Les sages du Québec ont parlé !

Les Indignés du Québec vous proposent un texte du compositeur québécois Clode Hamelin  qui se prononce sur la position de l’élite québécoise dans la foulée du printemps érable. La position de M. Hamelin est assez proche de celle du poète indigné Oitarp, qui dénonce lui aussi la soif de pouvoir et d’argent.

«LES SAGES DU QUÉBEC ONT PARLÉ», ou l’élite bien pensante et sa lourde condition narcissique.

Comment ne pas faire de lien entre la sortie des auto-proclamés Lucides, (on pourrait dire les Luciens), et les papiers de Denise Bombardier, ou les millions de pixels et les feuilles de chou de Martineau. Oui le Richard d’Outremont qui n’aime pas boire son Single Malt en présence de pouilleux étudiants qui osent se pointer dans son quartier si prisé. Là ou les politiciens achètent leurs poireaux à la même épicerie que les journalistes. Là ou ils se tutoient. Là ou il fait bon vivre ensemble. Mais qu’ont donc en commun de vieilles ministres à la sacoche pleine d’humour douteux, des anciens vieux Libéraux pesants, pour ne pas dire lourds, qui à la vitesse du koala nous disent comme Castonguay, «Là il faut qu’ils retournent en classe, le bon Gouvernement a été assez généreux», pis la Légionnaire Bombardier, chevalière de la citation riche et du bon parlé prétentiard? Elle qui semble pisser sur les parents pas assez riches à son goût ou pas assez généreux envers leur progéniture. Parents qui devraient faire preuve d’abnégation comme en Ontario. En la lisant je pensais à Ferré qui disait «ce n’est pas le rince-doigts qui fait les mains propres, ni le baisemain qui fait la tendresse». En tout cas ce ne sont pas les tournures de phrases pédantes qui font la richesse de la pensée. Mais qu’ont en commun ces gens, outre le toupet et le menton ? Il ont en commun un lieu, un lieu commun. Ils sont les représentants d’une classe, une classe malade. Ils sont des Narcisses au pays des merveilles. C’est de cette maladie que naît depuis toujours la trop oubliée lutte des classes. Les situations de revendication de masse comme celle qui s’exprime en ce moment, remettent en question leur équilibre et menace ce à travers quoi s’exprime leur existence même. Et Narcisse ne veut pas mourir. Alors Narcisse défend sa classe, même si cela n’est que pour lui même. Car eux sont en groupe pour sauvegarder leur individualité, au contraire des jeunes qui sortent de leur isolement en espérant transformer, pour le plus grand nombre, un système clairement injuste.

Je sais que nos amis aiment les citations, alors en voici une de Enrico Girmenia (psychologue) : «De nombreux chercheurs ont établi que les patients narcissiques ont pour la plupart un quota élevé de succès dans la société. La distance émotionnelle, le peu d’engagement personnel, et la tendance à se servir des autres pour faire progresser leurs propres intérêts, font de ces personnes des gens particulièrement adaptés à des postes professionnels…» Ce qui me reste du discours de ces personnes, c’est que la plèbe ne travaille pas assez fort, que les dominants, nos maîtres, ont peine à fonctionner dans ce fatras trop social-démocrate, que les pauvres ne payent pas assez, que la dictature des minorités vaut mieux que la démocratie de la masse, que le judiciaire l’emporte sur la démocratie. Ils prônent la stagnation en espérant demeurer.

Tiens une autre : «Il me semble anormal, qu’un intellectuel ou un journaliste d’aujourd’hui soit moins attaché au principe d’égalité qu’un penseur des Lumières.» Alors on fait l’apologie de la loi et de l’ordre, de la pérénnité du système qui nous gratifie, on exprime un désir de voir enfin le bon sens revenir, car l’anarchie dans l’air, résultat de la revendication populaire qui affronte la répression violente du système, menace l’équilibre de l’aquarium dans lequel les serpents vivent en vase clos et espèrent se reproduire à l’infini en se bouffant la queue. Bien sûr ils ne sont pas les BOSS, il ne sont que le glaçage de cette classe dominante cachée derrière eux et qui s’expriment à travers eux. Ils ne sont que des pions, des «happy few» qui grâce à leur grandeur extraordinnaire, (grandeur imaginée à partir de l’idée qu’ils se font d’eux-même, ce qui leur donne des stimulations libidinales) des pions dis-je qui furent promus au rang de sous-fifres du système, sans même qu’ils ne s’en rendent compte. Dans son ouvrage «Après la Démocratie», le sociologue et historien français Emmanuel Todd revient sur l’effondrement des idéologies et la montée en puissance de l’individualisme pour expliquer la confiscation par l’élite, de la démocratie. Faut pas se surprendre que Monsieur Martineau défende un groupe de 10 personnes à la porte d’un CEGEP et qu’il nous fasse la scène de l’indignation, qu’il nous mime sa douleur à la vue de 10 personnes qui ne peuvent aller suivre leurs cours de technique policière ou d’administration, parce qu’après un vote démocratique, une majorité d’étudiants on voté pour la grève. Faut pas se surprendre que le mot Solidarité sonne dans sa bouche comme «y font chier», parce que dans son livre à lui, son projet individuel, qui l’a mené au magnifique succès que l’on connait à force de belles rencontres avec des être supérieurs, ce projet dis-je, ne devrait jamais être retardé à cause de la plèbe. C’est certain qu’il est l’avocat des scabs. C’est pour se justifier. Il à lui même défendu sa position de scab lors du conflit au Journal de son ami Péladeau en disant que lui il ne voyait rien de mal là-dedans, parce qu’il est un pigiste et que de toute façon, si lui un jour était dans la merde, personne ne serait là pour venir à son aide. Narcisse, son projet, sa vie, son quartier, au-dessus du monde qui le contemple. Et ce sont eux qui disent des étudiants dans la rue qu’ils sont «des enfants-rois».

