Pékin dénonce le gouvernement Marois

Le contrôle des ressources naturelles du Québec serait l’intérêt principal du régime communiste chinois à s’ingérer dans les élections provinciales. L’appétit de l’empire du milieu, pour les ressources naturelles est sans fin, et le Québec est dans la mire directe du gouvernement chinois qui s’est invité dans la campagne électorale québécoise.

Pékin tente d’influencer les élections provinciales

M. Bradley Zhenjia Zhao (gauche), directeur du Collège Elite de Montréal, en compagnie de Yang Zhao (droite), vice-président du département des Affaires des Chinois outre-mer, lors de la 4e Formation des représentants de la jeunesse chinoise d’outre-mer en mars 2009, à Pékin. L’évènement vise à dicter, entre autres, aux institutions scolaires à l’extérieur de Chine comment éduquer les étudiants chinois à l’étranger. (elitemontreal.com)

Le contrôle des ressources naturelles du Québec serait l’intérêt principal du régime communiste chinois à s’ingérer dans les élections provinciales

Par Mathieu Côté-Desjardins et Olivier Chartrand, Epoch Times

«Le directeur de l’école [primaire] chinoise nous a envoyé un courriel nous indiquant pour quel parti voter. Il demandait à tout le monde de voter contre le PQ (Parti québécois) [et pour le Parti libéral] parce que le PQ affecterait nos vies, notre travail et notre école», explique encore avec surprise Mme Liu, mère de deux adolescents. («Liu» est un nom fictif pour protéger l’identité de la personne.) Ce courriel qu’elle a reçu le 31 août 2012, quelques jours avant les élections provinciales du 4 septembre, a été transféré par M. Bradley Zhenjia Zhao, directeur du Collège Elite. Non signé, ce message a été envoyé à tous les parents des élèves de ce collège.

Collège Elite est une école offrant aux enfants d’immigrants chinois des cours de chinois et de mise à niveau pour différentes matières scolaires. Ses locaux sont situés dans l’arrondissement du Sud-Ouest, à Saint-Laurent et sur la Rive-Sud de Montréal. «Je trouvais cela inapproprié, il semblait très impliqué là-dedans. Il semblait vouloir influencer intentionnellement les parents chinois. J’ai trouvé cela étrange : “Pourquoi est-il si impliqué? Ce n’est pas sa responsabilité en tant que directeur d’école primaire”», continue Mme Liu. «Le but de ce message était clairement d’exercer une pression qui pourrait déteindre sur mon intention de vote», s’indigne pour sa part M. Yu (nom fictif), père d’une jeune élève et dont la femme a reçu ce même courriel de M. Zhao.

Cet incident est un des nombreux exemples qui confirment que Pékin tente d’influencer le résultat des élections au Québec et au Canada, selon Michel Juneau-Katsuya, ancien directeur du Bureau d’analyse stratégique de l’Asie-Pacifique du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). «Ce genre d’influence a été aussi répertorié avec le cas d’Olivia Chow [NPD-fédéral]. En 2008, elle s’était officiellement plainte que son candidat libéral de l’époque avait reçu l’appui du consulat [chinois] à Toronto. Le consulat avait ordonné à des étudiants d’origine chinoise, qui étudiaient à l’Université de Toronto, de faire du porte-à-porte. Ils en avaient trouvé 300. Chacun arrivait avec une page avec les photos des candidats et indiquait clairement celui pour qui voter et les autres pour qui ne pas voter», explique l’ex-agent des services secrets canadiens.

 Joint par téléphone, M. Zhao dit ne jamais s’impliquer dans le domaine politique faute de temps. Lorsqu’on lui mentionne l’envoi du courriel, il affirme ne pas se souvenir de la provenance de ce courriel qu’il confirme avoir transféré seulement deux semaines auparavant à la liste des parents du Collège Elite. Pourtant, au cours de l’été 2010, M. Zhao, malgré son manque de temps, a encouragé par courriel tous les parents de l’école à aller «accueillir» le président chinois, Hu Jintao, en visite à Ottawa… toutes dépenses payées. Sur le CV de M. Zhao que l’on peut trouver sur le site Internet du Collège Elite, il est écrit que ce directeur d’école a été invité à rencontrer le président chinois à Ottawa en 2010, le premier ministre chinois, Wen Jiabao, à Ottawa en 2003 ainsi que son prédécesseur en 1999. Il aurait aussi reçu plusieurs prix en Chine concernant son implication au Canada. Les spécialistes savent qu’il faut avoir un statut très particulier et être proche du régime communiste pour rencontrer les dirigeants chinois. Pour bénéficier d’un minimum de reconnaissance en Chine, il faut également prouver son adhérence à la doctrine communiste chinoise.

 M. Yu est convaincu que le lien entre le courriel reçu à la fin août dernier et celui reçu durant la période estivale de 2010 découlent de la même mesure visant à vouloir contrôler la communauté chinoise à Montréal et au Canada, et que M. Zhao est un proche du pouvoir à Pékin.

En bloc contre le PQ

Avant les élections du 4 septembre dernier, ce ne sont pas seulement des courriels comme celui de M. Zhao qui tentaient d’influencer la communauté de voter libéral, mais aussi la presque totalité des journaux locaux chinois de Montréal. Jouant pour la plupart sur la peur d’une débandade économique si le PQ constituait le prochain gouvernement, ces publications, revendiquant généralement une dizaine de milliers d’exemplaires chacune, dirigeaient le lecteur vers un vote libéral. Au lendemain des élections et des tristes évènements survenus au Métropolis, certains n’y sont pas allés de main morte.

Le 7 septembre, l’hebdomadaire fondé en 1991 Les nouvelles chinoises parle de la défaite de Jean Charest comme étant «très contrariante». À cette même date, le North America Economy Guide (fondé au début 2012) soutient que le PQ agit de manière à ce que certains Québécois se sentent «comme des étrangers» et il laisse entendre que les politiques de Pauline Marois créeront de la discrimination. On y mentionne la défaite «misérable» des indépendantistes dans les années 1980. L’article termine par une référence à une vidéo sur youtube d’un couple de Québécois «engueulant» quatre jeunes hommes parce qu’ils parlent anglais. «Les Chinois sont de plus en plus anxieux des hautes exigences du français renforcées par les gagnants des élections, le Parti québécois. Cela va mener à des discriminations encore pires», peut-on lire.

La couverture la plus cavalière provient du journal hebdomadaire Sept Days. Elle commence en qualifiant Pauline Marois de «radicale». Cet article publié le 6 septembre continue en laissant entendre que madame Marois a reçu la monnaie de sa pièce lors de la soirée au Métropolis. «Dans une société démocratique mature, des mots et des actions extrêmes font rarement surface. Il y a même des lois qui s’assurent de prévenir que de telles choses arrivent. […] Durant sa campagne, madame Marois a donné une bonne quantité de discours intenses sur certains sujets chauds. […] Les secousses émotionnelles déclenchent normalement des réactions émotionnelles», pouvait-on lire dans les pages de l’hebdomadaire chinois de Montréal. «Après cet évènement [du 4 septembre], nous espérons que les politiciens feront plus d’introspection et réfléchiront à ce qu’ils disent, qu’ils seront plus prudents dans leurs discours. Cela pourrait être une autre leçon de cette élection», conclut le dernier paragraphe du même article attribuant implicitement la responsabilité des évènements à l’approche de Pauline Marois.


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