Changements socio-politiques VS politiques sociales

Clode

Clode Hamelin

Pour tenter de clarifier ma pensée.

Hier un ami sur FaceBook me faisait une remarque, presque un reproche, concernant mes commentaires sur l’idée de libération des peuples et du peuple Québécois en particulier, sur l’importance de défendre les nations, les socio-cultures et l’indépendance nationale. Je sais que je répète aussi souvent, combien primordiale est l’obtention d’outils démocratiques pour les citoyens, sujet majeur, s’il en est un. Je nomme aussi à profusion, le mot révolution, toujours entendu dans le sens de grand changement. Car je suis de ceux qui pense qu’il faut faire la révolution dans la tête des gens. Puisque c’est là qu’on les « brainwash », les prépare, les conditionne. C’est donc par là aussi, qu’on peut faire la révolution, la libération. De là l’importance de défendre nos écoles, nos universités, la liberté de parole, la liberté de pensée et d’action. Celle de manifester aussi. Bien sûr!

dodo

Tous ces thèmes, si j’ai bien compris les propos de mon ami, n’auraient pas d’importance, quand on les comparent à d’autres sujets plus quotidiens, plus concrets, plus charnels, comme l’intégration des handicapés dans la société, ou une immigration ouverte sur le monde, ou d’autres thèmes, nombreux, ayant une portée sociale qui touchent des sous-groupes précis, comme les assistés sociaux par exemple, ou les malades. Ceci me rappelle les pensées véhiculées par ceux qu’on nomme « la gauche » et qui place comme antagonistes, l’idée d’accession à la Liberté par le peuple et la justice sociale. Ceci relève d’une perversion de l’esprit, et ce pour de nombreuses raisons. Mais qui, de toute façon, est contre la vertu?

BOBLa liberté est un but en soit, qui n’a pas à être sous-jacent à aucun autre sujet. Au contraire, grâce à la liberté, de véritables changements durables peuvent naître dans le cadre d’un projet de société. Alors que des mesures, comme des pansements, ou de bons sentiments, n’ont pas de portées à long terme. C’est seulement et toujours du BS! Des band-aid… Des solutions temporaires.

Et si on n’instrumentalisait plus la misère?

Ceux qui me connaissent sauront que jamais, il ne me passe à l’esprit de banaliser la misère humaine. Ni la mienne, ni celle des autres. Jamais non plus il ne me passe par la tête de dire que le confort des humains n’est pas important. Ou leur bonheur et leur capacité de rayonner dans la vie. Mais enfin, doit-on se défendre face à de telles idioties? En est-on là? Quelle planète! Que c’est pauvre! Enfin…

Les pays nordiques sont si souvent donnés en exemple, comme si chez eux, il y avait un miracle.

la-conscienceLa première différence notable entre les pays Scandinaves et le Québec, c’est qu’eux, GOUVERNENT LEUR PAYS, alors que le notre n’existe pas encore! Il faut donc, si on veut être logique, en prendre les commandes au plus vite. Nous sommes sous domination Britannique et sommes imbriqués dans un système mortifère historique qu’on nomme aujourd’hui le Canada, dont la première tâche est l’assimilation d’une nation et d’une socio-culture par une autre. Nous n’avons pas la capacité décisionnelle qu’eux ont en Scandinavie. Eux ne se posent pas la question s’ils doivent être ou non un pays. Ils font de la géopolitique en temps réel. Et ils développent une vie nationale. Comme dans PAYS! Les mêmes qui font l’apologie des pays nordiques, donnent aussi souvent en exemple l’Islande. Là non plus, ils ne voient pas de problème avec le fait que l’Islande est une île fermée sur elle même et une nation, petite, un état-nation minuscule, ou le peuple s’est rapproché le plus possible du système décisionnel. Ça ne leur semble pas de la xénophobie. Ils ne nous parlent pas des pauvres Islandais, des BS Islandais, mais seulement des Islandais. En général! Et ils trouvent ça génial.

Indignons nousDans les pays Scandinaves, ils sont des états-nations et gouvernent en conséquence de ce fait. Ils ont donc choisis un modèle qui leur convient et ont les outils nécessaires pour conduire à bien, leur projet de société, dans leur état-nation fort et indépendant. Tout le contraire d’ici quoi. Nous, nous vivons dans un système de quêteux! Et nos constructions mentales vont de pair avec ce fait. L’idée de libération d’une nation, de l’accession au pouvoir par le peuple en se dotant d’outils démocratiques rapprochant le citoyen de la gouvernance n’est pas du même niveau que la discussion qui entoure les politiques sociales, ou que des décisions régionales sur un sujet donné. Ou bien sur les transports en commun en banlieue. Ceci n’enlevant rien à l’importance de ces sujets. Comme le dit Étienne Chouard, il faut s’attaquer à la cause des causes! Pas seulement diviser la population en petits sous-groupe pour s’attaquer aux effets pervers et multiples de la cause des causes. Faire du Québec un pays, c’est bien sûr un projet qui a un lien avec l’histoire, avec notre passé. C’est aussi la défense d’une socio-culture. Comme on doit défendre les écosystèmes, il faut défendre la diversité culturelle mondiale et la survie de notre culture. Nous en sommes les héritiers responsables. Mais c’est aussi un projet politique dans le sens le plus pur. C’est prendre le pouvoir pour assurer notre destinée pour cesser d’être soumis au dictat des autres et pour enfin décider. C’est faire de la géopolitique.

