La gauche québécoise prône t-elle et le retour au Moyen-âge ?

Le projet de charte des valeurs québécoises suscite la polémique dans la société et certains essayistes comme le philosophe Michel Seymour se sont penchés sur cet épineux problème en se rangeant résolument en faveur des signes religieux dans l’appareil étatique québécois. Selon ce philosophe : « La meilleure façon de détacher le politique d’une alliance avec le religieux est de voir la présence de personnes ayant des affiliations religieuses diversifiées. La présence de signes religieux visibles est, non seulement compatible avec la laïcité des institutions, elle la confirme. Ce modèle n’est pas «multiconfessionnel», comme le prétendait Djemila Benhabib à RDI le 8 novembre dernier. C’est un modèle dans lequel les institutions sont laïques et les individus ont plusieurs confessions. »

 Radio canada

Ce modèle étatique a déjà été expérimenté au Québec, comme en fait foi la photo ci-dessus prise en 1945 et où on peut voir un groupe d’officiels de la station radiophonique C.B.C. (Radio-Canada) assis autour de monseigneur Charles-Édouard Bourgeois. Souhaite t-on revivre ce retour en arrière prôné par le philosophe ? 

Selon M. Seymour : « Il est normal d’exiger un devoir de réserve sur le plan politique lorsque l’employeur est une organisation politique. En outre, les partis politiques sont des associations. Le lien à un parti politique n’est pas identitaire. Les logos des partis politiques n’ont pas une portée identitaire. L’adhésion à une idéologie politique peut être identitaire, mais doit être interdite lorsque l’employeur est une organisation politique. En outre, les catholiques, les sikhs, les juifs et les musulmans sont des groupes ethno-religieux. Ces religions ont, dès le départ, contribué à la cohésion sociale et culturelle au Proche-Orient, au Punjab, dans la diaspora juive et dans les pays arabes, même si chacune d’elles se répandirent ensuite dans d’autres cultures. À telle enseigne que dans certains cas, les symboles religieux conservent une portée identitaire culturelle, même lorsque leur signification est détachée du système de croyances religieuses. »

anti naziEn 1939 au Forum de Montréal le révérend J. Ostermann prenait la parole lors d’un ralliement organisé par une ligue germano-canadienne anti-nazie. Sur la banderole on lit «The German-Canadian League Fights for Democracy To-day to Avoid Nazy Tyranny To-morrow»

Les logos des partis politiques n’ont pas une portée identitaire ? Pourtant la svastika à conduit des millions d’humains a une barbarie sans borne que l’on appelle le nazisme. Quant à la cohésion sociale des religieux, il est évident que dans les pays pluriconfessionnels cette cohésion sociale ne tient pas puisqu’elle conduit le plus souvent à des conflits religieux comme en Bosnie, au Liban en Irlande ou même au Punjab qui fut intégré à l’Empire moghol musulman jusqu’au milieu du XVIIIe siècle.   Selon M. Seymour, […] ceux qui sont agnostiques ou athées sont injustement traités par l’autorisation de signes religieux. On peut toutefois imaginer que les personnes athées, agnostiques ou anticléricales pourraient se confectionner des signes qui expriment ces croyances. Ce serait moins exigeant de procéder ainsi que de demander aux personnes de renoncer à leurs signes identitaires religieux pour s’en inventer de tout nouveaux, comme le propose le pictogramme des signes interdits et autorisés du gouvernement. En tant qu’agnostique je ne vois pas pourquoi je devrai subir à la fois les religieux et afficher ma non croyance. Mais s’il me fallait chosir un signe religieux, se serait celui-ci :

dd

 En guise de conclusion, le philosophe ajoute : « Les religions ont toujours été sexistes. Elles ont toujours consacré des rapports de domination de l’homme sur la femme. C’est particulièrement le cas dans les pays d’origine de plusieurs citoyens issus de l’immigration où des ignominies sans nom ont été, et sont encore perpétrées, parfois en détournant politiquement le texte religieux originel ou alors en s’appuyant sur la lettre, sans en saisir l’esprit et sans relativiser au contexte, car l’inégalité des hommes et des femmes remontent à très loin dans le temps. Il faut toutefois distinguer le texte sacré, les institutions religieuses qui en véhiculent une certaine interprétation, les mouvements politiques qui en détournent la signification et les individus qui expriment leur foi religieuse. Ces choses doivent être discutées dans la société civile et ne pas reposer sur les épaules de l’État. Ce dernier doit, pour être neutre à l’égard de la religion, ne pas intervenir et se contenter de créer des conditions qui favorisent la liberté des individus. Il faut distinguer la laïcisation de l’État et la sécularisation de la société. L’État s’occupe de laïciser l’État et laisse aux citoyens le soin de décider si l’éthos social doit être séculier ou non. Le Québec a une histoire très différente de l’Afghanistan ou de l’Iran et les modèles applicables dans d’autres sociétés pour contrer les intégrismes (en Algérie ou en Turquie) ne le sont peut-être pas ici. Même s’il reste encore beaucoup à faire, la société québécoise est plus proche d’une égalité démocratique réelle de l’homme et de la femme que bien d’autres sociétés. Nos révolutions sont tranquilles et nos combats se poursuivent au niveau des mentalités. L’État fait déjà beaucoup pour favoriser l’égalité des hommes et des femmes. Il le fait en adoptant des mesures institutionnelles. Il doit continuer en ce sens pour dissiper les nombreuses inégalités résiduelles. Il n’a pas à intervenir contre les Yvettes ou pour les Janettes. Il n’a pas non plus à légiférer dans sa fonction publique sur la tenue vestimentaire des employées sous prétexte que ce sont des symboles sexistes. Laissons les femmes juger par elles-mêmes quels vêtements elles veulent porter, sans leur reprocher d’être trop vêtues ou de ne pas l’être assez. Cessons une fois pour toutes de nous servir du corps des femmes pour mener des batailles politiques. »

La grande noirceur
Vous avez raison M. Seymour, il faut distinguer le texte sacré, les institutions religieuses qui en véhiculent une certaine interprétation, les mouvements politiques qui en détournent la signification et les individus qui expriment leur foi religieuse. C’est la raison pour laquelle les représentants de l’État doivent se garder d’afficher leurs croyances religieuses, tout comme les athées et les agnostiques doivent conserver un devoir de réserve et non pas s’afficher par des signes qui les caractériseraient. L’État n’a pas non plus à intervenir contre les Yvettes ou pour les Janettes car se sont des mouvements qui ne minent en rien l’État de notre démocratie contrairement à certains mouvements extrémistes religieux soutenus par la politique inconsciente de la Gaugauche caviar bien pensante. Personnellement je refuse de retourner au  Moyen Âge  et  c’est pourquoi je vous invite a rejoindre les milliers de Québécois-es qui ont signé la pétition en faveur d’un Québec laïque et pluraliste.

Rose Flamant

Rose

Pour lire l’intégralité de l’article de M Seymour cliquez ici

Alice

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4 Commentaires

Classé dans Uncategorized

4 réponses à “La gauche québécoise prône t-elle et le retour au Moyen-âge ?

  1. Un article superbement bien fait,dont je partage la conclusion!

  2. Je lis Michel Seymour depuis plusieurs années et j’ai toujours de la difficulté a comprendre les mobiles ou les motifs qui le poussent a avancer de tels arguments. Mon vieux fond habitant m’incite a penser que ses agissements sont basés sur une point de vue tres émotifs.

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