1984, 1 de ?

IngsocOitarp, le poète indigné du Printemps érable vous offre cette première chronique sur 1984, le roman écrit par Georges Orwell. Au cours de ses chroniques, Oitarp s’interrogera sur les pertes de liberté chronique qui marquent ce début de siècle tout en dressant un parallèle avec 1984.

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Georges Orwell en 1976 

 J’avais vingt ans lorsque j’ai lu 1984, ce roman écrit par Georges Orwell en 1949. Alors que je feuilletais avidement les pages du livre, la terre s’invitait au Québec pour la tenue des Jeux Olympiques de 1976.  À cette époque les jeunes étaient majoritaires et le salaire minimum venait de passer à 2,87 $. Le 23 juin sur le Mont Royal, trois cent mille personnes assistaient au spectacle de Une fois cinq. La révolution était dans l’air …

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Le 17 juillet, alors que la reine du Canada Elisabeth II, présidait à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Montréal je travaillais dans un bar au parc Étienne Desmarteau, tout en découvrant l’univers glauque de 1984.

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Entre deux verres de bière servis à des clients plus ou moins éméchés je découvrais l’univers oppressant de 1984, avec son régime totalitaire où la liberté d’expression avait entierement disparu. Dans ce monde étouffant, les dissidants étaient rigoureusement surveillés, et placés sous l’emprise de Big Brother, dont le slogan était Big Brother vous surveille (Big Brother is watching you). L‘aventure olympique allait s’avérer un véritable fiasco et engloutir plus de 1,5 milliard de dollars que le peuple du Québec résigné allait payer pendant des décennies

 stade

Le 15 novembre, le Parti québécois était porté au pouvoir. Lévesque avait axé sa campagne sur le « bon gouvernement » plutôt que sur la souveraineté-association . Déjà les rumeurs de corruption entourant la construction du stade olympique se faisaient entendre et c’est avec effroi que je refermais le livre d’Orwell, tout en me félicitant de vivre dans une société libre et démocratique, qui ne manquerait pas de déboucher sur le pays Québec. Un pays bien à nous où nous pourrions enfin nous libérer de l’exploitation et redistribuer la richesse pour le bien du plus grand nombre

Réné

Comme je l’ai précisé plus haut, nous étions en 1976.

À suivre  ….

Oitarp, en ce 28 mai de l’An II du Printemps érable  

1 commentaire

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Une réponse à “1984, 1 de ?

  1. Anonyme

    Vous avez bien raison de vous interroger, certains comme Aldous Huxley se sont penchés à leur manière sur le phénomène. Voici un extrait de ce qu’il écrivait en 1932 : « Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente… Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir »…

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