république

Parce qu’en délimitant notre territoire nationale et en en prenant le pouvoir, en intervenant dans ce cadre, on rend possible le changement, on rend possible un réel projet de société. Changement qui est impossible dans notre système actuel. Tout le monde le sais. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous nous plaignons tous sans cesse de ce qui se passe dans notre société. Nous nous plaignons globalement, parce que nous n’avons pas de pouvoir. Nous sommes soumis à des intérêts étrangers. Après, quand le pouvoir pourra être exercer par le peuple d’ici, grâce à une meilleure démocratie, grâce à des outils démocratiques, dans un contexte nationale, et bien, ce peuple décidera du style de pays qu’il veut se donner. Et là, même si je sais que cela est épeurant pour certains, il faudra faire confiance au peuple. Peuple qui, quand on le laisse réfléchir et s’exprimer librement, fait très souvent preuve d’un jugement plus juste qu’on veut bien le penser. On a trop tendance à diminuer le peuple… C’est probablement due au fait que nous sommes soumis depuis trop longtemps, nous pensons inconsciemment que seul le maître ou le chef, le leader ou les portes paroles, prennent les bonnes décisions, alors que le peuple ne sait pas ce qui est bon pour lui-même. Nous acceptons donc sans rien dire cette politique bi-polaire. On vote rouge-bleu et on attend que ça passe. Comme des chiens de Pavlov qui attendent la lumière ou le buzzer!

Mais, y a t-il une vie entre les buzz?

banksters2Ce discours démoralisant, cette confusion de l’intellect, qui fait la promotion de la défense du BS et de la pauvreté, comme si cela étaient les seules sujets importants au niveau national, et ce, au détriment des autres causes, (et de la cause des causes), et plaçant celle-ci, en contradiction avec la défense de la liberté, nous est toujours servie pour rendre honteuse l’idée de pays et de nation. Comme si les citoyens voulant se libérer, avaient à eux seuls, le fardeau de guérir la misère humaine. Et là on nous sert: « Pourquoi faire un pays s’il y a encore des pauvres? Pourquoi faire un pays si on ne veut pas inviter toute la planète à venir vivre chez-nous. Pourquoi faire un pays si les handicapés n’ont pas assez de job? » Et ça, nous retourne à la célèbre phrase de Khadir, « faire un pays si nécessaire, mais pas nécessairement faire un pays ». Comme si c’était un outil sans importance, sans matière, sans moelle. Comme s’il n’y avait pas de culture, pas de personnes, derrière l’idée de pays et de nation.

hindous

Si les Québécois deviennent maîtres chez eux, ils pourront enfin définir un état qui leur ressemble. Et là, il sera temps de promouvoir des idées de justice sociale qu’on veut, d’égalité des chances ou tout autres sujets qui semblent importants et représentatifs de notre projet. On pourra peut-être enfin voir naître un projet de société qui fera l’envie des autres, comme le modèle Scandinave qui fait baver d’envie certaines personnes. Mais tant que nous n’avons aucun accès à la machine qui gouverne ce territoire, cet état-nation, cet état prisonnier, tout le reste est peine perdue et n’est que joutes oratoires et échanges de salon. Plain bull shit! On quête du BS et des HLM, alors qu’on devrait se battre pour avoir un pays! On se bat pour élire des chefs, alors qu’on devrait se battre pour obtenir des outils démocratiques et diriger par nous-même. Ce qui est dramatique dans tout ça, c’est la confusion de la pensée, face à ces deux thèmes,« changements socio-politiques vs politiques sociales. ». Et ça, c’est le BREAD & BUTTER des partis qui se disent de gauche, mais qui en réalité ne sont que des défenseurs du statu quo. Et ça c’est grave!

georgie

 

Publicités

1 commentaire

Classé dans Uncategorized

Une réponse à “Changements socio-politiques VS politiques sociales

  1. Corine

    Vous avez raison M. Hamelin si les Québécois deviennent maîtres chez eux, ils pourront enfin définir un état qui leur ressemble

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s