent de plus en plus l’assiette des consommateurs. On savoure désormais du Ketchup au dioxyde de silicium, des chocolats au dioxyde de titane… Des composants qui possèdent semble-t-il un très haut potentiel toxique, dont on ne sait strictement rien. Ce qui inquiète des organismes québécois comme l’ irsst, alors qu’en Europe du côté de l’AFFSSA c’est le flou le plus total. Le point sur la situation :

                                          – Les nanoparticules sont promises à un grand avenir. Tous les quatre matins, des reportages fulgurants de nos meilleurs téléjournaux nationaux illustrent les merveilles technologiques promises par ces nouveaux composants. Façon science-fiction : santé, électronique, chimie, tout y passe. La fascination gagne. Mais pourquoi chercher si loin ? Quand ces nanotechnologies sont déjà présentes… dans nos assiettes ! Des colorants, des arômes ou des vitamines sont enfermées dans des nanocapsules que l’on mélange à des boissons pour en modifier la couleur ou le goût. Certaines variétés de ketchup sont épaissies par du dioxyde de silicium. Des vinaigrettes sont blanchies au dioxyde de titane, qui sert aussi à éviter le « blanchiment gras » des confiseries chocolatées. Les silicates d’aluminium empêchent l’agglutination des aliments en poudre. Les emballages, aussi, renferment toutes sortes de nanoparticules révolutionnaires.
20 milliards de dollars
nanoparticules3Aujourd’hui, le nombre de produits en vente libre contenant des nanoparticules est impossible à connaître. Les producteurs communiquent très peu sur le sujet et rien ne les y oblige. Plusieurs études indépendantes s’y sont toutefois risquées et le cabinet de consultants Helmut Kaiser estime que plus de 300 nanoaliments sont déjà présents sur le marché. Le chiffre d’affaires du secteur est passé de 2,6 milliards de dollars en 2003 à 5,3 milliards en 2005. Il est attendu à plus de 20 milliards en 2010. De quoi exciter les papilles.
Aucune connaissance scientifique
Pourtant, aujourd’hui, personne ne sait de quoi il retourne. Absolument personne. Y a-t-il des risques sanitaires à ingérer ces particules un million de fois plus petites qu’un cheveu et que les barrières naturelles ne sont pas faites pour arrêter ? Comment ces particules sont-elles digérées, où vont-elles se nicher, comment sont-elles éliminées, que se passe-t-il lorsqu’elles se retrouvent dans la nature ? Quels risques professionnels pour les ouvriers qui travaillent à leur contact ?

supernanosEn France, c’est en 2007 que le CNRS a lancé la première étude française, qui prendra plusieurs années. Au niveau mondial, très peu d’études ont été réalisées, le plus souvent limitées. Néanmoins, comme le souligne un rapport de l’IRSST (Québec), on a d’ores et déjà pu mesurer « des effets toxiques au niveau des reins, de la reproduction et de la génotoxicité. De plus, certaines particules causent des granulomes, de la fibrose et des réactions tumorales au niveau pulmonaire. C’est ainsi qu’une substance reconnue comme non toxique, le dioxyde de titane, démontre une importante toxicité pulmonaire lorsqu’elle est de dimension nanométrique. Des effets cytotoxiques ont également été rapportés. » Que du bonheur.
Flou total à l’AFFSSA

nanooEn avril dernier, l’AFFSSA a communiqué sur le sujet. Reconnaissant n’avoir aucune donnée et ne disposant d’aucun moyen d’analyse et de détection (puisque ça n’existe pas !), l’agence a recommandé la « prudence » et a préconisé « que la présence de ces substances dans l’alimentation fasse l’objet d’une déclaration systématique et d’une demande d’autorisation de mise sur le marché, dans le cadre d’une réglementation (à mettre en place) ». Oui… car en fait, aucune législation n’existe. Ces composants n’ayant pas d’existence légale, ils sont autorisés… en dehors de tout contrôle. Le premier texte du Grenelle de l’Environnement adopté en août promet timidement d’imposer l’obligation de déclaration dans les deux ans, sans toutefois indiquer si le consommateur devra être informé. Greenpeace a tiré la (nano) sonnette d’alarme dès 2003.

Source : Les mots ont un sens 

la-conscience

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