J’ai eu aussi le bonheur d’entendre Madame Bombardier à la télé lors d’une de ses échappées sur «les Québécois ont du trouble avec les gens qui ont de l’argent», magnifique plaidoyer lors duquel elle nous disait à quel point elle est heureuse pour elle-même d’être riche, d’être sortie du rang, parce qu’elle peut faire les voyages qu’elle veut, acheter ce qu’elle veut et au fond, on entend en background, y font chier les pauvres, moi chu plus pauvre! Pis comme disait son ex-chum Lucien Bouchard, l’homme de tous les partis, «la plèbe ne travaille pas assez fort». Finalement quand il a dit cette chose, il parlait pour ses maîtres. Il tenait le rôle du gars qui fouettait les galériens. Le fouet et le tambour. Fini la récréation, on a besoin que ça travaille! Que ça trime dur, que ça se ferme la gueule, pis que ça arrête de chialer. Faut que les boss encaissent. Alors RAMEZ ! Pis ramez longtemps. Fini la retraite à 65 ans, fini l’école pas chère, fini les soins hospitaliers gratuit, on privatise tout. Pis faites ce qu’on dit, sinon les BOSS vont lâcher les chiens. On en a nous de l’argent pour payer, alors travaillez vous aussi! C’est vrai que depuis la révolution tranquille, une élite Québécoise francophone s’est mise en place. Les foreman anglophones d’autrefois, qui méprisaient les petits travailleurs francophones, furent partiellement remplacés par des homme d’affaires, des journalistes, ou des politiciens francophones. La lutte s’est déplacée. La polarisation anglo-franco n’est plus la seule. Nous sommes revenus à la base même des luttes ancestrales. La lutte des classes. Une minorité détient le pouvoir, l’argent, les biens, la loi, l’accès à l’éducation, aux soins de santé illimités, et ils veulent encore PASSER AU CASH et en redemander. De l’autre côté la majorité, ceux à qui on dit, vos votes comptent quand ça fait notre bonheur, la loi c’est pour vous guider, nous, nous jouons avec la loi, le pays est notre terrain de jeu et vous et vos enfants, vous devez servir les maîtres. Alors allez à l’école pour apprendre des métiers qui vont servir NOTRE PLAN NORD. Comme le disait la succulente Madame Lisa Frula à Radio-Can il y a quelques jours, «C’est beau les métiers, on peut pas tous aller à l’Université quand même, moi quand j’attends mon plombier, je lui fais un petit capuccino, parce que j’ai besoin de lui». WOW ! Merci Lisa. C’est contre ce que représente et défend cette sorte de monde que nos enfants luttent dans la rue en ce moment. Après 11 semaines de grève étudiante, grève qui est devenue une véritable crise sociale, après 11 semaines dis-je, le Premier Sinistre et les «HALLUCINÉS» croient-ils vraiment qu’il ne suffira que de dire: « Bon c’est assez les enfants, rentrez à l’école asteur ça a assez duré»?

J’espère de tout mon coeur qu’ils ne vont pas lâcher. Et que tous les travailleurs vont faire un pas avec eux. Mais pour faire un pas, il faut être debout ! Alors….. Levons-nous !

Clode Hamelin, Compositeur, citoyen du Québec 3 mai 2012

Nous sommes les Indigné-es du Québec, nous ne pardonnons pas, nous n’oublions pas. Redoutez-nous !

2 Commentaires

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2 réponses à “Les sages du Québec ont parlé !

  1. Ping : Les sages du Québec ont parlé ! | Occupons Montréal

  2. Yvon Beauchamp

    oui levons nous, nous les parents.

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